Vendredi 15 septembre 2006
Mixtion
 
A trop se retenir
Jeune fille devient vieille
Et l’homme vigoureux
Se dessèche au soleil
Que diantre le mépris
D’angéliques échelles
Qui conduiront au ciel
Existes-tu vraiment
Toi Jardin de l’Eden
La farce est teinte oblique
D’une cruauté navrante
Faire croire toute une vie
Qu’on vivra mieux après
Mon cœur ne se console
D’aucune pieuse parole
Mais d’Amours impossibles
Comme un nez de travers
 
Les heures ont beau gagner
Leur dernière demeure
Les hallucinations
Se courbent en échine
Le délice de la chair
Au toucher se consume
S’évapore en nuées
D’un delirium athée
 
Ma lanterne n’éclaire
Pas même un vrai talent
Mon falot est inique
Torturé à l’horreur
L’Enfer de la fraîcheur
Enflamme le paradis
Qu’est-ce dire délétère
De mon ancienne race
Celle qui au fer rougi
A estampé sa marque
Sous ma torture courbée
A vous porter fantasmes
Je déclare le droit
D’éclater son carcan
De rendre aphone la voix
Qui vous dis toujours NON
 
La houri infernale
Haleine en souffle court
La houri infernale
Haleine en souffle court
Elle indure les caresses
Concert de confidences
En feignant l’apparence
De la délicatesse
 
Ne te laisse pas duper
O vigoureux mortel
Ta vie est savoureuse
Et non difformité
A croire leur propos
La cruauté du monde
Empoisonne ta vie
D’une morsure cruelle
 
Ignore l’impondérable
Idolâtrie du lit
Surtout de la luxure
Du vice à la paresse
Dieu sait pourtant que j’aime ça
Les draps moitiés baissés
Conservent la trace chaude
De ton corps assouvi
Soulageons nos transports
En reprenant la pose
 
L’infernal seigneur
L’épousé compagnon
L’ébène de grimaces
Détenteur de l’aimée
Mon exaltante passion
A rendu dérisoire
Mon amour figé
En pleine possession
A écrire la nuit
L’inexprimable envie
Le fantôme conjoint
Me délivre en maudit
Qu’as-tu donc à attendre
Assis les bras croisés
Les jambes recroquevillées
Comme une âme épleurée
Devant ma porte fermée
La place est occupée
Tu n’as qu’à retourner
Je ne suis plus parole
Sinon qu’avec les yeux
Et l’impuissance me fond
Dans le sol pavé
Mon compagnon d’enfer
Mon double de misère
Voudrait briser la porte
La herse contre Amour
Il n’a de ses vingt ans
Que la témérité
D’un diamant enchâssé
Sur un métal
Sur un métal meurtri
 
A fourbir le mal
D’une possession morale
A guetter le matin
A veiller dans la nuit
Le gardien du trésor
Finira par dormir
Je pleure mendiant poète
Les odeurs de l’attente
Du désespoir dépit
Subtiliser sa place
Me glisser dans ton lit
 
Cesse donc tes auspices
Demeure affecté
Ton Eden fallacieux
Ton attente irréelle
Elle ne sera pour toi
Voyageur aux pieds lune
D’un rayon blanc nacré
Blottis donc tes frayeurs
Contre à son sein argenté
 
Que d’éphémères instants
Pas plus gros qu’une prunelle
A l’ombre rousse dormante
Les cascades de sanglots
Se contentent en saccades
O aimante brûlante
Tu parsèmes d’étoiles
Mes rêves en bohème
 
Tu conquérir un jour
T’enlever au suprême
T’enlacer philosophe
Souviens-toi d’autrefois
De mon cœur en effroi
De mes yeux dévorés
Des espérances fièvres
Chaque instant accordé
Est une manne suprême
 
Je te prendrai la main
Nous ferons quelques pas
Nous gravirons la pente
Qui conduit au rocher
Où de l’onde impétrante
Nos amours sont d’honneur
Mais un écho de rire
Me transperce le flanc
« Jamais tu ne l’auras »
 
Nous baignons tout nos sens
De silences liquides
Les bulles s’entremêlent
Nos doigts fébriles s’étreignent
Nos langues notre salive
Intimement composent
En mille fleurs rares
Un Nectar d’Ambroisie
 
Ma folie est latente
Ma misère d’absence
Jamais plus je n’aurai
La Mort à mes côtés
La mixtion de l’intime
M’insufflera la vie.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Jeudi 14 septembre 2006

Les terrasses du Liban
 
Fil de fer armature
Les terrasses du Liban
Se rappellent de la guerre
Ses luttes entres frères
Que des courants différents
 
Fil de fer armature
Les terrasses du Liban
Voient jouer des enfants
Que plus rien n’indiffère
Les mortiers ont craché
Les fleurs se sont tuées
Le soleil assombri
A chacun son abri
Il suffit d’une bougie
Et Hélios reparaît
On enterre les fusils
Et on déclare la paix
 
Fil de fer armature
Les terrasses du liban
Voient jouer les enfants
Les cèdres tant bénis
Regagnent leurs origines
Et les hommes ravis
Tentent en levant la tête
Mais sans un oubli
Le regard en arrière
De reprendre la vie
 
File de fer armature
Les terrasses du Liban
Coulent en rivière
De ceux dont le cœur dit
Les amandes sont amères
Le vent doit les mûrir
La passion s ‘amplifie
L’amour vigne foulée
De la treille jaillit
Les amants qui s’unissent
 
Fil de fer armature
Les terrasses du Liban
Pourront après l’enfer
Redonner à la vie
Un monde qui se dresse
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Mercredi 13 septembre 2006
Réconfort
 
