Jeudi 28 septembre 2006
La crémaillère
 

Il faut toujours un trouble fête qui vienne gâcher une soirée et ce soir là ce fut moi, accompagné de Vierleux et de Joachim mes inséparables compères. Judith nous avait, l’avant veille, invité pour sa crémaillère : faut dire qu’on en avait sué pour la déménager…

-        Tu n’es qu’un crétin ! Me lança farouchement Judith, les larmes aux yeux.

-        Mais…

-        Tu n’es même pas capable et en plus avec tes deux imbéciles, elle désigna du doigt mes deux compères saouls comme des barriques, de respecter les fêtes des autres.

-        Mais…Je repris hésitant…Je ne l’ai pas…

-        Fou le camps ! Allez zou ! Qu’elle me signifia en me montrant la porte d’entrée. Et n’oublie pas tes deux déchets…

Pourtant tout avait si bien commencé…
 
I.
 

Il est huit heures, coup de sonnette, je reconnais cet appui lourd et insistant c’est Vierleux…J’ouvre, bingo ! C’est Vierleux avec Marrot son clébard incontinent.

-        Entre vite ! Je dis. Faut que j’me termine ma beauté.

Vierleux secoue la tête, navré et pousse Marrot dans le vestibule.

-J’te laisse, sais où est la bière !

Je me demande pourquoi je le lui dis car il connaît parfaitement.

Je termine d’enfiler mon pantalon ; deuxième coup de sonnette.

-        C’est Joachim que je crie à Vierleux ! Va ouvrir !

J’entends les deux discutailler dans la cuisine mais je n’entends pas vraiment ce qu’ils peuvent bien se dire…

Voilà je me suis rasé…J’suis quand même beau, bonjour les chevilles lol, que je me mire dans la glace de la salle de bain. Bon allé ! Faut bouger ! J’embarque mes deux amis, pas Marrot, il est trop insupportable et je sais qu’en rentrant je pourrai éponger la pisse ; et nous décollons, direction appart. Avenue Foch de chez Judith, bel appart d’ailleurs quartier chic…

Je gare la voiture…Vierleux et Joachim déjà bien faits sortent et m’attendent chancelant. La bicoque est énorme ! Encore plus impressionnante qu’en plein jour. Des lumières multicolores fusent de toutes les fenêtres et la musique techno, bat son tapage nocturne. Je sonne et j’insiste parce que je sais qu’ils n’entendront pas. Je me trompe…J’ai pas même effleuré le bouton qu’on m’ouvre… Purée ! Que je pense, c’est comme dans Le Grand Maulnes, tout le monde est déguisé sauf nous…

-        Mais…Euh ! Que je bafouille à Judith, tu m’avais dit…

-        C’est pas grave ! Qu’elle rigole ; entre avec tes deux déchets

C’est vrai, elle ne les aime pas trop. Faut dire qu’ils sont pas vraiment sortables...Faut dire qu’en plus ils sont bourrés. On entre tous les trois et je me sens un peu gêné face à tous ces gens sapés carnaval. Des cotillons, des serpentins, des tulles, des confettis, enfin ambiance comme je l’ai dit Grand Maulnes, que je m’attends à voir apparaître d’un moment à l’autre. On se fraye un passage pour aller jusqu’au buffet ; c’est vrai qu’il fait faim ! Pas encore mangé ! Vierleux et Joachim dévorent. Moi je goûte ! Ce qui nous différencie.

 
II.
 

-        …Oui cher ami ! C’est une syllepse oratoire ; Parfaitement ! Que dit un type à un autre.

Je saisis le mot au vol, il me plaît mais je ne sais pas ce que ça veut dire !

-        Eh ! Joachim ! Que je lui demande, c’est quoi une syllepse ?

-        Le Joachim, même s’il en a pas l’air et qu’il est bourré, il en sait des choses…

-        « Après avoir souffert, il faut souffrir encore. » Qu’il répond ; en hoquetant…

-        Quoi ? Mais rien à en tirer d’autre ; il est déjà parti, s’enfonçant dans la masse des convives…

En le regardant partir, je me retourne brusquement.

-Mince ! Vous pouvez pas faire attention ! J’en ai partout maintenant…  

Je venais de bousculer une jeune femme qui avait vu sa robe de Blanche Neige se maculer de sangria.

-        Des plates excuses que je marmonne maladroitement.

Elle soupire et hausse les épaules…

Je n’avais pas tout de suite remarqué mais elle portait un loup et je ne distinguais que ses yeux d’un vert jade profond. Elle me regardait un peu furibonde mais se calma rapidement.

-        Mille excuses ! Que je bafouillais encore…Aucun autre son ne pouvait sortir de mon gosier.

Doucement elle commença à sourire. Elle se moquait de ma gaucherie ; puis d’un geste elle me tendit sa main.

-        Anne- lise, dit-elle d’une voix posée et fluette cette fois- ci.

-        Euh…C… ! Je répondis hésitant, en lui serrant tant la main qu’elle poussa un petit gémissement.

-        Pardon ! Pardon !

Elle se mit à rire un peu car j’avais vraiment l’air stupide.

-        Qu’est-ce que vous attendez pour me chercher un autre verre ? Me lança-t-elle vivement.

-        J’y vais, j’y vais de ce pas…

Je me projetai rapidement au buffet et revînt la trouver avec peine, un verre à la main.

-        Tenez ! Mademoiselle enfin Anne- Lise ?

-        Oui Anne- Lise ! Elle rajouta. C’est quoi ce nom bizarre que vous avez ?

