Dimanche 8 octobre 2006
Equilibres
 
Pour trouver l’équilibre
Je dois me faire silence
Cesser de miroiter
Mes propos alouettes
 
Pour trouver l’équilibre
Je dois réaliser
Qu’il n’est plus libre d’écrire
Que de me tourmenter
 
Pour trouver l’équilibre
Il me faut à choisir
De simples vérités
Quiétistes et rassurantes
 
Pour trouver l’équilibre
Je peux peindre sans feindre
Des amours impossibles
Qui me feraient périr
 
Pour trouver l’équilibre
Dans l'âme poétique
Je dois user des mots
Sans les anéantir
 
Pour trouver l’équilibre
Sans avoir à porter
Le faix de mes frayeurs
Je dois le simplifier
 
Pour trouver l’équilibre
De cesser de pleurer
Sans lamenter mon sort
Que j’ai seul impliqué
 
Pour trouver l’équilibre
D’un espace aéré
J’ai à purifier l’air
Que moi-même ai vicié
 
Pour trouver l’équilibre
Je dois rompre la chaîne
Refermée aux poignets
De mes pas incrédules
 
Pour trouver l’équilibre
A chercher l’absolu
Je dois tracer mon ombre
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Dimanche 8 octobre 2006
Unique
 
J’ai pris tellement de peine
Que je ne sais l’écrire
Pratiquement une semaine
J’ai la tête en délire
Je t’aime à en frémir
Et le coeur qui chavire
Sait-il souffle mortel
S’il ne ralenti pas
Qu’il risque de périr
J’ai regagné les rangs
Mais n’arrive pas à marcher
Sans regarder cent fois
Vers l’arrière le côté
Y cherchant ta présence
Je t’aime à en souffrir
De ne pouvoir te dire
A cet instant précis
Tout le spleen qui m’enduit
Je voudrais me blottir
Contre toi étendu
Et verser quelques larmes
Pour me livrer sans fard
Caresser tes cheveux flous
Et poser mon oreille
Contre ton cœur haletant
Je t’aime à en mourir
Des espoirs les plus flous
T’appartenir enfin
Pour n’être plu jamais
Arraché à ton être
Je t’aime à en mourir
Et ne tiens à la vie
Qui m’évoque la tienne
Car une seule ne me suffit
Pour avoir certitude
D’être seul pour toi
Quels qu’en soient les tourments.
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Dimanche 8 octobre 2006
Epargne les fureurs
 
Les femmes ont dans leurs yeux
Cette sensibilité
Que l’homme néglige envieux
Rejetant les froideurs
Aux confins de leurs âmes
Pourquoi ni l’une ni l’autre
Ne trouve dans la trêve
L’acceptation du cœur
De mon indécision
Les ardeurs et les pleurs
Poursuivent dans le doute
Le forçat d’un jour vif
Où s’enfonce mortel
Le gouffre des rapides
Où s’écoulent tombales
Les regards de mes mots
Dans le fleuve ténébreux
De mon inconsistance
Que ne peux-tu comprendre
Détestable patience
Que tout esprit rebelle
Se révolte quotidien
Entre satisfaisant
Que l’obséquieuse vérole
Qui sur les embruns
De mon auberge ouverte
Le tranquille passage
De l’ivresse rassure
Rempli jusqu’à leur ras
Les verres démontrés
De pulsions catalgiques
En pertes vertes
M’éclaboussent de fureurs
En épargnant mon âme.
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Samedi 7 octobre 2006
Antichambre
 
La solitude m’embrasse
Comme une pince étau
Loin de toi attablé
Je ne puis que fixer
Des souvenirs heureux
Qui s’indurent au visage
Tel les rayons fiévreux
D’un printemps mai de juin
 
L’interdit langoureux
La retenue fougueuse
L’estrapade croissante
De deux cœurs épithèmes
Je retiens la chaleur
Du désir instillé
Augmentant d’énergie
Prêt à l’accomplissement
 
Echanges oniriques
De paroles tendresses
Paresse de détresses
Appliquées à l’ennui
A t’être séparé
La tourmente est active
J’ai tant de souvenirs
Que le temps étiré
Ne peut les contenir
Le désert de l’affect
Se décharge tubélaire
En choix fasciculés
Erigés sur un cairn
 
L’esprit transporte en vain
Les constantes réelles
Où reposent ravinés
Les mouvements incertains
Du diligent tracas
S’insinuent de fertiles
Manques passionnés
Qu’opère ton absence
 
O déités d’Eros
Entendez mon appel
Sans elle je ne suis plus
Qu’une oraison funèbre
L’antichambre mortuaire
Vague de chuchotements
Débouche dans l’ardente
Salle arbre des ténèbres
Quels psaumes entonnent-ils
Ceux qui mon bien aimé
 
Que n’ai-je assez souffert
Pour éviter aux autres
Les douleurs et l’horreur
De ma métamorphose
Pathétique épitaphe
Surmontant le cercueil
Par erreur fut en vie
Rappelé à l’oubli
 
Que ne suis-je incapable
De saboter l’ennui
Me contenter de l’heur
Qui pourrait être bon
Je reste souvent prostré
Assis à terre songeant
Cerné par les nuits blanches
Aux inconsciences menées
Par l’anéantissement
De toute compagnie
 
Esseulé par moi- même
Impertinent de tout
Repoussant sentiments
Pitiés et compassion
Tendant à l’isolement
Pour être prêt sans doute
A affronter la Mort
 