Le temps n’affectionne guère
Que je lui prenne ses gages
Et pourtant j’aspire au repos
Où plus rien n’irait vite
Et pourtant j’aspire au repos
Où tout irait au rythme
De mes propres saisons
A force de penser aux sources
Je tarirai mes peines
Et ce jour là s’éteindra
Le soleil de mes yeux
J’ai la couleur du portrait
Qui vogue dans mon âme
Où les étrangers finissent
Par me tromper de route
L’oiseau perdu devient solitaire
A merveille raison de se taire
Au chant radieux de l’échine
Du pays prodigieux de mes rimes
Je plonge sans cesse dans ton regard
Sur tes sourires aux lèvres
Qui trônent au miroir
De mon apogée tendresse
 
Aujourd’hui je m’avance
En foulant les herbes célestes
Qui drues s’élancent
Vers ton réconfort dompteur
Domotique me favorise
Que l’inégal silence
Qui dure en ton absence
Et roule ma peine
Dans les traces de ton corps
Sans mot dire à périr
Ni battements de cils
Ni frémissements de lèvres
N’accordent à ma main
Le trouble qui confus
Agrippe le teint de l’air
Tout va si vite
Et sans toi je m’essouffle
A être sans rubis
Une pierre précieuse
Atrabile faction
Dis-moi qu’au fort
De mon humble sommeil
Le songe gouvernail
Conduira mon sampan
Vers ton retour à venir
J’ai les mains au toucher
Qui s’écorchent aux bruits
Et la mémoire voleuse
De tes doux réconforts
Lénifiant ma détresse.
 
 
 
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Mercredi 13 septembre 2006
Immortelle renommée
 
Songe donc à cet oubli
Qui voudrait retenir
Ton âme gorgée de vie
Plonger dans le fleuve d’or
Où les passions armées
S’infiltrent en flocons
Dans les bâillements légers
De ton corsage défait
 
J’aurais voulu encore
Te dire mon aptitude
Qui capturera ton souffle
Entre tes bras ailés
Mais la vie en tumulte
Reprend en vive course
Les captives passions
 
Je sais qu’un jour viendra
Où le repos serein
Pourra mes pas stopper
Et à tes pieds poser
Mon cœur et ma raison
Mais jusque là ma douce
Il me faut avancer
Sans oublier furieuses
Les parcelles vivaces
D’accrocheuses démentes
 
Jamais dans mon sommeil
Ni dans ma double instance
Ne s’effacent les gestes
Qui m’ont donnés à toi
 
La fatigue et l’ardeur
Apprennent à s’aimer
A tisser minutieuses
Les toiles incurvées
Qui forment insolubles
Les serments unifiés
 
A force de tomber
Sur mes genoux blessés
Le sang coule néant
D’écarlate effarement
Jamais je n’oublierai
Ni les vastes horizons
Ni la baie de Rio
Pas plus que le triangle
Du delta du Nil
Qui se sont découverts
A mes rêves fragiles
 
L’exil de la tendresse
Et de l’impossibilité
Me conduira inique
A déterminer les heures
Qu’il me reste à compter
Sans pouvoir m’asseoir
Plusieurs fois à ta place
Et vivre sans défendre
L’impossible choix fixé
 
L’haquenée harnaché
Jamais ne me mènera
En détroits des torpeurs
Du quotidien haï
Cabotin vagabond
Au noir tableau scolaire
Mon aquilon frileux
Détruira ma cervelle
Qu’engloutira le temps
 
A prôner les couleurs
Les odeurs impalpables
J’ai confirmé mes sens
D’une douleur infecte
Qui dévore mon esprit
Comme un rongeur cyclique
 
Si je n’ai plus qu’un songe
Ce sera ton image
Si je n’ai plus qu’un souffle
Ce sera de ta bouche
Si je n’ai plus de vie
Ce sera pour la tienne
Car ma mémoire féconde
Ecarte les poisons
Qui conduisent à l’enfer
Perversifier mon âme
Pour enfermer mon âme
Pour enfermer l’écume
De mes brèves impressions
Nymphes de Nysa
Prenez soin de Bacchus
Dionysos enfant
Aux cheveux abondants
 
Donnez-moi la boisson
Le breuvage de l’humeur
Qui emplira ma vie
A l’heure de l’affection
Loin de toutes les ombres
 
 
A quoi sert d’exprimer
La lumière mortuaire
Quand l’abandon déteste
Sa compagne et geint
De sa trace impuissante
A manquer le destin
 
Jamais je n’ai aimé
Aussi fort que toi
Et d’écrire élogieux
Aux dieux des immortels
Pour qu’un sourire bleu
De faïence japonaise
M’accordât bien enfin
Ton amour d’ébène.
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Mardi 12 septembre 2006
La constellation
 
I.
 

Samedi soir Joachim est venu me voir tout excité, il venait de s’acheter une lunette astronomique pour scruter les constellations incommensurables de notre univers…

-        Viens ! Qu’il me dit en me tirant par le bras ? Il faut que tu la voies ! Elle est tout simplement géniale !

Bon gré mal gré j’acquiesce et nous voilà cahin- caha sur le trottoir en train de filer à l ‘appart de Joachim. La nuit est claire et le ciel constellé de ces étoiles que Joachim vénère au plus haut degré…

-        Tu sais, il me dit soudain, avec ce machin on peut voir loin.. Vénus, Saturne… C’est super bat.

-        Ouais, ouais que je réponds un peu désabusé parce que moi l’univers se restreint à mes bouquins, la clope et la musique…Mais ne croyez pas que je m’y retranche…

Nous croisons une très belle jeune fille qui d’un déhanchement gracieux nous lance un radieux sourire. Joachim ne capte rien tant il est absorbé par ses étoiles ; moi je rends le sourire et la salue d’un «  bonsoir » obligeant. Elle me répond d’une voix suave – s’il n’y avait pas eu cet imbécile de Joachim qui me tirait par la manche…- j’aurais volontiers entamé la discussion loll. ; mais là pas question…Je ne peux que le regretter…

Heureusement Joachim ne crèche pas trop loin de chez-moi et au bout d’un quart d’heure nous atteignons notre but.