-        Oh ! C’est mon surnom. En fait je m’appelle …

Je n’eus pas le temps de prononcer mon nom que quelqu’un me bouscula ; l’homme à la syllepse, et voilà nouveau le verre renversé sur la robe…

Cette foi-ci Anne- Lise se rebella contre l’individu et virulemment encore, ce qui fit que Judith rappliqua vite fait. Elle jugea de la situation et me héla :

-        Tu n’es qu’un…

 

III.                                                                                                         

 
J’allais exécuter quand la ravissante jeune femme au loup intervînt :

-        Ce n’est pas de sa faute Judith. C’est l’autre là qui m’a bousculé. Sèche tes larmes…

Judith se calma et acquiesça de la tête.

Je me confonds en remerciements auprès de ma belle et lui sourit niaisement. Elle me demanda alors minaudante :

-        Et vous faites quoi dans la vie ? Si je ne suis pas indiscrète ?

-        Je suis écrivant pas écrivain et pour arrondir mes fins de mois, je travaille à la plonge dans un restaurant italien. Mais, je repris, actuellement je suis en congé maladie…

Elle me gratifia d’un sourire et m’emmena danser…

La soirée s’acheva dans la plus grande sérénité juvénile. Ca faisait bien longtemps que je ne m’étais plus autant amusé. Joachim et Vierleux, eux, cuvaient leur alcool dans un coin. Ma cavalière prit congé de moi vers deux heures du matin ; et, en me tendant sa joue, me demanda :

-Et tu t’appelles de nouveau ?
Je le lui répétai avec assurance…
 
Epilogue.
 

Huit heures, on sonne à la porte. Je sursaute dans mon lit… Mince alors ! Qui peu bien réveiller les honnêtes gens à cette heure-ci ? J’ai du mal à me lever, la sonnette retentit à nouveau.

-        Oui ! Oui ! Je crie. J’arrive ! Cool !

J’enfile un pantalon et un tee- shirt puis me précipite dans le vestibule. J’ouvre le loquet, entrouvre la porte qui est bloquée par la chaîne de sûreté… Mon étonnement est à son acmé : ma belle inconnue cavalière en tailleur mauve et sans loup devant moi. J’ouvre, veut lui claquer un baiser sur la joue mais froidement elle me tend la main en me disant :

-        Monsieur… ?

-        Ben oui ! Tu le sais bien ! Que je dis sans savoir si je dois rire…

-        Juliette Kach, inspection du travail…

par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 27 septembre 2006
C’est
 
C’est,
Une ombre de verdure
Que noircit le soleil
Une infime solitude
Un séneçon fané
 
Voyage vers le futur
Meurtrière passagère
Me regardant séide
Moi qui n’ai rien demandé
 
Aurai-je toute ma douleur
Harassé par le faix
D’inconséquentes vies
Hémathidrose mesquine
Enfantant mon Malheur
 
Je crèverai splendide
Avec un long foëne
Ce monstre poursuivant
Des courses effrénées
Qui ne mène en fête
La souffrance languissante
Des jours essaimés
 
Et si demain s’impose
Un hydrolat fatal
Je ne respirerai pas
Je ne me retournerai pas
Et bravant son audace
Je ne craindrai plus rein
Unipolyformique
La mort
A mes raisons.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 26 septembre 2006
Multiplication
 
Pour trois fois rien au monde
Six fois cinq élégance
Le chat de cire bondit
Tout ruisselant de nacre
Sur la bibliothèque
Il se lèche la patte
Les moustaches aux aguets
Les oreilles tendues
Il me tourne le dos
 
Quatre à quatre montées
Les escaliers usés
Les quarts d’heure s’effacent
D’un clin d’œil écarlate
Le chat graisse la patte
D’un porcelet fendu
Où trébuchent des pièces
En multiplication
 
Sept et trois corridor
Personne n’est entré
Le chat sur les genoux
Ronronne facétieux
Qu’aurais-je d’intérêt
A regarder le ciel
Qui derrière l’horizon
Se repaît des sanglots
De cryptiques amoureux
Platon de la caverne
En mythifia le sens
Les ombres cryogènes
Ne sont que d’illusion
 
Dans la vallée se couchent
Les langoureux soupirs
Du linceul hivernal
Maculé de sommeils
Qui enflent la misaine
D’un trois mâts vigoureux
Sillonnant les névés
De l’éphémère passé
 
Un nunatak captieux
Laboure la frêle coque
Infligeant au vaisseau
Une cruentée blessure
Il sombre dans l’écrin
De l’albâtre suaire
Un lugubre bucrane
Trône sur l’étagère
 
Un miaulement pathétique
Tranche acerbé le fil
Qu’avait tendu les Parques
Avant de le couper
Ignominieuses vieilles
Le félin de ses râles
Dépouille vos élans
De nymphe décrépies
 
Du trois mâts disparu
Elles chantent les alcools
Qui moites bleuités
Se mêlent aux fumerolles
D’entretiens très étranges
D’immaculés souillés
Pas de deux redoublé
Quatre et un en silence
Vieilles folles enivrées
Piétinent les sépales
De fleurs céphalées
 
Piège d’égout à rat
Où s’engouffre la mort
Les caniveaux fangeux
Drainent ton esclavage
De cet asservissement
Tout être en est frappé
Le chat en se lovant
Effleure l’étroite abîme
 
La cruauté d’acier
De son œil glacé
Pénètre sous les draps
Où la canule fleurie
Porte son estocade
 