J’apprécie dans les mots
Ceux qui sortent de ta bouche
Apaisant in petto
Toute réminiscence
Toute faille au doute
Ton visage me nourrit
De rassurantes sagesses
Quand les plis du sentier
Me roulent de ci de là
Me ballotant pantin
Dans l’ample déraison
Mais est-ce déraison
Que de fuir sa mort
En vivant sans souvenirs
En détachant l’avenir
Des angoissantes questions
Qui empêchent de vivre
 
Garder l’instant précis
Sur une feuille sensible
Avancer en aveugle
En prophète de fleurs
Eviter tout passé
Tutélaire refuge
Le refus quotidien
D’épouser le commun
 
A se défaire ainsi
De tous vains attachements
Fatalement on s’isole
On provoque les curieux
Qui ne demandent qu’à voir
Et qui proclament bien haut
Surtout pas ça chez nous
 
La perte des repères
Est recherche constante
Vouloir rapidité
Affole brusquement
Le pendule de mon ciel
Dont les aiguilles sereines
Tournent sans s’arrêter
 
Vous tous qui près de moi
Assister impuissants
Aux ravages d’esprit
Je vous lance un salut
Levant ma main très haut
M’apprêtant à fouetter
D’un coup sec et sonore
La calèche attelée
A de fougueux chevaux
Allant à s’enfoncer
Vers l’horizon flambant
Folie ou renouveau ?
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Vendredi 6 octobre 2006
Oreste
 
Si les années s’émiettent
A l’ombre d’un Oreste
La folie d’un serpent
Guettant l’isolement
L’espoir se gravera
En lettres vermillon
 
Le prénom à l’endroit
De l’envers de ton nom
Les retournant sans cesse
En apprenant chaque lettre
En humant leur saveur
Les mariant à la terre
Pour féconder la pluie
En germe peids de vigne
Dont les sarments fidèles
Epithalames arômes
Exalteront ton corps
 
Je contiendrai tes larmes
Dans un flocon cristal
Les contemplant d’extase
A chaque jour éteint
Ma souffarnce solitaire
Abandon des mystères
Des êtres qui restent chers
Et ceux qui virulents
Ne peuvent pardonner
L’écart et l’abandon
Que l’infini protège
Les catractes pesantes
 
La vie est un prodige
Dont la pâle volonté
S’apparente à l’erreur
Renoncer aux reliques
D’un passé disparu
C’est s’ouvrir une voie
Qui mène à l’inconnu
Qui contemple l’aspect
Morbide et attrayant
Du sien renoncement
Sèche ses larmes d’amours
 
Les miennes se sont taris
Ta peine et ta souffrance
Je les partage entiers
Car moi au compte aussi
Je les ai rencontrées
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Vendredi 6 octobre 2006
Parfum de bouteille
 
A peu de phénomènes près
Je prenais la bouteille
Et je l’aurai brisée
Sur un chemin de peines
Où souffre ma douleur
 
Je porterai le soleil
Pour qu’i chauffe un peu plus
Tu vois josé
Je ne t’ai pas oublié
 
Dans de sourdes carcasses
Je cacherai mon âme
Pour te regarder faire
Il s’élève et s’enviole
Entre tes doigts magiques
Qui incantent la vie
Par un vol d’hirondelles.
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Jeudi 5 octobre 2006
La force de t’aimer
 
A force de le connaître
Je le croyais perdu
Par un caprice anxieux
J’ai passé la frontière
Qui tenait en son calme
Notre vie à tous deux
Ce soir seul à écrire
Je ne pense qu’à toi
Au mal que je t’ai fait
Mais je t’ai revécu
La folie à ma tête
A désolé mes cœurs
Qui plus solides encore
N’ont cessé de frémir
L’un pour l’autre en émoi.
 
Ce soir longuement seul
J’écris à la chère lune
Qui brille dans un ciel
De ton absence claire
L’étoile est obscurcie
Celle que nous avions choisie
Et pourtant je le sais
Plus fort elle scintillera
 
Combien dans ma souffrance
Mon amour va vers toi
Et si tempête sommeille
Elle n’est plus qu’irréelle
J’ai réveillé mes sens
Et l’accord de ton cœur
La tristesse de mes maux
Qui m’éloignent de toi
Me tourmente cette nuit
A crier sur les toits
Au plus profond de l’être
Somnambule d’effroi
Qui sans cesse me harcèle
Mais ne me réveille pas
 
J’ai accroché mon cœur
A tes mille festins
Et mon âme à l’estran
N’attend que de la mer
La remontée certaine
J’ai appris par l’oubli
De mon être terrestre
A contempler tes yeux
Souvent remplis de larmes
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Jeudi 5 octobre 2006
Le jeu
 
I.
 

Des réverbères à l’opulence disgracieuse, illuminaient l’asphalte où passée l’effervescence des heures de pointes, il ne restait que les relents d’un rat hélant des motets inspirés par l’alcool ingurgité en quantités démesurées.

Sortant d’un cabaret, Hubert tempêtait en moulinant ses bras comme les ailes d’un moulin à vent. Le spectacle qu’ils venaient de voir lui et Katia Clara les avait enthousiasmé.

Un arôme de mangue savamment dosé flottait en un halo invisible pour l’œil, que seul l’odorat sensible pouvait apprécier. Hubert et Katia tournèrent à gauche puis à droite, dans une ruelle parallèle à celle de gauche. L’affluence les quittait. Par soucis d’économie, la municipalité n’avait pas jugé nécessaire d’équiper les quartiers pauvres de souffleurs d’exhalaisons.

Des rires gras rebondirent sur le pavé comme des balles molles. Troublés ils s’arrêtèrent.

