Jeudi 25 janvier 2007

Moiteur

 

L’élément est vainqueur

Des subtiles ironies

Qui s’émoussent au fil

D’un poignard maltais

J’hérisse mes piques

Aux harcèlements perfides

Qui m’éloigneraient de toi

Mon adorée poésie

Pourtant parfois circonspect

Je ralentis mon élan

Pour apprendre le respect

Qui m’empreint à l’esprit

 

Des circonstances altières

Thaumaturge craintif

J’accomplis mes pensées

Pour disperser aux vents

Les caprices immondes

Etranglants préoccupants

Qui s’insultent sur mon dos

L’insondable écriture

Transperçant en digon

Les moiteurs révulsives

D’apoplexies cardiaques

Epargne-moi ta hargne

Vérité séculaire

Qui ne me contient plus

Laisse-moi dans mon âge

Crier en solitaire.

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Mercredi 24 janvier 2007

Rompu

 

Ma vie est entité

Bizarre et fascinante

Accrochée au cerveau

Comme une feuille d’automne

Roussie par le soleil

Désèchée par les cieux

J’assiste en impuissant

Aux sarcasmes évasifs

Et constate amèrement

Conséquence de mes causes

Ne plus quitter l’état

D’assombrissement constant

Demeurer dans les limbes

De la stupéfaction

Je me suis condamné

En te trompant de route

Et nos voiles se séparent

Sans que j’y ai consenti

Tout juste provocateur

Qui ne sait endiguer

L’hémorragie de bien

Qu’il a soudain rompue.

 

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Lundi 22 janvier 2007

Vicieuse

 

Poison sans doute

Qui s’insinue perfide

Dans les âmes porphyre

De quelques amants perdus

J’ai perfectionné mon âme

A bout de souffle rompu

Pour inscrire en ton bras

L’élégance d’Allambhra

Merci ô sud fatal

De ton sourire égal

Ma chance me transporte

En d’autres circonstances

Facile tout un matin

De courir d’ahan

A supporter ces cris

De douleurs aiguisées

De son cœur déchiré

Fini la belle saison

Où la paix de son règne

Apaisait les silences

L’orage éclate sombre

Eclairs et pluie battante

Charrue devant les bœufs

A battre le pavé

D’une semelle ardente

Mon âme s’est éteinte

Pour ouvrir d’autres âmes

Souffle qui se coupe

J’en ai bien plus qu’assez

Je calme et me regagne

A quoi bon toute lutte

Chers auspices ténébreux

La fin se terre bien profonde

Profondément vicieuse.

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Jeudi 18 janvier 2007

Sonnet

 

Les blancheurs ont des ombres

Que l’on ne perçoit pas

Quand l’opacité des yeux

Soupire de cruauté

 

Tout est vaste prison

Qui enchaîne les passions

D’une longue misère

Pas même le silence

Tant soit fut éternel

Ne comblera dans l ‘âme

L’insufflante solitude

D’interminables peines

 

Lassitude paroles

Ornements de froidure

Cristallisent mollement

De ridicules guenilles

 

Perséphone imposante

Sur la terre rouge

Arrache d’Aphrodite

Le chasseur Adonis

L’adonique refrain

Se voile de ce deuil

 

Les affres de l’exil

La crécelle crépite

La clémence s’effrite

Et l’oubli inique

Se ravivera à la gloire

 

Sous le feu des tropiques

Le bras se nourrissant

Et si j’en ai l’éclat

De la pépite enfouie

La liberté sublime

Incline son sonnet.

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Lundi 15 janvier 2007

Demain

 

Les larmes me couleront

Sur les joues sillonnées

Quand elles seront taries

Je sommeillerai enfin

Que c’eut être beau

Le soleil d’Austerlitz

Quand au dernier combat

La plaine gémissait

Je n’irai plus marcher

Au Kilimandjaro

Ni sur la plage neigeuse

Du glacé Everest

Je resterai prostré

Esseulé au rocher

Attendant que la vague

Au bord vienne m’enlever

Je n’irai plus dormir

Sous le dais étoilé

Les nuages de mon cœur

Les ayant tristes voilés

Je n’irai plus chanter

Sous ton ballast de verre

L’amour de la douceur

De l’insouciance rêvée

Mais demain à l’aube

Je reprendrai ma route

Chassant comme au temple

Les marchands de chimères

Et j’aurais dans la forêt

Cette rage sauvage

Quand le cœur éteint

Soupire de l’adieu.