Les escaliers sont toujours aussi sombres et étroits ; La lumière ne fonctionne pas. , C’est à tâtons qu’on gravit les degrés craquants sous nos pas appesantis.

 

Joachim ouvre la porte qui n’est pas verrouillée ; il y a du monde chez lui : probablement des caves comme moi. Ben oui, j’ai raison il a réussi à convaincre Vierleux, Pélanie et Phil de se joindre à sa cérémonie d’intronisation stellaire. Je salue tout le monde et plus particulièrement Pélanie que j’adore…

Vierleux comme d’habitude est rincé jusqu’à la glotte mais le bougre, il tient toujours bien la barre ! Phil lui, un collègue, est plongé dans le manuel d’installation de la lunette et il me voit à peine. Je ne lui en veux pas, c’est tout lui… Devant la fenêtre ouverte au ciel étoilé se tient sur son trépieds en bois une belle et imposante lunette, au cylindre blanc, pointé vers je ne sais quelle constellation. Joachim ne tient pas en place ; il me prend presque la main ou diarit-on mieux la tête. Je dois me pencher, coller l’œil sur la lentille et admirer quelque astre agrandis à mes yeux. Ca me barbe un peu mais je ne veux pas le vexer. Je reste collé là quelques instants puis relève la tête.

-        Oui c’est joli que je dis en néophyte.

-        - Jolie ? Qu’il s’exclame ! C’est purement fantastique rajoute-t-il grandiloquent. A moi les secrets de l’univers…dit-il d’un ton jouissif.

-        L’univers ? … Que je réponds dubitatif c’est un peu exagéré ? Non ?

Joachim me regarde d’un œil sombre ; moi qui n’adhère pas sans commune mesure à son enthousiasme effréné. Bon ! Je n’insiste pas et son regard s’apaise et il vient à son tour coller son œil sur la lunette. Je le laisse à son délire. Moi je prends place à côté de Pélanie et de Vierleux qui, comme moi, semble se raser un peu…Mais que ferions-nous pas pour être agréable à notre ami.

-        C’est pas mon truc ce bidule ! Chuchote Pélanie ; je préfererais plutôt mater un dvd bien gore qu’elle rajoute.

-        Moi non plus, je lui glisse à l’oreille ; mais c’est l’occasion de se retrouver ! Non ?

 

Pélanie sourit avec grâce tandis que Vierleux lui, s’est cherché une bière dans le réfrigérateur ? Alors que nous allions entamer une discussion, Joachim bondit d’un seul homme en criant presque :

-Eh ! Venez-vite ! J’ai capté quelque chose de super, d’inconnu… Il halète tellement il est excité. 

Il se dirige vers nous, nous extrait illico de nos fauteuils, il faut que l’on vienne voir et tout de suite.

C’est avec mauvaise grâce que je me lève et vais coller mon œil au télescope…
Mais je ne vois rien c’est flou et noir ; mais faux-cul je relève la tête et lui dit :

-        Oh oui ! C’est formidable !

-        N’importe quoi ! Dit avec véhémence Joachim ! C’est pas formidable. C’est étonnant voire catastrophique le grand chariot n’est plus là…

Je ne sais même pas ce qu’est le « grand chariot » ! Je le regarde bêtement et interrogateur.

-        Il devrait être à ce degré de latitude à cette heure et il n’y est pas !!!

Son visage s’assombrit ; il recolle son œil sur la lunette de rechef, relève la tête à la fois dubitatif et affolé…

 
II.
 

Le Grand Chariot a disparu…En voilà une nouvelle bouleversante pour Joachim. Nous trois on reste pantois. Que lui dire ? On n’y connaît rien. Mais nous ne voulons, du moins Pélanie et moi, rassurant parce qu’il est tout abattu. Seul Phil, qui a enfin extrait ses yeux de la notice, se dirige vers la lunette et constate lui aussi cette étonnante disparition. Il se gratte la tête.

-        C’est surprenant ! Qu’il marmonne !

Il recule d’un pas, juge si la lunette est bien pointée dans la bonne direction, tourne autour de l’engin ; je reconnais bien la le scientifique…

-        Passe-moi ton bouquin d’astro. Demande soudain Phil à l’adresse de Joachim qui s’empresse d’aller le tirer d’une rangée d’ouvrages hétéroclites.

Tous deux ouvrent un gros livre tout illustré et se penchent apparemment sur une carte du ciel…

Cela dure quelques moments ; visages crispés puis détendus, crispés à nouveau, grimaces, échange de propos incohérents pour nous. Que cela signifie-t-il ? Phil soudain lance :

-        C’est tout de même embêtant ! Qu’il dit d’un ton quelque peu circonspect !

Joachim acquiesce et moi de questionner :

-        Et en quoi ? C’est embêtant ? Que j’ose timidement !

-        Tu te rends pas compte ! Crie presque Joachim outré ! S’il n’y a plus de grand-chariot, le soleil ne peut pas se lever demain !!!

-        Alors là je reste ahuri, planté ballot. Quel rapport entre ces étoiles et le soleil ? Et pourquoi ? J’interroge tout aussi naïvement ?

-        Parce que c’est le Grand Chariot que Zeus conduit pour conduire Hélios au travers du ciel pour qu’il se lève sur la terre ! Reprend frénétiquement Joachim.

Je suis septique… Tout ça c’est de la mythologie que je me pense ; et de plus je ne suis même pas sûr que c’est exact. Je regarde Joachim et Phil un peu goguenard, me gratte le menton, jette un œil sur Pélanie qui se retient-elle aussi pour ne pas pouffer de rire.

-        Eh les gars ! Que je demande vous délirez là ? Vous n’êtes pas sérieux ???

-        On ne peut plus sérieux… Pose calmement Phil cette phrase dans la conversation.