 
II.
 

Une heure auparavant, cinq quidams s’étaient retrouvés à l ‘endroit spécifiquement installé par les autorités pour le jeu. Comme chaque semaine, se réunissaient là cinq habitants du quartier tirés au sort. Au terme d’une partie effrénée de deux heures, le perdant, contraint, se portait volontaire pour alimenter les faits divers du journal local.

Les deux homosexuels arrivèrent les premiers ; et prirent place l’un à côté de l’autre. Le premier, grand, à la stature d’apollon, tenait par la main le second plus petit mais râblé. Arrivèrent ensuite, le chômeur, reconnaissable à l’étiquette en forme de C cousue au dos de sa veste, et le marin suisse qui, à la suite de la collision de sa péniche avec un semi- remorque au passage à niveau de Cartéroise, s’était sédentarisé dans le quartier. Enfin, au bras de deux agents de la brigade des nurses, arriva la prostituée. Après une brève discussion, les deux représentants de l’ordre consentirent à relâcher leur prisonnière. Déçus, ils rebroussèrent chemin en faisant des entrechats miaulant. La partie commença. Les premiers points furent rapidement gagnés par les quatre hommes. La prostituée occupait une position délicate. Le léger écart de points qui la séparait du marin suisse lui permettait de conserver espoir. Il serait trop stupide que, pour la seule fois de sa vie où elle n’enfreignait pas la loi, elle se trouvât acculée au sacrifice suprême. Pourquoi avait-elle dit à ces deux flics qu’elle devait participer au jeu ? Passer la nuit au poste, elle le pratiquait régulièrement. Mais la puanteur des cancrelats écrasés, l’haleine des ivrognes et les avances du distributeur à café qui placé tout contre la cellule, ne se gênait pas pour la peloter, ce soir elle ne le supporterait pas. Et tout compte fait, mourir remédierait à tous ses maux. Maintenant elle s’en repentait amèrement. Arrêtée, la partie aurait dû se dérouler sans elle ! Mais tout participant au jeu que la police appréhendait pour motif fait- diversielle, était dispensé de participation. Pour elle, prostituée notoire, la chose s’avérait facile. Hormis le suisse, lui aussi en mauvaise posture, les autres ne se gênaient pas pour la vilipender. Voilà où en étaient les choses lorsqu’Hubert et Katia apparurent.

 
III.
 

Hubert comprit rapidement ce dont Katia et lui étaient témoins. Sa position sociale lui permettait d’éluder ce genre d’astreinte ; car quoi qu’il ne fût pas dispensé du jeu, lui permettait de s’offrir les services d’un remplaçant. Ainsi vivait-il en toute quiétude sans se demander chaque semaine si ce n’était pas la dernière.

Pas à l’abri d’une agression perpétrée par un perdant hebdomadaire, il demeurait malgré tout serein. Rien ne pouvait le dissocier de la masse dans laquelle il se fondait régulièrement. Ce soir là pourtant il ne s’en était pas préoccupé. Il savait proche l’emplacement du jeu, mais pas à ce point. Capricieuse, Katia roulait des hanches comme une planche de surf sur les vagues, en distribuant à tous vents des clins d’œil provocateurs.

Hubert, passionné de jeux, entraîna Katia rébarbative vers le petit groupe. Seule la prostituée les repéra ; et plus particulièrement Hubert. Mais comme il était en compagnie, elle n’insista pas. Hubert n’osa pas demander où en était la partie. Il s’aperçut bien vite, à l’expression du visage de la pute qu’elle occupait la dernière place.

L’un des deux homosexuel exigea une pose : il devait soulager une besoin pressant qu’il fit sur une vieille dame outrée qui promenait son chien. Chien d’ailleurs qui en fit autant sur le bas de pantalon de l’homo.

-        Qu’est-ce qui vous amène ? Questionna la pute tout en se repoudrant.

-        Ben… Nous sommes égarés, roucoula Katia toujours à l’affût du sexe masculin. Le chômeur pas moche la regardait.

-        - Je regrette mademoiselle de n’être pas en dernière position dit le chômeur pas indifférent sinon je vous aurais volontiers violé. Il s’esclaffa.

-        - Il est charmant ! Ne trouvez-vous pas ? Elle leva ses yeux amandes vers Hubert qui répondit évasivement.

 
IV.
 

Dans cinq minutes officiellement le sort en serait jeté. Mais d’un commun accord, ils achevèrent la partie, la prostituée ne pouvant plus remonter son handicap.

A présent Katia et Hubert étaient assis ; pas l’un à côté de l’autre. Hubert près de la pute et Katia avec le marin qui lui tenait la taille en la tripotant de partout, ce qui ne lui déplaisait pas. La prostituée pleurait à gros et lourds sanglots. Elle ne voulait pas mourir, ni finir ses jours derrière les barreaux. Se faire violer ? Pour une pute, trop banal. Rien de sensationnel. Hubert se leva, prit Katia par la main. Elle, Imbibée à présent d’alcool, ne fit aucune résistance. Il s s’éloignèrent du groupe.

- Le chômeur te plaît ? Demanda Hubert à voix basse.

- Evidemment pauvre cloche ! Répondit-elle avec dédain. Lui au moins ça doit être une affaire…

- Bon ! Alors rends –moi un petit service rajouta Hubert.

Hubert avait perdu toute pudeur, et considérait sa compagne avec dégoût. Il lui glissa quelques billets dans la main en lui proposant de remplacer la prostituée. De se faire violer par le chômeur, par les autres si cela la chantait et porter plainte ensuite. Katia accepta. Elle froissa les billets, les fourra dans sa poche et rejoignit le chômeur en criant :

-        Salut le coincé ! A la prochaine !