La sève calorifère
A ranimé l’effort
Le limier apaisé
L’estramaçon s’abaisse
Dans le fond du panier
Le fourreau saturé
Du brasero ardent
Gît privé de son essence
 
Bouquets de ses adresses
Le chat s’envole à terre
Ronronnement d’agrément
Ses émeraudes s’occultent
Son souffle suit le mien
Et un de deux et trois
Toi aussi tu t’endors.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 26 septembre 2006
Rite
 
J’ai connu les silences
Des églises italiennes
Quand à l’Ave Maria
Le christ parut nu
L’eut-il été en croix
Plus de pudeur humaine
Que de fausses circonstances
Veulent les atténuer
 
Il est des messes noires
Qu’on ne peut prononcer
Des vieilles si funestes
Qu’on ne peut supporter
L’abbé son ciboire
Les bigotes se retournent
Le christ s’est rhabillé
 
Il est des messes noires
Qu’on ne peut prononcer
Des tarifs terrestres
Qu’on ne peut supporter
 
Dites-moi donc dévotes
Quel est cet étrange site
Qui fait de l’eau du vin
Et de chair du pain
Moi de rien je ne fais
Pas plus que du rien.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 25 septembre 2006
Mortelle Nocturne
 
Que faire de ce temps qui a chaque instant
Métamorphose ses phases de nouveauté
Le jour est en attente à apprendre l’étonnement
Et te le prendre maternelle en toi pure maîtresse
Captive de sentiments enchaînés à ton ombre
M’éloigner avec toi comme une autre aventure
Cela suffirait-il à tous mes souvenirs
Près de ton corps ludique mystique espoir
 
Du praticien aveugle lumière embrumée
Du prochain jour ombrelle salutaire
A retrouver la trace à croire en riant
Que ta gabare sans m^t naîtra fugace
A l’aube rougeoyante de tes yeux désertiques
Les chevaux de fureurs qui nous emporteront
Vers le nadir opaque tierce d’opaline
Vois-tu mon adorée l’Amour est un entier
Non pas une fraction camériste confiante
Mais le conflit du vide aux reflets fi lassés
Des jours se succédant en frères déchirements
 
Mortelle nocturne Séléné minée
Du vieux ravisseur perpétuant
Le mythe lumineux du vent désastre
Réunissant à l’eau la fraîcheur enflammée
De mes amours décoctés assombris
De l’appel à l’entendement infidèle
 
Que ne puis-je t’aimer à partager
Sans fin et devoir choisir peiné
Ce qui faiblesse me rend plus lâche.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 25 septembre 2006
La classe
 

La stupidité de mes propos m’étonne beaucoup que je dis à Henry circonspect et bien plus encore. La  vie m’a toujours tenu un discours scolastique et je lui en veux que je rajoute à Henri qui se tient à peu près droit à côté de moi.

-        Ecoute cette histoire mon pote et tu comprendras mon amertume …

 
I
 

Ethony me regarde et ne sait que penser. Il ne semble pas vouloir engager la conversation avec moi ; cela le met à chaque fois dans des états proches de la catalepsie, alors se contentait de hocher la tête et moi de continuer à parler. Ce matin là quelque chose de grave me préoccupait. En effet le collège où nous enseignons Ethony et moi avait été le théâtre d’étranges incidents. Je les remémorais rapidement. Deux élèves avaient été surpris à travailler en salle de jeux vidéo…Plus tard, me raconta un surveillant, deux autres élèves avaient été exclu de classe pour avoir fait leurs devoirs et trois autres pour avoir répondu pliement à leur professeur…Où va-t-on ? Me suis-je demandé ? Ce genre de phénomène n’existe plus depuis quelques décennies, et la réhabilitation de ce type de fonctionnement nuirait gravement à l’équilibre politico culturel de notre pays… Quelle anarchie !... J’en touchai deux mots bien choisis à Ethony qui n’émit qu’un grognement guttural qui ressemblait en gros à : «  On est bien !.... 

-        Tu parles que je lui dis ! On est bien…C’est la galère oui. Tu verras que je rajoute, qu’avec ce genre de dérapage on va se retrouver à l’ancienne, nous qui avons mis tant et tant à nous adapter à nos nouvelles fonctions…

 
II.
 

Les jours qui suivirent augmentèrent mon alarme. Je lus en effet dans «  Le petit Capésien » que dans diverses académies plusieurs phénomènes similaires s’étaient produits et que devant l’ampleur des faits, on craignait une généralisation rapide du mouvement.

J’arrive au bahut surexcitées,c’est dans un tel état que je retrouve mes collègues du collège « NTM »rebaptisé ainsi , « Gustave Flaubert » faisant trop ringard.

J’eus la satisfaction cependant avant d’entre dans la salle des profs aux portes blindées, d’entendre les habituels et rassurants : «  Enculé de ta race »… » Ta mère la pute… »Et d’autres encore aux consonances rassurantes Ethony était en grande conversation agitée avec Evane, professeurs de verlan, charmante et fraîche. Je m’immisce dans la conversation qui s’était telle une flaque, répandue autour de moi. Tous y vont de son couplet. Las d ‘entendre les mêmes récriminations je demande le silence, non sans mal…Le brouhaha se tarit et je commence mon discours improvisé :

-        Les choses commencent à aller mal ! Que je dis, si maintenant les élèves se mettent à être polis et travailler, notre raison d’être n’est plus ! Rendez-vous compte ! Si nous n’étions pas là pour les jeunes adolescents, cette autorité à laquelle ils peuvent se confronter, qui le ferait ? Où aiguiseraient-ils leurs premières dents, sur la police qui a fini par se robotiser ? Les machines sont froides ; nous, nous sommes humains. Nous ne pouvons que craindre de voir notre travail remanié à l’ancienne. »

Tonnerre d’applaudissements. Tout le monde est d’accord pour une fois. Ethony se rapproche de moi, me tape sur l ‘épaule et me lance un grand sourire.