Là je commence à m’inquiéter parce que Phil il débloque parfois mais pas sur ce qui est scientifique… Enfin quand ça doit l’être…

-        Et alors ? Que j’insiste ! En quoi cela pose problème ?

-        Un problème ? Hurle quasi Joachim ! Un problème ! C’est une CATASTROPHE !!!

J’ai pas le temps de lui dire de ne pas crier qu’il poursuit :

-        Pas d’Hélios, pas de lumière…Le froid… La fin de la vie…La fin du monde.

Cette fois-ci Pélanie rigole à pleins poumons ; ce qui a pour effet de tirer Vierleux de sa cannette.

Phil et Joachim la regardent ou plutôt la fusille du regard. Elle comprend vite et étouffe ses rires dans un coussin. Moi, je reste bouche-bée…Ils vont ameuter l’immeuble…Les flics…Les réprimandes… C’est vrai je ne suis pas courageux…

-        Et qu’est-ce qu’on peut faire ? Que je glisse calmement.

-        Rien ! Répond Phil un peu plus calme…Rien si ce n’est que prier…

-        Mais moi je prie jamais que je dis, je suis athée, voire apostasique.

-        C’est une façon de parler que rétorque Joachim. Faut qu’on observe, calcul, patiente et comprenne, qu’il enchaîne à la suite sans reprendre son souffle…

 
III.
 

Une petite heure s’est ainsi écoulée durant laquelle nos deux astronomes délibèrent, évaluent, projettent, s’acharnent en des considérations de scénarii catastrophes. Que va-t-il advenir de notre belle société où tout est si bien organisé, rangé moulé ? Société ? Oui ; tu parles ! Système aléatoire que je pense moi, où tout étant sans cesse remis en cause, dysfonctionnement un max. Mais ça je me le pense en moi, même si j’en glisse une ou deux bribes par-ci par-là. Pélanie elle, elle s’est endormie et Vierleux lui, continue de picoler en marmonnant allègrement…

Au bout d’un moment j’interroge Phil qui semble apaisé :

-        Tu sais la mythologie c’est une chose ; mais la réalité en est une autre !

Phil se gratte la tête et engage les mots hors de sa bouche :

-        Peut-être mais de « tous temps » les hommes… Là je l’arrête parce que « de tous temps »me semble incongru.

-        «  De touts temps », ça ne veut pas dire grand chose que je dis. Le passé n’existe que dans le présent comme le futur ! Et qu’une constellation ait disparue n’empêchera pas «  hélios » le soleil si tu veux, de se lever sur une nouvelle vacherie de fois sur une société rongée par le chancre de l’Absolu. Phil ne sort pas un mot alors je conclue :

-        Tu sais Phil ! Moi je m’en tape si le soleil ne se lève pas…J’en serais plutôt ravi : enfin la paix ! Et je ne peux m’empêcher de me rappeler Ravage de Barjavel.

-        De toute façon, je reprends, croire en toutes ces fadaises c’est démontrer que finalement nous n’avons guère évolué malgré tout notre scientisme….

Phil sort de son hébétude

-        Mais la société est tellement en progrès, tellement si parfaite…

-        Tu le pense vraiment que je l’interromps !

-        Bon peut-être pas sur tout ; mais pour les sciences…. Qu’il rajoute !

-        Arrête ce déterminisme que je dis. On n’a jamais été aussi décadent. Et de plus vous deux là, si pointus dans les sciences vous croyez encore à la mythologie… Moi je ne lui accorde que du néo- obscurantisme… Malgré tout votre savoir, ce qui vous est inexplicable, vous le placez sous des augures, bonnes ou mauvaises, rétroactives.

Joachim intervînt alors :

-        Oui mais scientifiquement…

-        Arrête ! Je dis tout de suite…Tu vois où ça nous conduit la science ! Regarde autour de toi ! Regarde ! Que je réitère !

Il baisse la tête ; Phil songe et dit :

-        De toute façon on peut rien y faire.

Je me lève alors agacé par tant d’absurdités et m’approche de la fenêtre. Je vais m’accouder au rebord quand mon regard est attiré par un éclat lumineux provenant du sol. Je baisse la tête…Je me baisse entier…Une grosse lentille de verre gît à terre… C’eût été si bon de pouvoir enfin dormir en paix…
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Lundi 11 septembre 2006
Sommeil
 
Le sommeil n’est plus
Qu’une vaste forfanterie
A perdre tant d’années
A perdre tant de vie
 
Mon attente est cruciale
Pour l’amour et l’envie
De parcourir cent fois
Le chemin détrempé
Où se perd un passé
Stérile de vérité
Les rattraper peut-être
Le goût serait amer
Laisse le s’en aller
J’ai la conscience pleine
D’images incertaines
Ma certitude première
Ma certitude plénière
Est de finir sous terre
Voyager par le monde
Des héliotropes vastes
Mes semelles allégées
De la poussière du vent
 
Trouver dans ma mémoire
Les transports assurés
Aimer plus que raison
L’autre qui sommeille
Aux jours des raisons
Mes ailes sont déployées
Mais je reste lourd au sol
Se retrouver sans doute
Un peu vieilli tout de même
Je l’aimerai si bien
Inscrite dans ma lune
Et les astres pimpants
Seront de délicieux guides
Le bélier brille au ciel
Se ruant en cosaque
Le sagittaire fragile
Est de dualité
Mi-homme mi-cheval
Il frémit à l’esprit
Trouva son unité.
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Lundi 11 septembre 2006
De deux à trois en valse
 
Pas de deux sur les planches
A trois doigts sur les yeux
De double circonstance
A la triple expression
Trismégiste inconstance
Malmène l’inclusif
Du latin illusions
Qu’il faut comprendre ainsi
 
J’élance vers l’espace
D’une volée alerte
D’impossibles dizains
De deux à trois seconds
Suspendu à l’éther
L’incapable retombe
Sur l’adret tapissé
De vignes purpurines
 