Hubert retrouva la prostituée, lui prit la main et l’entraîna :

-        Ne t’inquiète pas ! Tout est arrangé !

Ils refirent en sens inverse le chemin que Katia et lui avaient emprunté auparavant. Hubert conduisit sa nouvelle compagne jusqu’à son appartement, où ils firent l’amour toute la nuit.

 
Epilogue.
 

Attablé  devant un bol de café chaud, Hubert s’empressa de déplier le journal ; car d’ici une heure, les caractères s’effaceraient et le papier reblanchi pourrait être réutilisé pour la prochaine parution du lendemain.

Il ouvrit la page aux faits divers qui composait la majeure partie du bottin. La prostituée venait de se lever. Les pointes des seins durcies par la fraîcheur matinale, effleurant les joues râpeuses d’Hubert qui ne put s’empêcher de les lutiner. Sa gourmandise assouvie, il revînt à son journal.

-        Voyons comment Katia s’en est tirée ! Lança-t-il puis à haute voix :

-        «  Alors que deux individus entreprenaient de violer une jeune femme, le pan du mir sous lequel ils se trouvaient à proximité s’es effondré. Deux hommes et une vieille dame qui se trouvait alentours ont également été écrasé par l’affaissement. L’enquête se poursuit.

-        - La pauvre, murmura la prostitué.

-        Hubert la saisit par les épaules…- Elle l’a bien cherché ! Allons nous marier rajouta-t-il simplement. Joyeusement enlacés, ils sortirent de l’appart. , s’engouffrèrent dans l’ascenseur qui se décrocha et s’écrasa vingt cinq étages plus bas. Un perdant anonyme de la veille en avait trafiqué le système électrique…

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Jeudi 5 octobre 2006
Mieux valait
 
Mieux valait que je vive
A l’endroit de mes songes
Vidé des souvenirs
De funestes angoisses
 
Mieux valait que je meurs
Dans l’esprit intérieur
D’un ripieno chagrin
Pour arracher le chancre
De mon être nouveau
 
Liberté des saveurs
Des cèdres libanais
Liberté des voyages
Intérieurement tournés
Par les chemins fleuris
D’herbes et de renoncules
De visions solitaires de l’amour engendré
 
Mieux valait que je parte
Pour retrouver les miens
Plus serein disponible
Pour retrouver les rires
Ineffables sourires
Dans les secrets jardins
Des cœurs arrachés
Glissait l’ombre fielleuse
De l’inquiétante discorde
Distorsion de l’espace
Du temps réitéré
De l’affolante quiétude
Qui déclenche l’orage
 
Mieux valait que je reste
Pour trouver l’équilibre
Entre l’eau et le feu
La sûreté et l’instable
L’alchimie progressive
Entre les éléments
Philosophale surprise
Enfantin étonnement
 
L’attache à toute chose
Ne disperse pas la Mort
De produire son arrêt
Errer tel le juif
Au monde chaotique
La poussière dans les yeux
Sous l’ardeur du soleil
Parcourir sans cesser
L’horizon assoupi
Propice de l’oubli
D’une nature périssable
 
Mieux valait par les mots
Trouver les hautes grâces
Que tout être en errance
Tourmenté d’infini
Jette dans l’abîme
A aimer la croissance
De l’humaine érosion
A choisir le plaisir
De tomber amoureux
Ne serait-ce qu’une parcelle
En images déployées
Piètre consolation
 
Mieux valait protéger
Rasséréner le cœur
Dipodes d’innocence
Aux confins des régions
Où la raison l’emporte
Sur la candide frayeur
Plutôt mourir en soi
Que de faire périr
 
Mieux valait la sagesse
D’intelligentes trêves
N’empêchant ni l’envie
Ni la libre passion
D’aimer à travers
Ce siècle d’illusions
Dans son inexistence
Mais l’être infatigable
Perclus de circonstances
Tente en vain une fuite
En rétro projection
 
Mieux valait à tout prix
Mourir que de garder
Le désespoir du vide
D’une vie empesée.
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Mercredi 4 octobre 2006
Autopsie d’un fou
 
I.
 
-Vous savez au moins pourquoi vous êtes là ?
- Pas vraiment m’sieur, que je dis.
-Appelez-moi docteur s’il vous plaît !
- Oui mon… enfin euh… Docteur.
- Alors reprit-il ?

- Je ne sais pas, j’ai pris un peu plus de médocs que d’hab. Et j’étais en état confusionnel et ma famille… Euh... J’étais encore un peu dans le coltare.

- Une tds, eh oui ! Clame le médecin psychiatre. Vu la quantité de et de xanax que vous avez ingurgité...

Je ne m’en rappelais pas vraiment… Je souffrais c’est tout. Je n’arrivais pas à me calmer, à dormir alors j’ai essayé…

-        Monsieur C… Vous savez que c’est déjà la vingtième hospitalisation. Vous ne pouvez pas continuer ainsi !

Je baissais légèrement la tête en me pensant, encore un qui ne fait que me blâmer. Je sais très bien ce qui va se passer… Trois quatre semaines en sevrage et retour maison sans que je sois vraiment mieux.

-        Bien ! Reprit le psy, nous allons vous laisser digérer vos prises anarchiques et après nous remettrons un nouveau traitement en cours.