-        Ca c’est parlé qu’i l me dit ; pour une fois que je ne m’endors pas !

-        La sonnerie retentit.

 
III.
 

Chacun sait qu’il peut rejoindre sa classe sous les hués, les quolibets, les injures, les menaces. S’énerver, avertir, punir, coller et le tout pour rien ; quelques collègues sont déjà sortis… Je m’attarde un peu…

Je sors, chose bizarre, les couloirs habituellement houleux sont calmes. Je presse le pas dubitatif, pour arrivera ma salle de classe. Pas d’élèves alentours. Encore plus bizarre, je pénètre stupéfait dans la salle et je suis cloué au linoléum : tous les élèves sont assis et se lèvent. Béa, je les regarde, ils restent tous debout. Je vais à mon bureau, pose mon sac et m’assieds. Comme un seul homme les trois rangées font de même dans un silence impérial. Ahuri je les regarde ; ils restent toujours silencieux. Ils ont devant eux un cahier et semble attendre quelque chose ! Quoi ? Je commence à avoir des sueurs froides. Mais qu’est-ce qu’ils veulent ?

 
IV.
 

-        Elle se termine comment ton histoire ? Que me demande Henri mon pote de la cloche qui finit son deuxième litron en boîte.

-        Ben ! je dis ; je suis là avec toi aujourd’hui. Comment voulais-tu que je leur apprenne quelque chose à ces « merdeux », j’ai même pas eu à l’époque mon brevet de collèges et j’ai pas été formé à ça moi…

par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 24 septembre 2006
Icare
 
Du pantothénique marathonien
J’ai lancé mes regards viniques
Edifiant circulaire
Je les ai avinés
 
Sur des terrasses aurifères
Reposent de lascives créatures
Que le soleil plombé
Burine sans relâche
 

Icare malhabile je m’élançais

Ignare de tout
Et m’écrasais inaccompli
Tel une folle mouche
 
Du haut du mont j’ai préparé
Quelques plat chinois
En dosant les caprices d’Eole
Dur une table vide
Aux tourments infernaux
 
Tu as gravi la pente légère
Pour me prendre par la main
Et m’élançais confiant
De mon triste repaire
 
J’ai dévoré le ciel
Tâché de ses étoiles
Grâce à toi je plane
Léger de tous tourments
 
J’ai dévoré tes seins
Ta bouche offerte
En souvenir Icare
Je me suis élevé.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 23 septembre 2006
La mort en courant d’air.
 
I.
 

Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour cette interruption momentanée de notre programme, mais un fax parvenu à l’instant dans les bureaux de notre rédaction nous apprend la mort du chanteur Phil Coldine dans un accident d’avion…

Edouard Philikat, assis dans un fauteuil en lézard, en période de mue, se crispa. Sa gorge s’assécha, ses jambes s’alourdirent, des gouttes de sueur perlèrent à son front et une sensation d’étouffement l’envahit.

La fenêtre, il devait atteindre la fenêtre ; l’ouvrir, l’ouvrir grande, évacuer l’air impure, respirer à plein poumon, retrouver ses sens. Jamais auparavant, même quand sa mère s ‘était suicidée à l’aide d’un rasoir électrique à têtes pivotantes, il n’avait éprouvé un tel malaise. Mais il se cachait là, sous le fauteuil, le malaise, prêt à bondir à la moindre inattention.

Des spots aux éclats bleuités, suspendus verticalement à l’opposé du bar, donnaient aux bouteilles entreposées sur des étagères en bois de Barkla, un éclat inhabituel de tentation. Le premier essai qu’entreprit Edouard pour se stabiliser sur ses jambes fut un échec cuisant. Il retomba durement sur le lézard qui n’apprécia guère. Edouard ne renonça pas. D’une poussée verticale accompagnée d’un balancement horizontal du corps, il se propulsa avec force vers la fenêtre. L’un des rideaux qui n’avait pas été taillé à l’automne, lui servit de point d’appui. Il s’y agrippa. En libérant une de ses mains, il actionna le système d’ouverture qui dé verrouilla la fenêtre et l’air purifié par un ventilateur à combustion interne, s’engouffra tempétueusement d&ans le salon, bousculant sur son passage des bibelots entreposés ça et là. Edouard anhéla mais la fraîcheur du souffle le soulagea. Son esprit de stabilisa sur fréquence audible, la télévision se ranima. Il s’empressa de l’éteindre en l’aspergeant de jus de jamalac contenu dans calebasse fixée à cet effet au flan du poste.

Dans la cuisine où s’affairait sa femme Marie, un tango argentin s’émoustillait sur fond de récurage. Edouard prit sa tête entre ses mains, la secoua énergiquement, tout rentra dans l’ordre. Petite, la poitrine évincée par un corsage à double tranchant et le visage balafré par un sourire pontifical, Marie parue dans l’entrebâillement de la porte. Restés seuls, le tango et les casseroles se turent.

-        Phil est mort, lança Edouard.