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Dimanche 14 janvier 2007

Bossa nova

 

J’ai déposé mon sac

Mes vers et puis mes mots

J’ai regardé le ciel

D’une pluie d’hirondelles

Et puis je l’ai prié

Pour qu’à mes yeux baissés

Puissé-je te retrouver

 

Mon chemin s’arrête-t-il

A cette vive douleur

Dussé-je m’y asseoir

Consterné et en pleure

Je préfère ne pas croire

Que des flancs déchirés

La vitesse du temps

De toi m’éloignera

 

Des moments d’allégresse

Les fugitives heures

S’échappera ma flamme céleste

Qui te porte à mon cœur

En des frasques rêveries

 

Je conserve dans ma main

Le rubis de ton corps

Précieuse pierre limpide

Que je sers fulgurant

Rebelle tu te le dis

Agaçant je le suis

A chacun des voyages

 

Je reprends mes bagages

Les poserai-je un jour ?

J’interroge les présages

Comme des flots ondoyants

Cherchant dans leurs messages

Quelques pas rassurants

Toute trace dans la neige

Doit-elle disparaître

 

J’ai le doute binôme

Lamartine enflammé

Méditations d’échos

Qui incessants répètent

Toujours les mêmes mots

Je m’attache dans l’haleine

Respirant dans le vague

Asservi aux transports

 

L’encens est une gloire

Qui égrène mes espoirs

Un rythme de bossa

Et quelques humeurs noires

Que n’ai-je de raison

Pour fuir comme le sauvage

Devant l’inexplicable

 

Une étoile s’est levée

Dans ce vaste désert

Si elle veille sur moi

Je ne peux la quitter.

 

 

 

 

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Samedi 13 janvier 2007

Lyre

 

Inlassable musique

Ta bise m’éparpille

Souviens toi plat chinois

Sourire de tes yeux bleus

Un tango argentin

Pleure sa misère

 

Le feu ravage ma peine

Et le désire implore

Ce qui jamais plus

N’aura d’aurore

 

J’exècre ce suffixe

De deux lettres variables

Qui posé à l’adjectif

Détruit toute carrière

 

Elle est triste la rivière

Que je ne peux franchir

Et ces bocages verts

Qui de loin m’ironisent

 

Monde faquin de railleries

Tu rabaisses ton désespoir

En gausseries immondes

 

Peut-être qu’un jour

Le vent emportera

Ma lyre enchantée

Faut-il s’en réjouir

Faut-il m’en périr.

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Mercredi 10 janvier 2007

Capitole

 

La commisération

M’assassine d’origine

En foulant à mes yeux

Un zani bariolé

La mascarade ingrate

Se forme de plastron

Combien de muses encore

Devront prendre mon vol 

Là devant la cimarre

Dépose un bien de vie

Et l’on verse par l’anse

L’huile de l’incurie

Qu’Héraclès sur l’Oeta

Versa pour son bûcher

Volez troupeau de cerfs

Le cor sonnera la courre

Et le bois de vos ancêtres

Couronnera ma tour

Sur l’écu de l’airain

Le plaisir échiqueté

Damasquine le faquin

Tombe preux chevalier

Tu en rêves sans raison

Ta monture argentine

Le rêve me combla

A dessein je le conçois

Et plus floue j’imagine

La tension rive retomba

La foudre s’abattit

Et le clocher sombra

Dans les flots cataractés

De souffrances enlarmées

Que puis-je à l’ignorance

De l’oubli des avances

Que Dieu seul s’agite

Alors que j’ai de peine

A me sentir d’un autre

Gethsémani poursuit

Les oliviers maudits

A genoux sous leurs branches

J’ai invoqué le nom d’images

Qui jamais plus je le sais

Ne m’apparaîtront

L’itinéraire est long

Ma douleur incertaine

Je repose l’aethuse

Gravis le Capitole

Je déteste le jour

Cuprifère du matin

A regret de chagrin

Sans toi ne vis

Pas même la nuit

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Lundi 8 janvier 2007

Blessure

 