Le médecin se leva ; l’entretien avait à peine duré quatre à cinq minutes et me voilà lâché dans les couloirs du pavillon. J’observais cependant le psy avant de sortir et vis qu’il allait au lavabo se laver consciencieusement les mains. Encore un avec un t.o.c. que je me dis…

La fin de journée fut monotone ; les infirmiers de glace et les autres patients, pour la plupart complètement déjantés ! Je ne me sentais pas à l’aise… C’est vrai que ça faisait la vingtième fois, mais quinze de trop… Ce psy, je le découvrais, il venait juste d’intégrer l’équipe…Dr Lovier, la cinquantaine et une attitude assez présomptueuse il faut dire. J’avais également remarqué lors du court entretien, qu’il se frottait minutieusement les mains. La soirée sa passa sans dommage, entouré de pathologie de tous bords… Vraiment je ne resterai pas ; demain je signe et ciao…

 
II.
 

Le petit déjeuné touche à sa fin, plus qu’une heure, j’ai averti l’infirmier, le psy. Doit passer pour me voir avant ma sortie contre avis médical. En attendant je discute avec un patient que je connaissais d’il y a quelques instants. Alcoolique chronique, il me déballe sa vie ; je ne suis pas sympa, je l’écoute à peine, je suis pressé. D’autres malades me satellisent ; j’ai beau y être habitué c’est toujours négatif dans ce genre d’endroit de côtoyer pire ou moins pire que soi ; et pourtant nous sommes dan la même galère…

Le psy s’est annoncé ; on vient me chercher…

Il est là planté derrière son bureau me montrant son dos, les bras croisés en observant sans doute quelque chose au dehors ; ou tout simplement pour se donner une contenance. Il hausse légèrement les épaules puis il se retourne et avec sa main gauche il se caresse son petit bouc qu’il porte court.

-        Alors comme ça, il paraîtrait que vous voulez vous en aller ! Il continue de se lisser le bouc en clignant rapidement des paupières. Et si moi je vous mettais en h.d.t (hospitalisation d’un tiers) ?

Sur le moment je ne dis rien, j’avais bien senti, à force, vous pensez, venir le coup. Je le laisse continuer ses mimiques qui somme toute ne me font plus rire, je ne saurais dire pourquoi. C’est la première fois que je le rencontre, il vient juste d’être embauché par l’hosto, à la place du Dr D. qui lui s’est embarqué dans l’aventure du privé.

Il me fait signe de m’asseoir tout en restant debout, histoire de dominer la situation. Son visage se crispe et quelques rictus apparaissent sur sa face cramoisie.

-        Je crois que je vais vous laisser sortir ; non que je sente en vous une certaine stabilité, mais j’ai des cas plus urgents à traiter et vous, vos élucubrations – C’est sûr il avait lu mon dossier- m’indiffèrent totalement.

Là j’étais béa, la bouche clouées. D’habitude ce n’était pas le genre de discours qu’on me tenait.

-        De plus, rajouta-t-il, la société n’a que faire d’individus marginaux et anti -axiologiques de votre espèce : vous ne m’intéressez pas.

Je ne pipais pas ; j’avais trop envie de sortir de cet endroit trop connu et que j’avais surtout envie de fuir. C’est ainsi qu’il me fit signer ma décharge.

-        Il va de soit, dit-il, que je ne vous délivre pas d’ordonnance !

Il attendait ma réaction…Mais je signais sans férir et me levais tandis que lui se remit face à la fenêtre. A nouveau j’étais libre, mais pour combien de temps.

 
III.
 

Une fois hors les murs, je me demande où je vais pouvoir passer quelques jours vu que mon appart est saquaté pour un temps par un couple d’amis. Bon je ne m’en fais pas trop dans la mesure où j’ai une connaissance dans la ville même qui peut me dépanner…

Je parvins à l’adresse de mon copain Aldo rue de Colmar et étant donné que les volets étaient ouverts il devait être chez lui. Je sonne et effectivement l’interphone se met en branle :

-        C’est qui ?

Toujours aussi aimable que je me dis !

-        C’est C… que je réponds.

Le verrouillage électrique s’enclencha et je poussai la porte…

Je n’eus pas la fatigue de monter puisq’Aldo louait le rez-de-chaussée ; bonne chose parce que comme il ne fume pas je suis contraint de cloper à l’extérieur…

Sa porte s’ouvrit et avec un sourire enchanté il m’accueillit.

-        Qu’est-ce qui t’amène donc C… ? Me dit-il enjoué.

-        Ben ! Ecoute Aldo, j’ai un service à te demander.

-        Lequel ? Me répond-t-il d’un ton un peu moins joyeux.

-        Ecoute pour deux trois jours j’ai besoin d’être accueilli vu que j’ai prêté mon studio à Franck et Bérénice.

Je sentis un profond soulagement dans sa voix lorsqu’il me répondit :

-        Si ce n’est que cela pas de blème…

Il me fit entrer et nous discutâmes un bon moment. Pour le remercier, je l’invitai à aller prendre un pot à ‘ l’ours noir » l’un des trois bistrots de la ville

; le plus fréquentable il va de soit…

Nous n’avons mis que peu de temps à y arriver et je lui proposais d’aller faire des courses après l’apéro il devait être aux alentours de dix sept heures trente. Nous nous installâmes à l’intérieur le temps relativement frais pour la saison ne nous permettait pas de rester sous la terrasse, enfin sur le trottoir aménagé en pergola…

Alors que nous allions nous installer j’eus la surprise de voir accoudé au bar le psy qui m’avait vu auparavant. Il n’était pas seul ; une jeune femme se tenait à ses côtés. Il caressait toujours son bouc et son chef était coiffé d’un genre de borsalino assortit à un imperméable noir. Il ne m’avait pas vu. Je donnais un coup de coude à Aldo et, lui montrant d’un signe la tête le psy, je l’interrogeai à voix basse :

-        Tu connais ?