Marie ne souffla pas un mot, le verre de jaspe qu’elle tenait entre ses doigts glissa perfidement sur le parquet et se brisa en mille éclats. Ses joues halées par le soleil méditerranéen, se sillonnèrent de larmes moutonneuses. Un faible sanglot s’extirpa laborieusement de l’ouverture étriquée qui se formait entre ses lèvres. Edouard l’entoura de ses bras, le bloomer qu’il portait s’inonda de gouttes lacrymales. Le téléphone se mit en branle. Marie se glissa comme un serpent de l’étreinte d’Edouard, décrocha la partie supérieure qu’elle colla à son oreille.

-        C’est Alvès, dit Marie en tendant le combiné à Edouard.

Alvès, manager corrompu à l’allure mitoyenne falsifiée, drainait dans son sillage une horde de spéculateurs tout aussi corrosif que lui. Adepte notoire de la paradoxalité visqueuse, il s’attribuait des titres honorifiques savamment édulcorés. Investisseur acharné, il tirait les ficelles empoissées d’une majorité de chanteurs à la mode. Phil figurait à son tableau de chasse. Edouard et lui, bien qu’Alvès considérait leur relation incompatible avec le travail, étaient devenus de très bons amis.

Alvès fut bref au téléphone. Edouard devait se trouver le soir même à Londres pour une répétition, son contrat l’y contraignait. Edouard voulu protester, mais Alvarès raccrocha. Marie qui comprit, fit la valise qui se tenait prête pour le départ. Défait, Edouard baisa le front de sa femme, et disparut derrière la porte en cyclotron.

 
II.
 

L’aéroport, quoi qu’ayant pris la précaution de changer d’endroit de villégiature, était bondé comme tous les samedis. Aux multiples passerelles d’accès à la piste d’envol, se bousculaient des estivants rémunérés à dix euros de l’heure. Edouard se fraya un passage en se servant de sa valise comme d’une chasse pierre, défonçant immanquablement les faciès avoisinants. Et se portant tel un exocet, il franchit le sas d’entrée qui se referma instantanément sur lui, en écrabouillant au passage les doigts resquilleurs qui tentaient de le retenir. Edouard s’assit aux côtés d’une blonde dont les seins comprimés dans un bustier en cachemire synthétique, se balançaient à chacun de ses gloussements. Les recommandations d’usages effectuées, l’avion s’arracha fébrilement de la piste. Il était surchargé. Pour gagner de la vitesse, des troisièmes classes furent éjectées hors de l’appareil.

 
III.
 

Alvès, un verre de djinn paprika à la main savourait sa nouvelle victoire. Affublé d’un smoking Victoria, il déambulait parmi ses invités. Des poignés de mains fusaient de toute part. On l’embrassait, on le congratulait.

-        C’est bien de vous ce genre d’idée ! Lui dit une séduisante indonésienne aux mollets bien galbés.

Alvès le remercie, prit ses coordonnées pour les jours de lassitudes, puis se dirige promptement vers l’estrade dont il gravit les marches pour se placer face à un micro nacré. Les applaudissements fusent comme un envol d’étourneaux. Alvès leva les bras comme pour une procession ; le crépitement des mains cessa. Un écran géant s’illumina dans un « Oh ! » général…

-… Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour cette interruption momentanée de        votre programme, mais un fax parvenu à l’instant dans les bureaux de notre rédaction, nous apprend la mort du guitariste Edouard Philikat dans un accident d’avion…

L’image s’estompa, l’écran redevînt blême, Alès prit la parole :

- Voyez –vous, dit-il à l’assemblée silencieuse pour faire place aux nouveaux venus dans la grande famille du show- bise, il est nécessaire que tous ceux qui s’y trouvent déjà disparaissent… Ainsi et en accord avec les directeurs de production et les différents gouvernement concernés, il a été décrété que tout artiste ayant plus de cinq ans de carrière, soit purement et simplement éliminé. Depuis, cette mesure créée non seulement

 Des légendes, mais nécessite aussi des producteurs un investissement plus important qui trouvera à long terme son résultat positif…Pour terminer, afin qu’il ne soit demandé à personne des justificatifs, l’opération entamée depuis ce matin, n’accordera aux obligés qu’un trépas subit et violent, et sera désignée sous nom de code : « mort en courant d’air. »

L’assemblée se leva et les applaudissements fusèrent de toute la salle…

 
 
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 22 septembre 2006
Patiente
 
J’ai cette forfanterie d’excéder à foison
Les frêles facéties que je joue hors saison
De préférence à plume plutôt qu’en édredon
Mon égérie fatale Vigny était un ange
Baudelaire un démon et moi un pauvre son
D’une guitare impudique qui déraisonne en ré
Les violents sanglots aux pâleurs monotones
Des langueurs de l’automne aux Saturniens poèmes
Ta Bonne Chanson Verlaine me repose
 
Mon égérie patiente des délires hirsutes
D’un illuminé rhapsode martelant
Tes journées par de bien piètres émoluments
Pardonne ma fatigue et pose sur ton épaule
Ma tête échevelée mes fatigues d’apôtre
Qui ne sait que clamer qu’il te porte en son cœur.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 21 septembre 2006
Ineffaçables
 
J’ai passé des journées
A contempler tes yeux
A chercher le Néant
Dans des gouffres suspendus
De jardins exotiques
 
Mon âme a admiré
La saison des enfers
Illuminée des dieux
Aux arcanes plénières
De faux temples de marbre
 
J’ai foulé ton chemin
Aux traces enfoncées
De fers et de crottins
A monter puis descendre
Des pentes enneigées
 
A peu dire, les Anges
Déploieraient de leurs peines
Comme je déployais les miennes
A peu de lettres près
N’as-tu de mon image
Que la frêle épitoge
Qui tombe de la légende
Comme une plate dulie
 