Je coulerai à flot
Le chaland de mon vin
Pour qu’il se répande
Sur le feston doré
De mes deux révérés
Ni pour l’un ni pour l’autre
Autrement je dispose
A perdre la remise
En tirant de mes failles
 
Croyez à l’affection
Que je dispense duel
De mes frasques apeurées
A deux ou trois confiants
Je pourrais invoquer
Ma légitime défense
Qu’ad usum Delphini
M’épargne son sarcasme
J’écris pour extirper
En triple détention
L’amour exacerbé
 
J’ai la danse bancale
Mais le rythme assuré
Pas de deux sur les planches
A trois une valse commence.
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Dimanche 10 septembre 2006
Le fleuve
 
Toi qui me rends si heureux
Pourquoi es-tu si loin
Je peux percevoir dans la quiétude
Ton souffle haletant
Et ton parfum de miel
Qui m’inspire tout l’espoir
Me subtilise le temps
Où je ne suis rien
Audacieux je serai
Par les sentes acides
A contempler les feuilles
Virevolter de leur mort
Le jour est un long fleuve
Qui déambule sans but
Et ses méandres placides
Ont des reflets de souffre
Mais la nuit s’envenime
Cataclysme étouffant
Et le matin très tôt
Je m’éclabousse dans le deuil
Il y a tant de plaies arides
Et pourtant tu es Râ
Et tu dardes tes rais
Pour me ravir la peine
Ton humeur me démène
En frénésie ardente
Et je descends le fleuve
Tiré par ma candeur
 
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Dimanche 10 septembre 2006
Près de vous
 
Pourquoi ne viens-tu pas 
Me laissant dans mon âme
Ma détresse et l’angoisse
Pourquoi dois-je choisir
Entre deux Séléné
Amour de mon esprit
Impossibilité
 
Ma raison se délite
Si l’une renonce je sombre
Si l’autre part je meurs
Que ne peuvent-elles me prendre
Que ne peuvent-elles s’entendre ?
 
Me rassurer comme un enfant
Que suis-je devenu
Téter au sein de l’une
Caresser les formes de l’autre
Sa vox ses yeux douceur
L’une me conduit me rassure
L’autre me sort m’élève
Au-dessus de l’humain
En sublime passion
Incorporant la mienne
 
Tout mon corps se déchaîne
Et je ne le contrôle plus
En pulsions démentielles
Seul l’esprit peut encore
En esprit virginal
Garder le vœu du feu
 
O songe des Amours
Fatigués et cruels
Ne me laisse pas dans l’ombre
Me couler vers les fonds
Où vésanie m’aliène
Comme fureur étrivière
 
Je voudrais renaître
En chanson mélodieuse
Au soleil péruvien
Cordillère des Andes
Où plane le condor
Avant d’atteindre l’aire
Contemplant sa vengeance
De son œil aquilin
 
Dysphonique raison
Deux amours lointains
Deux amours passionnés
N’en posséder aucun
Perdre folie les deux
Sombrer dans les délires
Détourner ses regards
Implorants délicieux
Ca et là partagés
 
Unissez-vous sirènes
En vos uniques chants
Attirez-moi vers vous
Je n’y résiste pas.
par cafre publié dans : cafre
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Samedi 9 septembre 2006
SI…Rien n’a changé
 
Si tu savais quelle douleur
Aussi vive que cruelle
Transporte mon âme
Si tu savais ô combien
Je souffre en toi
Si je sors c’est parce que j’ai mal
Si je sors c’est que je te fais mal
Sais-tu combien je hurle
A ne pas savoir te rendre heureuse
A voir ton doute installé par moi
 
Tant de larmes sillonnent
Mes joues creuses et inondées
J’ai mal
Car je t’aime et n’ai su
Te l’exprimer
J’ai agi sans réfléchir
Sans savoir qu’en cherchant l’apaisement
Je pouvais provoquer le désolement
 
Et tu ne me crois pas
Ta vie est mon souffle
En te faisant du mal
Je m’assassine aussi
Je sais que je mets à sac
Tout ce que nous avons fait
Toutes les craintes qui avant
M’empêchaient d’avancer
Et qui aujourd’hui m ‘emportent
T’emportent loin de moi
Ce n’est pas que je sois indigne
C’est que je n’ai pas suffisamment
De normalité pour te conduire
Vers le bonheur ensemble
Toi les enfants tout le reste
Crache-moi à la figure
Insulte-moi
Ce que j’aurais voulu
Mais je suis un dément
Un ignoble un peu fou
Je ne suis qu’à toi
Je ne peux être moi
Car je ne suis pas toi
Tu te retrouveras j’en suis sûr
Quelqu’un d’équilibré
 
Après avoir été
Je suis devenu odieux
J’ai passé toutes les étapes
Qui aujourd’hui m’arrachent à toi
C’est de ma faute de mes erreurs
Mais la vie est trop insupportable
Et je n’arrive pas
Même à le comprendre
Moi aussi je crois à la famille
A la nôtre pas à une autre
Et pourtant je l’ai détruite
Par angoisse par incompréhension
Je pleure et pour longtemps
Mes erreurs d’égarement
De connaître de la vie les horreurs
Je voudrais m’endormir
Ne plus réveiller qu’aucun passé
Jamais plus ne hante mes souvenirs
Quand on a des absences
C’est pratiquement la mort
L’esprit n’y a rien vu
Quand je te vois pleurer
Et même sans tes larmes
Je souffre car je suis toi
Qui saura te donner l’esprit
De famille voulue
Moi je n’ai que du vent
De l’irrésolution
Du malheur dans mes veines
Et pourtant si
Rien n’a changé
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Samedi 9 septembre 2006
Thébaïque réalité
 
Tristes effluves de parfums coronaires
La réalité est thébaïque
De tiroirs lourdement enchevêtrés
U’on en ouvre un ou bien un autre
La léthargie toujours
Finit par nous gagner
 