Aldo leva la main pour commander et me répondit tout en essuyant sa bouche du plat de sa main :

-        Un peu. Il vient de l’hosto que tu chéris ; il rapplique ici tous les soirs.

-        Et la nana ? Je repris.

-        Connais pas ! Souffla Aldo alors que le serveur arrivait. De toute façon tous les soirs c’est une autre…

Curieux je repris :
      -    Tu connais son nom ?

      -    Oui je crois qu’il s’appelle Lovier. Enfin c’est ce que j’ai cru comprendre…

La commande prise nous nous entretînmes encore un bout de temps, mais je ne pouvais pas détacher mon regard de ce psy qui ne m’avait pas vu ; tant mieux d’ailleurs. Il était bardé d’un tas de rictus et de tics faciaux, ce qui m’intriguait au plus haut degré. Je me pensais à l’intérieur que ce type n’était pas net. Passer toutes ses fins d’après- midi avec une jeune femme différente à chaque coup…

-        Tu sais s’il habite dans le coin ? Que je questionne Aldo.

-        Ca j’en sais rien ! Faudrait demander au grand mec là-bas avec qui il parle de temps à autre.

Je me vois mal, je l’avoue, me transporter vers ce gars et lui poser une telle question.

Le docteur Lovier finit par lever le camps et je ne peux m’empêcher de prendre congé d’Aldo sous un fallacieux prétexte pour suivre cet intriguant personnage. Je me lève et glisse à Aldo :

-        On s’retrouve dans trois quarts d’heure au super marché…Ok ? …

-        Pas de problème rétorqua Aldo qui dégustait sa deuxième bière.

Je dépose un billet sur la table et me glisse félinement en arrière de ma proie…

Au bout de dix bonnes minutes il me conduisit toujours avec sa jeune femme au bras, devant une coquette petite maison dans laquelle ils entrèrent tous deux.

Bien ! Que je me soliloque il habite le coin, je reviendrai… Quelque chose m’attirait ; une idée fixe : j’étais barge mais pas à ce point. Une curiosité malsaine peut-être ?...

La soirée fut brève ; repas, bière et café puis laissai Aldo devant sa télé pour aller me coucher. Je n’avais qu’une hâte, retrouver ce cher Volier car j’étais tel un objet en métal attiré par un aimant.

 
IV.
 

Cinq heures du matin et je suis debout. Je bois un café et avale un yaourt…Dans une heure j’irai faire le pied de grue devant son domicile…Bon je ne tiens plus ; cinq heures trente il faut que j’observe, je scrute, je sache qui se cache derrière ce personnage d’aspect grotesque…A moins que ce soit un de mes nouveaux délires ? Sait-on jamais…

Devant cette maison à la façade jaune criard et à colombages, je me planque dans le coin sombre d’un porche pour patienter… Encore patienter, ça fait huit ans que je patiente et en plus toujours chez des médecins lolll. Six heures trente et toujours rien, si ce n’est une voiture de la police municipale qui roule au pas... Je me tapis encore plus…Il ne m’ont pas vu… Six heures quarante cinq, quelque chose bouge… La porte de la maison s’est entre baillée puis ouverte en grand et ce docteur Lovier, toujours coiffé de son chapeau, le cou entouré d’une longue écharpe rouge, sort engoncé dans son manteau noir.

Je le suis… Pas longtemps d’ailleurs ; il s’arrête devant une boulangerie et y entre. Ca devient lassant, je ferais mieux de retourner mes pas et aller dormir…

Il ressort mais ne prend pas la direction de son logis mais celle de l’hôpital… Bon ! J’abandonne, j’irai voir ce soir au bistrot…

Toute la journée je n’arrive pas à détacher mon esprit de ce type ; de ses manies, de ses presque toc. Et que fait-il avec ces jeunes femmes ? Il faudra ce soir que j’aille et surveiller. Qui sait peut-être les trucide-t-il ?...

J’ai traîné Aldo au troquet malgré sa réticence, je lui ai dit Que c’était moi qui rinçais ; alors pas de blème. Nous y allons tôt du moins avant dix sept heures ; heures à la quelle Lovier arrive. Il doit être aux alentours de seize heures trente en fait et dès que nous entrons je me mets au bar avec Aldo. L’autre type d’hier soir est là. Je l’aborde en lui offrant une autre bière. J’essaie d’en venir sur le toubib. Par chance c’est lui qui commence à m’en parler :

-        Savez, dit-il, y ‘a un type bizarre chaque fin d’après- midi qui débarque ici depuis quelques semaines, et toujours avec une autre donzelle… Mazette ! Qu’il rajoute ; et pourtant c’est pas un don juan… Il se met à rire à gorge déployée.

-        Vous savez qui c’est ? Que je l’interroge subrepticement.

-        Le docteur Lovier ? Bien sûr que je le connais, c’est moi qui lui loue la maison.

-        Drôle d’individu n'est-ce pas ? Que je l’interroge en lui offrant une autre bière.

-        Vous ! Qu’il me dit en prenant en prenant avidement le verre vous savez parler aux gens ; et il leva le verre pour me remercier.

Je l’interrogeais du regard et sa langue commença à se délier.

-        Vous savez ! C’est un docteur connu en psychia… En psychia…

-        En psychiatrie que je l’aide sinon on en terminera jamais.