O fatigues vénielles

Qui m’emportez vaillant

A quitter le réel
J’ai l’affres et le tourment
La quiétude est trop sage
Pour corrompre l’élément
Seul le spectacle compte
Pour qu’il puisse amuser
Ars longa vita brevis
 
A vérité naïve
S’ajoute le calomel
Vendangé en secret
Absorbé sans retenu
Inhaler somnambule
De singuliers frissons
Pleurant les yeux crevés
De peines artificielles
J’ai le songe insondable
Qui m’aspire incessant
 
O vois-tu mort certaine
J’assure sûre venue
Ta providence factieuse
De cactus respecté
Tu pique et me déchire
Sans m’offrir de repos
 
Jamais n’aurai de cesse
De t’attendre au passage
Ton galop effréné
M’enlèvera dans l’âge
Et d’un homme ignoré
Je passerai posthume
Sans être regretté
A ne connaître rien
De ses propres passions
J’ignore ma détresse
En de simples émotions
 
J’ai l’infini repos
Qui me ronge d’horreur
D’un bouquet composé
En azalées sauvages
Sur les pentes neigeuses
Où l’herbe transparente
Se hérisse de l’absence
D’hypostase contre sens
Le poison se consomme
Comme Jasons la toison
Conquérant s’enveloppa
 
Crois-moi farce misère
J’ai jonché mon cratère
De mille et cent facettes
Protégeant mon affect
Des cribles répétés
De l’infidèle réel
Pestilent et absurde
Qui retient de l’image
Les contours vaporeux
Elimants et despotes
Qui retient de l’image
Les contours vaporeux
Elimants et despotes
De marges délirantes
 
Voilà qui me tourmente bien
De nourrir en mon sein
Les peurs pathologiques
De perdre ton repère
De n’en trouver aucun
Une forêt de symboles
M’éloigne du concret
Et mon libidineux
Espoir se retourne
Scorpion suicidaire
Mélancolique refuge
Aux astreintes du temps
Qui dans le quotidien
M’arrache l’imaginaire
Comme une dent malsaine
Qui pourrait provoquer
L’infection douloureuse
 
Où es-tu égérie
Préférence de mon âme
Dans l’état de torpeur
Toi seul me rassures
Affecté de l’errance
J’ai parole promise
A mon comble d’ego
L’autrui me contrevient
Ses détestables marques
Blêmissent mes adresses
 
Dans mes nuits Paraboles
L’inconscient cécité
S’octroie toutes mes folies
Persona détournée
Totalement détruite
Erasmus de Folie
Elogieuse et glorieuse
Attaque ma poésie
D’où jaillissent des mots
En traces ineffaçables
 
 
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 20 septembre 2006
Transparence
 

Aujourd’hui le décret est passé ! Et croyez le moi ou non je ne suis pas le seul à penser que de plus en plus on vise à restreindre nos libertés : si je pense encore néanmoins !

Cela fait dix ans déjà que les premiers décrets d’atteinte à nos libertés individuelles ont frappé notre pays.

2007 : première loi obligeant les constructeurs en bâtiments d’édifices publics à édifier plus des trois quart d’un ouvrage en matière transparente.

2009 : extension de cette loi aux constructions particulières ou collectives

2010 : réduction de l’espace opaque pour les édifices publics.

2011 : Réduction des espaces intimes des bâtisses individuelles et collectives. Seuls toilettes et salles de bains restent lieux intimes car le passage de chacun ne s’y fait que brièvement quelques fois par jour.

2013 : des statistiques prouvent que de plus en plus la population, s’accorde à la salle de bain et aux toilettes, un temps plus long et croissant chaque année. Mais n’est-ce pas normal ? Seuls endroits où une certaine intimité et liberté de penser sont permises puisqu’elles échappent à l’observation collective. Seules les salles de bains seront désormais rendues transparentes.

2014 : extension du décret de 2013 aux toilettes privés et publiques.

2017 : ce matin un nouveau décret a été adopté. Pour éviter toutes pensées obséquieuses, chaque habitant ainsi que les nouveau-nés présents et à venir, devront obligatoirement se faire greffer une boîte craniène transparente puisqu’aujourd’hui toute impulsion cérébrale peut être mesurée rapidement et facilement puis déchiffrer par la police munie de micro- processeurs détecteurs de mauvaises pensées pour pouvoir aussitôt les éradiquer. Quant aux bonnes pensées, elles seront répertoriées dans une banque de données qui rejoindra l’ensemble des considérations positives jugées bonnes pour enrichir la démocratie artificielle ainsi nommée. Si avant personne ne pouvait être moi, aujourd’hui ce principe est éculé : tout un chacun peut être moi et vis versa. On parle, dans un proche avenir, de rendre transparent les appareils génitaux afin de contrôler le bon et le mauvais bien avant la naissance. Mais qui décidera du bon ou du mauvais si ce n’est notre bonne démocratie artificielle qui s’alimente de pensées enrichissantes collectées de jour en jour. Ainsi tout humeur sera bonne autant pour l’individu que pour les autres individus : quelles perspectives réjouissantes. Louons notre bonne et vieille démocratie qui chaque jour nous empreint dans ce moule de transparence.