Sous des hospices diacodes
Carthaginois ou Phocéen
Le sang des autres coule toujours
Dans des tranchés boueuses amères
Aux apatrides conflits desdémoniens
 
Encré profond dans la tristesse
Qu’engendre le thyrse ou l’agrément
Le verre se vide à chaque gorgée
D’un vin qui coule comme venin
 
Obédience ou de révolte
Sourdent les extrêmes fallacieux
Qui d’extatiques se calcinent
En d’ondes fines et continues
A se heurter à mille sorts
 
Vasques d’émois de vibrations
A son pas lent et délicieux
Le vent d’odeurs se répand
Une femme passe et nous retient.
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Samedi 9 septembre 2006
Frayeurs d’ailleurs
 
J’ai passionnément erré
Le long de tes courbes ondines
Pour toucher les calmes dessins
De ton corps étendu
Dont les sourdes tempêtes
Ont activé mes sens
A leur plus haut degré
Du secret amour niché
J’ai la profondeur des îles
Eoliennes ou Açores
Dans le creux des vagues vertes
Où s’élancent mes élans
Dis-moi-toi dont le calme
Serein se déchaîne à l’extrême
Quels soucis d’extases
Excorient mon âme froide
Qui se réchauffe impudente
Au sein de tes chaleurs
Embellis par l’étrangeté
D’un clair paradis nocturne
J’ai pêché les sept capitaux
Tendu mes membres électriques
Pour cueillir les saveurs éthérées
De tes douces effluves moutonneuses
A te faire correspondre
Des antithèses sacrées
 
J’ai l’instable impulsion
D’une vie démembrée
Où se produit le poids
D’un aucun lendemain
A l’écoulement limpide
D’altérables pensées
 
La recherche commence
Par celle de tant d’autres
Qui par leur jugement
En approuve l’existence
Des villes et des habitants
Oniriquement perçus
Bruits voix inconnus naissants
Car le vers n’est vécu
Que dans son différend
Entre son émanence
Et ce qui a pensé
 
Diaconesse exigeante
Parce que solitaire
Tu t’amuses à l’active
Correspondances étranges
D’un rapprochement funeste
Entre solitude et mort
Qui conduiront mes pas
Aux confins de ma vie
 
Certitude est la mort
Certitude absorbée
Qui soudain se transpose
En vérité hargneuse
Du désir d’être en-soi
De l’être à-soi pour-soi.
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Samedi 9 septembre 2006
Tanaïs
 
Sous la mitre des présages
L’arc-en-ciel est sauvage
Dégoulinant de miel
Qui se déverse en fiel
 
La perfidie s’emballe
Incontrôlable Empire
Le Traban en cuivré
Ne peut le contenir
Eluard ou Einstein
Que pourrait me dire Freud
 
J’aime une plante verte
Qui s’assoiffe sans comprendre
Qu’éloigné du soleil
Elle rendra son soupir
 
Sous le couvert des Doges
L’éclanche me sermonne
A se hausser si haut
Je vais la déboîter
 
Possèdes-tu béryl
Le lithique émouvant
La courroie entraînante
Qui chasserait gris perle
 
Je les vois disparaître
Tous ceux autour de moi
Dans les méandres calfates
Du séculier séjour
 
Protogynie tamise
Ma fenêtre est ouverte
Ma lubie y titube
Androgyne naissance
 
Supposons qu’au berceau
La foudre m’a frappé
Et l’esprit agité
S’est éteint puis renaît
 
Supposons qu’un ange
A l’enfance insouciante
Cataleptique creuse
Un hypogée secret
 
La lumière aveuglante
Sous pression de deux bars
Des visages contrits
Soudain c’est le réveil
 
Par deux fois libérées
Et par deux fois repris
L’Archange Gabriel
Du Verbe m’avertit
 
Je ne suis plus semblable
Que si j’avais veillé
Sans fermer les paupières
O nature déchaînée
 
Cette voix qui me hèle
Et je ne l’entends pas
Juste lèvres entrouvertes
D’un regard d’anxiété
 
Tous s’agirent à ma croix
L’étonnement me saisi
Je n’ai pas de chagrin
Puisque à nouveau je vois
 
Je trouve enfin ma chambre
Mais les murs sont si pâles
Constellés de lucioles
Qui blanches m’exténues
 
L’entonnoir se resserre
Se retourne sur ma tête
Les cheveux en ficelles de lumières parcellaires
 
D’aucune gravité
Se rassure saint Pierre
Tu es de Tanaïs
Mais vouer à dormir
 
Létal fut le sommeil
Se prolongeant lointain
Amputant la conscience
De son pennon fidèle
 
La pierre pleura souvent
De n’être pas mobile
Mais d’un petit de doigt
Elle roula à la pente
 
Des lémures égarés
Aux ténèbres se ruèrent
Effrayés de lumière
Falot s’entre choquèrent
 
Les ramener à l’ombre
Les étouffer en larmes
Autant fermer les yeux
Et pour de bon cette fois
 
Chaque jour je les chasse
En raflant un ou deux
Mais ils sont si nombreux
Et le rideau tomba
 
Ma traque est permanente
Et je m’enfonce toujours
Plus loin dans la forêt
L’épaisseur m’engloutit
 
Te reverrai-je lisière
A battre les fourrés
Pour compléter le puzzle
Lucidement morcelé
 
 
Je suis des paysages
Qu’au toucher s’évaporent
Je perçois les parfums
Aux harmonieuses notes
 
Les beautés me fascinent
Mais leur poids m’en effraient
J’ai mes paumes qui débordent
De ses uniques trésors.
 
Personne n’y consent
Pas même d’un regard
La cécité les frappe
de la banalité
 
j’ai franchi les aurores
pour humer le girofle
Et refermer la porte
Elle était condamnée !!!!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Vendredi 8 septembre 2006
Le congé ou diarisme d’un séjour à l’hôpital.
 