-        Voilà c’est ça ! Et ben vous savez moi même je me mêle pas de ce qui ne me regarde pas mais il est très spécial. Bon en ce qui concerne le loyer, rubis sur l’ongle, rien à dire,...

Je le pressais en lui recommandant un autre verre.

-Oui, il m’a invité un soir, pour me remercier d’un service que je…

- Et alors ? Que j’insistais !

- Eh ben il n’a pas arrêté de regarder fixement une fille dans les yeux et de l’hypno… Comment on dit ?

- L’hypnotiser ! Que je réponds hâtivement, pressé de connaître la suite…

- Eh ben ! Il lui a tout fait raconter sur elle.
- Et alors ? Je demandais avide…

- Et alors rien ! Je ne me souviens plus j’étais trop bourré.

Et merde ! Que je narre à moi-même, c’est raté. Mais il y a du louche…

Enfin il arrive ; toujours accompagné d’une jeune femme. Il s’installe tout à côté de moi et soit il ne me reconnais pas, soit il m’ignore. Toujours est-il qu’il entame une discussion avec cette femme mais à voix si basse que je n’en capte rien. Justes quelques bribes…

-        Sentiments… Narcissique… Neurasthénie… Hypnose…

Finalement je me dis, il ne sort pas du cercle de son boulot… finalement Lovier règle et s’en va avec la jeune femme. Je ne prends  même pas la peine de le suivre parce que finalement je pense que c’est moi qui doit délirer…

La semaine s’écoule et je rentre chez moi à Colmar sans que je ne prête plus attention à quelque mouvement que ce soit de cet étrange Dr Lovier…

 
Epilogue.
 

Quatre mois après ma dernière hospitalisation mon généraliste me conseille de retourner à l’hosto pour démarrer un nouveau protocole d’anti psychotique. Ca ne m’enchante pas mais j’accepte…

Mardi après-midi je débarque au pavillon de mon secteur. Un infirmier m’ouvre la porte et je me faufile à l’intérieur. Quand je l’ai salué, je me dirige vers le bureau du médecin, ce doit être Lovier que j’aperçois dans le couloir toujours affublé de son énorme chapeau. Je vais pour le saluer :

-        Bonjour docteur…

-        Je m’appelle Sigmund qu’il me dit les yeux dans le vague.

-        Sigmund ? Que je répète dubitatif.

-        Oui Sigmund Freud…

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

 
 
 
 
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Mardi 3 octobre 2006
J’ai besoin
 
J’ai besoin de ton corps
De ses vastes portiques
De ses contrées sauvages
Qui à mes sens encore
Demeurent ignorées
Pénétrer ces frontières
Découvrir l’épaisseur
Des moiteurs toisonnées
Epouser de mes mains
Les vallonnements subtils
De tes seins de ta croupe
Puis dévaler en fougue
De mes lèvres humectées
Des rosées sirupeuses
De ton intime cas
La chaleur de tes cuisses
Et tes mollets galbés
Enserrer tes chevilles
Puis en souverain Pétrarque
Révérer tes deux pieds
Les amours de Ronsard
Ou la Délie de Scève
Intimement mêlés
Traduiraient ces pensées
Sans y trouver les gestes
 
J’ai besoin quand à moi
Des secrets de ton corps
Pour que finissent les nuits
Des obstinés regrets
L’endophasie m’assigne
A de fiévreux projets
J’épouserai ton corps
En habile jongleur
Mes liens se déferont
De leurs ombres carcérales
Dont les lames rougeoyantes
Attisent le foyer
De mes rêves tourmentés
De ne savoir parler
 
J’ai besoin de ton corps
Pour moi inachevé
Pour vivre sans la mort
Obsédante pensée
Moi qui dans l’étroitesse
D’un pesant quotidien
Cherche la contre voie
De mon élévation
J’ai besoin de ton corps
En réelle possession
Pour atteindre l’Eden
De ma folle passion
 
Pourquoi ai-je en terreur
A te prendre la main
Te conduire en aurège
Vers un lit de satin
La retenue d’égards
Le trouble du gamin
Inhabile maladroit
En quel lien béni
Pourrai-je retrouver
Pour sertir du songe
Un chaton avéré
 
La gaucherie m’étouffe
Pardonne-moi trésor
De ne te découvrir
Qu’en de voyages abstraits
Parle-moi de ton corps
De ses formes célestes
Qui alanguissent mon âme
Et mon amour de feu
Embrasant ma raison
Combien de grains de sable
Devront-ils s’écouler
Par l’orifice étroit
Etranglé resserré
Du sablier perfide
Qui remet à cent fois
L’abandon de nos corps
N’est-ce pas mon émoi
Ma risible fadeur
Qui cause le report
D’étendre à bras le corps
De l’envie de ton corps
Pour suspendre le temps
Culmine au zénith
A lire Lamartine
Tout finit par passer
 
Je voudrais conquérant
Livingstone amoureux
Au Zambèze découvert
Arriver à bon port
Dans ton corps qui est mien
Je brandirai alors
A mes mains agitées
Le blason de l’éloge
Qui chassera furieux
Les cauchemardesques montres
Qui se raillent de moi
En un dies irae
 
J’ai besoin de ton corps
De tes sens de ta vie
Pour ne plus me prostrer
A attendre l’aurore
Et son éclat doré
Je te composerai
Un bouquet d’aigremoine
Ou de phlox parfumés
J’en ornerai les marches
Que fouleront tes pieds
J’ai besoin de ton corps
Pour ne pas me faire moine
Et rentrer dans les ordres
A dessécher mon âme
A l’aurore sangloté
Mon phlogistique élan
Se consume aliéné
O combien ils sont doux
Ces supplices chinois
Comparés à l’attente
De ton corps dénudé
 