Poète assassiné

Est peut-être accablé

Si la porte est fermée

Il repartira si fait

En ignorant du monde

Les fausses déités

 

Laissez-moi me plonger

Dans les symboles nouveaux

Qui seuls réconforts

Soulagent ma peine

 

Je n’ai pas de regrets

Juste une simple blessure

Non pas d’un pâle chagrin

Mais d’un goût d’amertume

 

Je n’ai pas de tristesse

Je suis en étonné

D’une porte fermée

Sur des conformités.

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Vendredi 5 janvier 2007

Dérision

 

Que m’importe les honneurs

A partager sans heurt

Les surprises contingentes

D’un sens unique avenir

 

Je flagelle la surface

D’un étron solitaire

Affalé sur le seuil

D’un temple d’élection

 

Qu’un seul pied s’y adhère

Et le bonheur s’assure

Pourvu que soit le gauche

Sans maladresse droite

 

Là sur le perron gris

Je patiente sans un cri

 

Ta porte est refermée

L’ouvriras-tu nouveau

L’air s’est refroidi

Et la brise s’engouffre

A travers mes habits

 

Transi je me le monte

A quoi sert d’attendre

Il faudra bien partir

Ou par le froid mourir

 

L’étendu adipique

De ton éloignement

Mo gode comme un papier

Tout de soie pékinée

 

Longanime et haletant

Je sermonne les lieux

Que puis-je y conformer

A mes auspices vœux

La ténébreuse histoire

Se tourne en dérision

Tant pis je reviendrai

Car j’ai l’attente fidèle

 

D’autres espoirs me surprennent

Et je les prends en main

Plongeant jusqu’à la vie

Ma vie hors de l’ennui.

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Jeudi 4 janvier 2007

Ambivalence

 

Qu’est-ce donc que choisir

Si ce n’est qu’illusion

Parmi d’autres illusions

Le sort ne choisit pas

Il frappe et sans émoi

Et de l’esprit fragile

Il trouble la raison

 

Choisir est exclusion

Désir et inclusion

S’enfuir est excursion

 

La force de choisir

Fait partie du décor

Et qu’entendre en ce mot

Si ce n’est qu’illusion

 

N’en n’avoir pas la force

C’est quitter le décor

S’émarger en substance

Et retirer son masque

 

Choisir est le reflet

De nos hésitations

Qui nous renvoie terrible

L’inconscient refoulé

 

Tout porte à l’ignorer

A le laisser confire

Le réveiller serait

Terrifier son ego

 

Tout humain se régit

Par les mêmes sentiments

Plus ou moins développés

Plus ou moins transigeant

 

Choisir est de souffrir

Quelque’en soit le plaisir

Qu’on pense y savourer

La boîte se tapit

Et tout ça elle le sait

 

Illusion est miroir

Nos propres défaillances

Que l’on pense dominer

Qui ne sont que cachées

Quand le miroir se brise

C’est nous que nous brisons

 

Ai-je de force encore

A chercher l’illusion

Abandonner son sort

C’est fixer la douleur

D’ambivalentes questions.

 

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Mardi 2 janvier 2007

Attraction

 

Je ne m’aime personne

Ni au temps ni au vague

Je ne même pas le temps

D’une première valse

Déjà j’ai étamé

Les rebords de la tasse

En son milieu fêlée

Par une forte bourrasque

 

Je tracerai des nuages

Aux cotonneux mouvements

D’ambivalents courants

Les feront dériver

Ouvre ton parapluie

Les vers sont à vau-l’eau

 

A quel endroit pleut-il

Des ondes insouciantes

O quiétudes troublantes

Pour réchauffer d’Hélios

Mon attraction terrestre.