Me voilà pour la dix-neuvième fois à l’hôpital psychiatrique pour avoir ingurgité trop de médocs et donc on m’a gentiment mis à l’hôpital psychiatrique de Rouffach : état confusionnel, sevrage radical des benzo., manque et désarroi dépressif…Seul face à moi-même… Et puis l’écriture enfin

 
3/02/06
 

Toutes ces années à fuir par n’importe quel moyen et sentiments de culpabilité ; cette douleur intense d’avoir causé à l’être qui m’était cher et qui aujourd’hui refuse de me parler… La réalité est obséquieuse et je ne songe qu’à disparaître pour fuir ce supplice. Cette obsession de se sentir fautif est prégnante, coercitive, insupportable. J’ai mal dans tout le corps autant qu’à l’esprit et ce au quotidien sans relâche. Rien n’y fait, je n’arrive pas à trouver la quiétude…

La tempête est éclatante, et ne s’arrête pas. Seule l’amertume est omniprésente ; le regard dans le vague, toujours les mêmes souvenirs. Je me sens si seul et c’est insupportable malgré le monde qui m’entoure. J’arrive à écrire, à parler quelques fois mais ça ne suffit pas ; je voudrais que mon esprit ne soit plus, que la pensée disparaisse. Pourquoi ne me laisse-t-on pas partir ? Je pense à mes enfants qui m’aiment mais même cela est insuffisant ; j’ai trop lutté, je n’en peux plus : sed ultima necat.

 
Je voudrais jouer avec la mort
Comme on joue avec sa vie ! Lancer les dés et le fatum
En déciderait sûrement
La corde est raide
Il faut qu’elle soit solide

Qu’elle ne rompe pas Sous mon poids ? Tant de gâchis pour faire souffrir

Tant de pardon que je n’aime pas
A m’accorder au nom du père
Laissez-moi brûler en enfer
C’est bien ça que je mérite.
 
«  Qu’est-ce donc mourir briser ce nœud infâme ! »
 
toi je t’ai tant aimé
et je t’aime encore si fort
toi la mère de mes enfants
toi que j’ai tant fais souffrir
sans vouloir te blesser
et pourtant tu es là
impassible à ma douleur
d’être séparé de toi et d’eux
Que suis-je de l’infini ? si ce n’est qu’une poussière
et puis cette mort
si sordide qui plane sur moi
ne me laisse pas
et pourtant tu t’en vas
ma douceur s’est enfuie
et les heurs avec
je n’ai rien compris
et le froid m’envahit
ne me laisse pas
j’ai si peur sans toi…
 
4/02/06
 

Si tu savais à quel point tu me manques aujourd’hui dans ce froid terrible. L’oubli et la désolation règnent dans mon cœur ; et pourtant une petite lueur veille : c’est toi. Me voilà alors réchauffé. Le temps s’égrène et à peine je pourrai écrire. L’âme est intacte mais le corps en désolation et au final je suis abasourdi. J’aurai voulu que le monde tremblât sous mes invectives, mais je suis capable de rien. Aujourd’hui c’est trop ardu, je me force à écrire car je suis en manque. C’est terrible ce sevrage mais je dois le faire…Passer par-là pour quelque part me rejoindre…

 
5/02/06
 

Les yeux derrière ; l’haleine courte : tu n’es pas là. Mais qui es- tu ? Rien ne me fait plus peur que le vide et pourtant j’y suis en pleine face et ma tête explose. Hier je ne t’ai pas entendu, sachant que tu ne viendrais pas. Je suis en mendicité d’écriture, pouvoir te toucher, espérerapprendre. Pourtant je sais que jamais je ne serai avec toi. Mon plus grand amour est perdu et je dois l’accepter ; il ne me reste que trois figures. Je les chéris mais ne suis pas suffisamment clair pour les aimer. Aujourd’hui c’est terrible ; peut-être moins qu’hier. Qu’accepterai-je de la réalité ? Si ce n’est l’inexistence. En ce jour point de rémission.

 
7/02/06
 

Un peu plus de calme ! La tempête a jailli tel un feu d’artifice, sans cohésion, et me voilà un peu apaisé sans ma colère intérieure. D’où vient cet ire si ce n’est qu’envers moi-même. Je pense à moi : égoïste. Je ne veux pas sortir. Ecrire un peu, surtout du silence pour étancher ma soif.

 
Ce n’est que le bateau
De mes intempéries
La chandelle se consume
Je ressaisis les mots
Bien à vous je pense
Assujetti au pareil
Tu me téléphoneras
Et les phrases sortiront
Je ne suis qu’ego
A ma déraison passée.
 

Ne plus rien réclamer pour l’esprit et pour le corps ; passer à l’hécatombe ; Choisir sa fonction et l’entité de la méconnaissance. Je me croyais parvenu à la sagesse, je suis retourné vers l’ignorance, seul jusqu’au bout : heureux ceux qui pensent en tristesse.

 
9/02/06
 

Hier je n’ai rien pu écrire, trop de tourments. Mon fils est venu me voir et le plaisir j’en ai eu, indicible ! Moi qui me traque dans le désespoir j’ail mal partout. Culpabilité oblige ! Et je pense à toi ; ô ma muse dont le visage et la voix font échos à mon cœur… Je ne songeais pas que tout fut si dur…Je t’aime toi qui me donne la force de poursuivre, mais… Tu ne seras jamais à moi.

 
Basse tourmente
Crédible aux yeux diaprés
Tu me harcèles j’ai peur
Mais tu es là petite
Toi qui m’as donné l’instant
Je t’aime pour la raison
Qui me donne poursuite
Et grâce en ton nom.
 