J’ai beau me raisonner
Néguentropiques sagesses
Je ne peux oublier
A quel point ne cesse
Le besoin de ton corps
De ta vie ton esprit
Gouttelette de pluie
D’un nuage fruité
Redonne aux vagues marines
L’apparence du ciel
Dans lequel légère
S’élèverait mon âme
 
La passion dévorante
D’un besoin effréné
Peut prendre virulence
En folie délirante
J’ai besoin de ton corps
Pour retrouver le mien
Et perdre à contre sens
Le néant destiné
O combien mon amour
Les joncs et les roseaux
Peuvent se corrompre
Dans les palus vaseux
J’ai besoin de ton corps
En peine résolue
A vacciner mon âme
De ses noirs tourments.
 
 
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Lundi 2 octobre 2006
Mort
 
C’est une couverture
Sombre d’étoiles noires
Un paréo funeste
Qui s’enroule à la taille
On a beau l’habitude
De l’enfiler toujours
Il nous broie chaque fois
Le ventre défoncé
 
Les heures glissent en vain
Sur ces toiles cireuses
Toute la peau des hommes
A l’astre monotone
Craquelle se désagrège
A son nom prononcé
Faucheuse sans vergogne
Que le cœur est mortel
Entraîne et nous somnole
Fantôme d’éternité
 
Charogne et pourriture
Se dégagent de l’immonde
Couvrant tous les baisers
D’un ange qui se réveille
 
La vie est à ce prix
Profondeur de l’enfer
Sans stupeur de l’aurore
Au ciel couleur de miel
Le soleil devient mur
Sans sauveur de la Mort.
 
 
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Dimanche 1 octobre 2006
Berceuse
 
J’apprendrai componctieux
Les parcelles de ton corps
Garderai dans mes yeux
Ton visage radieux
Je blottirai ma peine
Au creux de ta poitrine
En apaisant mes pleurs
A ta voix mélodieuse
Je ne serai plus triste
Tout juste un peu éteint
Quand brilleront au ciel
Les étoiles éburnées
 
J’irai par les couloirs
 
Séparant la lavande
Me berçant inlassable
Des sonores cigales
Je couperai des herbes
Sarriette et ciboulette
Du thym et de l’aneth
J’en frotterai mes mains
 
Je goûterai l’olive
L’anchoïade la fougasse
Garderai la saveur
D’un étouffé au tian
J’écrirai en patient
Les années qui s’épuisent
Et quand sera tari
Le puits de ton absence
Je cueillerai ravi
Ta douceur infinie.
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Samedi 30 septembre 2006
Tentations
 
Les portes vastes et balsamiques
Se referment sur mon insipidité
Le reflet d’une psyché bluet
N’est pas plus ombre qu’image
Aux psalmaudieuses souffrances
D’un cœur erroné de tourmentes
Se calcifient sans aisance
Par manque de crescendo
 
Où sont donc ces onguents
Qui parfumaient mon souffle
En projetant d’abondance
De délicieux secrets
 
Des palmistes chatoyants
Prospectent mes méandres
Donnant aux illusions
D’instantanés estrans
 
Encore et récurrentes
Les folies extringeantes
Falotes et perverties
Se tendent à moi fluettes
Pour en offrir leur thyrse
 
Je ne suis que souffrance
Sans amour ombrageux
Que viendrait déifier
Une âme désolante
Quand ils reviennent heurtant
Ces dictames flatteurs.
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Samedi 30 septembre 2006
Du Tage à l’Eridan
 
Quand les nuages en nombre
S’étalent à l’éthéré
 
Je pense ô dieu des pluies
Cernunos à l’envie
Mon visage blafard
Détrempé par les eaux
Recherchent dans ton visage
Le poignard assassin
 
Sans cesse tu passes en vain
Sans même te retourner
Caton cet immortel
Du Tage à l’Eridan
Symbolisera la plaie
 
D’un soleil étiré de ces anciens cadran
Aux ombres vénérées
Pourquoi esprits dégénérés
Dans un silence pieux
Ne me laissez-vous pas
Songer à Buridan
A son âne bâté
Qui rua simplement
 
Approchant des rivages
Aux ondes constellées
Je tente chaque jour
Par toi d’être emporté.
 
 
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Samedi 30 septembre 2006
J’ai
 
J’ai le cœur mille poisons
Fil de fer barbelé
Derrière une moustiquaire
Le visage embrumé
Une traîne misère
Tant de fois débordée
Par un sombre hallali
De cailloux dégrossis
Il faut avoir aimé
Pour souffrir tant de fois
Et pourtant ma misère
Ne se désemplit pas
Tes prouesses de l’orient
Je les ai chevauchées
Et l’image d’Euclide
Sans cesse me harcèle
Promets-moi rêverie
La verdeur des prairies
Où le morcellement
N’est pas constellation
Je le sais mon Eros
Ma divine bellâtre
Que le mioséisme
D’aucune volonté
Est d’extraire la confiance
De l’abasie inique
Qui frappe pusillanime
La créativité
Tes paroles apaisantes
Tes gestes répétés*les caresses enivrantes
La tendresse échangée
Eveillent mon ego
A se réaliser
 
C’était un de ces soirs
Banalement blafard
Et tu m’as pris la main
Mon cœur était de noir
Et l’ablégat en deuil
Et pourtant je le sais
Il ne faudrait que peu
Pour traduire ces émois
Des douleurs qu’on supporte
Leur trouver u