 
 
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 20 septembre 2006
Dichotomie
 
Je ne trouve dans les mots
Que quelque soulagement fugace
Qui ne comble si peu
L’entendement de mes affres
 
Dichotomie d’amour
Son ici pour parler
Ne se sauvant souvent
Pour préserver la fuite
Tout se mélange en vain
De l’angoisse d’anxiété
Images du passé
Du présent au futur
N’aiguisent que les choix
Des doubles attirances
 
Quand la peur à son cou
Se tend et pend sa corde
J’aimerais pouvoir dire
Le moindre de ces maux
Sur la plage qui d’ailleurs
Signe son caractère
 
Je décèlerai les mots
Quitte à les inventer
Pour déjouer les rires
De l’ignorance mesquine
Qui te gueule sale pédé
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 19 septembre 2006
Quand tu seras partie
 
Quand tu seras partie
Je me ferai soleil
De pluie ou bien de vent
Pour caresser encore
L’absence de ton corps
 
Quand tu seras partie
J’irai à la terrasse
D’un café fréquenté
Ecrasé de chaleur
Et baigné de stupeur
 
Quand tu seras partie
Je viderai mon cartable
Etalant sur ma table
Toutes mes poésies
O chagrins ennemis
 
Quand tu seras partie
Sans cesser jours et nuits
J’écouterai du Bach
Du Mozart du Verdi
Graciles mélodies
 
Quand tu seras partie
J’écrirai plus encore
De long vers fougueux
Pour trépasser le vide
Et éviter son poids
 
Quand tu seras partie
Diathèse nous frappera
Toi aussi comme moi
 Tu parleras au ciel
Qu’il prenne soin de moi
 
Quand tu seras partie
Le monde tournera
Et j’irai à l’envers
Pour retrouver nos joies
D’indicibles délices
 
Quand tu seras partie
J ’humerai du Kenzo
Volatile fragrance
Qui tournera mes sens
D’agréables pensées
 
Quand tu seras partie
En délires monologues
Je me moquerai de toi
De ton âge avancé
Tes quarante ans passés
 
Quand tu seras partie
J’irai par les chemins
En cherchant à croiser
Quelques beaux équidés
Etalons ou juments
 
Quand tu seras partie
Je chercherai la neige
Et dévalerai speedement
Les pentes verglacées
Sur des skis bouts rimés
 
Quand tu seras partie
J’apprendrai de travers
Quelques bons mots anglais
Qui te feront bien rire
Tant ils seront écorchés
 
Quand tu seras partie
Je les verrai pousser
En pensées tes enfants
En vérité les miens
Et puis devenir grands
 
Quand tu seras partie
Je chanterai introït
Orémus et Sanctus
En grégorien scandé
Monacale de quiétude
 
Quand tu seras partie
Je poserai mes mains
Sur mes deux fesses jeans
En revoyant les tiennes
Amusées s’y coller
 
Quand tu seras partie
Je mangerai des sandwiches
Au fromage crudité
Dont le goût si proustien
Ravivera le passé
 
Quand tu seras partie
Les quand se passeront
Du participe partie
Avec tu seras
Suivi de revenue
 
Quand tu seras partie
Un réconfort sourire
Dans l’attente longanime
Trouvera la promesse
Du regain présagé.
 
 
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 19 septembre 2006
Transparences
 
Plus merveilleux encore
Je voudrais les écrire
Plonger jusqu’à l’aurore
Au souffle du zéphyr
 
Les composer pour toi
Comme un épitomé
Ruisselant de sueur
A l’ouvrage achevé
 
Il en fera pâlir
Les songes des génies
Pleurer les chérubins
Et se damner les saints
 
Je peindrai des blasons
Aux parties de ton corps
Pour les fixer aux dais
Du ciel en place d’étoiles
 
Leur lumière dans la nuit
Confondra le soleil
Et la nature voilée
S’éveillera stupéfiée
Je t’inventerai des mots
De floconneux vocables
Qui murmureront semées
Les douceurs de ton nom
 
Il caressera les vents
Dans leur souffle insensible
N’écoutant plus Eole
Ils se prosterneront
 
Pour d’autres transparences
Je pâmerai ton cœur
Pour qu’à jamais demeure
L’hymne de mon amour
 
Au sentier des mystères
De l’insondable vie
Je laisserai ton empreinte
Comme testament Passion
 
Et pourtant tu t’en vas
Pourquoi la poésie
Fait-elle fuir l’amour
Alors qu’elle voulait
Pour toi le célébrer.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 18 septembre 2006
Capitaine
 
Capitaine au long cours
Tu embarques chaque jour
Sur ton vaisseau vermeil
Qui t’éloigne de moi
Et t’emporte fidèle
Vers tes sages desseins
 
Que ne suis-je le mousse
Le marin quartier maître
Pour hisser avec toi
La grande voile le hunier
Le perroquet de fougue
Qui agite mes bras
De ne voir l’horizon
Ton navire toucher terre
 
Je guette de la terre
Les vagues floconneuses
A craindre chaque jour
Creux hideux déferlantes
Qui briseraient l’élan
De ta fière présence
 
Le regard tuméfié
De lacrymaux hublots
Moirant dans l’amertume
Une coque rompue
D’un désastreux naufrage
A la grâce divine
 
J’exècre les cimetières
Où de noirâtres plaques
Aux tombeaux esseulés
Rappellent en instances
D’impitoyables sentences
A disparu en mer
 
Je redoute j’abhorre
Cette funeste idée
D’abliers remontés
Vides abandonnés
Une chaloupe veule
De l’équipage perdu
 
Capitaine valeureux
Qui refuse de quitter
Sa carcasse fumante
Sur le point de sombrer
Je hisse sur la dune
Une oriflamme pourpre
En embrase un bûcher
Aux mille feux ardents
 
Je confère aux bourrasques
Mes confinés secrets
Du haut de la falaise
J’époumone ma rage
De n’être sur le pont
Avec toi capitaine.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 17 septembre 2006
Le missel
 
I.
 