14/02/06
 

Plongé dans des effrois, je veux en sortir vainqueur mais sans oublier que ce ne sera qu’étape et non-finition. L’amour que tu me portes est important, imposant. Je n’ai pas assez là pour mes enfants…

Pourquoi dois-je attendre toi dont les mains me caressent le front en sueur ? Je voudrais, toujours je voudrais mourir en vis à vis de cette affliction qui me terrasse. Et je pense aux enfants à A… et à N…qui de sa voix me donne, de l’amour tant recherché et perdu.

 
Seul sur les monts
A contempler l’occident
Je cherche de mes yeux
Ton amour subtil
Tu es là chaque jour
Et tu n’es pas à moi
Tes yeux ressemblent à mon être
Je voudrais sans cesse les croiser
Et Séléné est à m’attendre
Quand Hélios te transporte ! Aime-moi je t’en conjure
Ton regard est primordial
Tous les matins je suis là
Seul sur les monts.
 
15/02/06
 

Toute la journée je voudrais mourir face à la douleur qui m’harasse

. Et pourtant je pense aux enfants et à vous deux a… et N… qui de ta voix me donne la douceur tant recherchée. Toi N… loin de moi pose ses regards lénifiants sur ma piètre vie. Je n’ai confiance que dans la noirceur, elle seule génère ma vie. Pardonnez-moi d’être aussi cruel mais je ne m’adapte pas. N… ma douce, aime-moi bien, caresse –moi de tes mots réconfortants : antalgie.

 
16/02/06
 

Encore une journée d’idées noires qui s’imposent à moi insidieusement. Mourir toujours mourir tant la culpabilité et douleurs sont fortes. Elle, A… me dit qu’elle n’est pas là pour supporter ma pathologie et que tout est de MA FAUTE. Toi tu m’as téléphoné deux fois ; deux instants, deux raies de quiétude. Je voudrais être corps et âme à toi, mais tout nous sépare : quelle désolation ! Toi mon refuge, toi mon havre de tranquillité… Je vais aller m’allonger, écouter de la musique, du punk, seule intérêt aujourd’hui.

 
Ton épanouissement
Ta gracilité et ton sourire
Me font tenir dans ce désert
Disert d’une simple lueur.
 
20/02/06
 

Je n’arrive pas à prendre la plume tous les jours ! Et je pleure. J’ai mal de ne pouvoir vivre, j’ai mal. Certes je t’ai fait du tord toi A… et en ai assez d’être un fardeau pour tous…

Tu ne m’appelles pas, tu refuses de me voir et j’en souffre. Je n’ai pas voulu ça… Pour rien au monde ces larmes qui ruisselaient sur tes tâches de rousseur je ne les aurai voulues. Je ne peux te contraindre en rien ; mais tu es là seule qui puisse me sauver… Tu éclaire encore ma vie ; même si N… me sourit. Mais je ne sais plus toi, je ne t’aurai plus et elle je ne l’aurai pas : Contraste déictique.. Tu refais sûrement ta vie et tu m’oublies et souvent tu me renies. Mais laisse quand même dans ton cœur ces treize ans de bonheur ! C’est insupportable… C’est même bien plus c’est inhumain…Esprit malade.

 
21/02/06        
 

J’étouffe sous cette culpabilité instable qui m’agite sans cesse comme une oriflamme. Je voudrais ne plus être, ne plus subir…on me reproche, on me culpabilise de tout, même de fumer : ne suis-je déjà pas assez coupable lol ? Je pense à toi qui me téléphone chaque jour et qui illumine l’assombrissement quotidien

 
Je vois dans ta chevelure
Milles figures opales
De mes doigts malhabiles
Je voudrais la ratisser
Je hume ton parfum
Qui me correspond en douceur
Et toutes ces couleurs
Sont le chatoiement de tes yeux.
 
? / 02/06
 

Parfois j’aimerais m’engloutir dans le Léthé et sentir mon corps se refroidir peu à peu…. Mais je pense encore à toi mon adorée qui ne sera jamais moi. La bourrasque se calme, un peu, hormis le matin où tout est éruption. Je t’écris, je t’écris tant que je voudrais aussi te serrer dans mes bras et goutter à tes paupières. Tout m’indiffère sauf toi et mes enfants. J’ai du mal à oublier A… et tous les bons moments d’un passé si proche et si lointain… Elle me dédaigne brûlant ce qu’elle a adoré. Crois - moi toi N… un jour sur mon destrier je parviendrai à t’enlever…

 
? / 02/06
 

La nuit m’apaise un peu ; mais au matin c’est l’enfer et en journée alternance : chaud / froid. Bain, douche pour me réchauffer et je n’arrive toujours pas à manger si ce n’est un peu de soupe et toujours ces nausées. Je sens la culpabilité et l’angoisse en latence derrière les médicaments mais elle est toujours présente. Et puis, je pense à N… à l’amour que je lui porte et qu’elle refoule ; toujours des femmes mariées !

 
Je gravirai les montagnes
La montée sera rude
Mais son sourire sa voix
Guideront mes pas.
 
? / 02 / 06
 

J’ai froid, chaud, les angoisses ne me quittent pas, je me sens si las et cette obsession culpabilisante. Le matin je ne cesse de penser à A… de ne plus la voir… Je pense aussi à N… j’ai envie de cette ambivalence de périr…

 
La solitude m’étreint
J’ai peur de l’inquiétude
La montagne à gravir
Je n’ai plus cette force
 
 
? / 02 / 06
 

L’astre est souvent à l’ubac et je ruisselle et je suis glacé. Elle me téléphone tous les jours N… calorifère le long de l’échine ; mais jamais à ses côtés je ne serai. J’essaie de reprendre le jazz mais je me sens faible partout. Combien de temps encore le sommeil ne m’écrasera-t-il pas ?

Cette image intempestive de mon ancienne compagne. Mea culpa me répété-je. On me dit : « Il faut aller de l’avant. » Mais je stagne ou je recule ; pour moi rien de présent que la douleur. La tour chancelle prête à s’écrouler.

 
? / 02 / 06
 

Qu’ont-ils t