L’autre jour en remontant de Mulhouse par la voie rapide, alors que j’allais emprunter la sortie 7, voilà que j’aperçois nom de nom une voiture avec les feux de détresse en plein dans la bretelle. Je me rapproche en ralentissant et une petite vieille sort de la voiture et me fait signe. Moi, bon enfant, je ralentis à mort et je me gare devant. Je baisse la vitre passager, la vieille arrive. Je coupe l’auto- radio sinon la vieille mémé je ne vais rien comprendre. La pluie commença à battre son plein et la vieille se rapprocha à pas plus leste.

-Bonjour Monsieur ! Dit-elle d’une voix chevrotante. Je suis en panne

Ça, je l’avais remarqué que je me pense.

-Auriez-vous l’amabilité de me conduire à mon garage qui se trouve non loin d’ici ? demande-t-elle ?

Elle a de la chance parce que je ne suis pas spécialement pressé. Allez j’ouvre la porte ; elle monte et me décoche un large sourire de remerciement.

-Oh que vous êtes fort sympathique, qu’elle me dit amicalement. Tous les gens ne sont plus pareil aujourd’hui qu ‘elle reprend.

Tu m’étonnes que je me dis avec tout ce qu’on voit et qu’on entend…Même les vieux parfois s’y mettent.

La vieille ouvre la porte et prend place précautionneusement puis referme la portière…

-        Ah quel garage je vous conduis madame ? Que je demande ?

-        Celui de Pulversheim ; c’est mon garagiste !

-        D’accord je fais de la tête ; de toute façon, ce n’est pas très loin ! Tant pis j’aurais préféré véhiculer une belle fille mais enfin !!! Je redémarre et me voilà lancer sur l’asphalte. Mémé n’arrête pas de causer ; je l’écoute par courtoisie tout en gardant un œil vigilant sur la route.Je ne comprends pas tout mais c’est surtout des bondieuseries.

Les quelques kilomètres sont vites avalés ; et c’est bizarre mon pieds soudain avait une pesanteur inhabituelle sur l’accélérateur… Je m’arrête devant le garage, de la chance sur le bon côté » de ma route.

-        Tenez ! Me dit la vieille, en me tendant quelques pièces.

-        Non madame ! que je réplique…J’aurais l’air de quoi. Ce fut un plaisir de vous rendre ce service que j’avançais. Oh ! Répond-elle, que Dieu vous bénisse que reprend la petite vieille.

Elle sort et se dirige vers la porte d’entrée du garage. Je n’attends pas ; même pour savoir si c’est ouvert. Allez je ne traîne pas, je repars, on m’attend.

 
II
 

Ce matin je me suis levé de poil mal rasé. J’ai passé une nuit horrible. J’ai cauchemardé sur la vieille que j’avais dépanné y a deux jours. Délirant onirisme : la vieille me jetait des pelletées de terre sur le visage alors que j’étais allongé dans un trou : une tombe quoi ; mais pas de cercueil. Je la voyais se marrer et réciter des paters noster et autres imbécillités. Putain va rendre service ! Je n’arrivais pas à me rendormir.

Je saute du lit et vais faire quelques ablutions réveille matin. Deux trois aspersions d’eau de toilette et après deux rincées d’eau. Parfais ! Je me rase pas ce matin ce n’est pas dimanche.

A la cuisine j’avale un bob café serré en grignotant un genre de barre aux céréales recomposés tout en fumant ma première cigarette. Elle va me calmer celle-là c’est sûr. Mais c’est la seule qui reste dans le paquet et chiotte… Ensuite je m’habille aussi sec, futal, tee-shirt, sweater et pompes. Je dévale les escaliers qui s’écroulent sous mon poids léger mais dynamique. Zut ! Les clés, je remonte, plus de souffle vacherie de clope…

Cette fois c’est la bonne, j’ouvre la portière et m’installe. Je rapproche le siège ; Coraline ma copine m’a emprunté la tire hier. Tiens ! Qu’est-ce que c’est que ce truc sous le siège passager ? Je me baisse et extirpe du dessous un petit bouquin tout miteux : un missel, avec dedans plein de petits papiers. Mince ! La vieille ! Elle a perdu son machin à prières ; elle doit plus en dormir que je me dis en me marrant intérieurement. Je jette le livre sur la banquette arrière et cherche des cigarettes à la gare ; à cette heure c’est déjà ouvert.

 
II.
 

Retour à la maison, salon, pieds sur la table basse, un peu de Burrell en sourdine, huit heures trente. Troisième kawa et autre clope, je fume trop, à côté de moi ce foutu bouquin. Je regarde un peu : ils ont même pas été foutu de rajeunir les textes comme d’autres livres revus et augmentés que je me pense… Toujours autant de niaiseries. Bon ! C’est pas le tout mais la vieille je ne sais même pas où elle crèche ! Qu’est-ce que je vais faire de ce truc ? Mais j’suis stupide que je me dis : le garage ! Je ne traîne pas un plus long instant et me r’voilà dans l’escalier qui à mon approche tremble déjà.

En voiture, quelques bornes, cent trente j’ai pas de temps à perdre. Descente vite fait, j’arrive au comptoir, personne. J’attends, j’appelle, une forme pleine de cambouis se déplace dans l’atelier : le patron ? Oui sûrement vu la tête :

-        c’est pour quoi ? Qu’il me lance sans ambages ?

-     &