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Mardi 2 janvier 2007

Périple

 

Je ne suis dispenseur

Que de rêves éveillés

Magicien de ces mots

Qui apaisent les cœurs

Un message d’argent

Dans une bouteille de mer

 

Je ne suis la lumière

Que de quelques torpeurs

L’entrepont prometteur

Avant l’humide cale

 

Un message de bonheur

Dans une bouteille d’enfer

 

Je suis le morphinique

Rebouteux des souffrances

L’incrusteur d’émaux

Le Morphée de l’oubli

 

Un message de saveur

Dans une bouteille de vers

 

Je suis le Pygmalion

Cypriote sculpteur

Qui insuffle la vie

Dans la matière morte

 

Un message d’erreur

Dans une bouteille de vair

 

Je suis le prospecteur

D’inscriptions aurifères

Dictame des douleurs

Qui te soufflent d’aigreur

 

Un message d’ailleurs

Dans une bouteille d’éther

 

Quand tu l’auras trouvé

Ramassée sur la plage

Retires-en le billet

Apporté par les flots

D’un poète éloigné

En quête de l’Empyrée

Pour qu’il soit rassuré

Dans l’épuisant périple.

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Samedi 30 décembre 2006

Je vous salue

 

La terre est une amplification vénielle de toutes nos affres. Nous ne pouvons y vivre que sournoisement à l’encontre des passés présents. Qu’on me taxe d’in écrivain et j’en serai ravi car quand on a rien à dire vaut mieux inventer des mots déconcidérables. Passer maître en la matière vaut mieux que toute inhérence phrastique.

Ad libitum qui est le plus heureux sur terre ? Celui qui a passé soixante ans de vie de probité ou celui qui en a usé quatre vingt dans la désolation ? Je me le demande encore ; garce di vie inodorante en putréfaction. Aider les autres certes mais pas ceux qui nous détruisent. Les meutes affamées de loups s’élancent, crocs acérés, en avant pour déchiqueter les probes et les hyènes ou chacals. Ni l’un ni l’autre ne sera sauvé : ils périront. Qu’on me taxe de tout écrit d’inconsistance, de mièvre, d’inachevé, de mal tourné, et l’on verra une gloire fantasque à tout autre roman. Il ne s’agit pas d’écrire pour vivre mais de vivre pour écrire ; les seuls mots capables de sauver, de se sauver de l’incandescente faction d’irrésolu.

Je ne veux pas écrire, ni pour aujourd’hui, ni pour une gloire posthume. Qu’est-ce que donc que cela ? Mais pour piétiner des écris fallacieux d’inspiration. Dieu n’existe que dans mon imagination et s’il est c’est que je suis. Tervigerser sur la probabilité est déjà préconcevoir ce qui ne peut-être.

 Nul probité pour cela si ce n’est au regard des autres qui n’attendent qu’une seule chose : me dévorer d’apocalypse cannibale. Je ne veux nul gloire que celle de n’être pas clair de par ces sentiments factieux qui engendrent ma malédiction… Allez ne soyez pas dupe, je n’existe que par vous ; alors je vous salue…

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Samedi 30 décembre 2006

Trois

 

L’univers incertain

De toutes mes illusions

S ‘échappe de mes mains

Au simple cri de non

 

Déserteur estival

Des serments monacaux

Tu t’inventes des airs

De trépides opéras

 

Incessante capture

De chimères thétiques

Tu te demandes encore

Pourquoi après trois fois

Elle t’a dépenaillé

 

Le tri à trois trios

Maléfique du nombre

A trois temps à trois mots

A trois ans à trois mots

A trois ans  en trois choix

Si près de trois est toi

 

 

Et tropes qui brûlent encore

Goétie numérique

Je ne t’échapperai pas

Une douce nuit d’orient

Mon poil se hérisse

Dieu merci ils sont quatre

Les trois points cardinaux

 

Diaphane je subsiste

A périr pour le quatre

Et je fixe la grappe

Confusion de mon ciel.

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Vendredi 29 décembre 2006

Inchoatif

 

La nuit d’abîme blanche

Franchit son égoïsme

Pavanant au digon

L’acidulé puron

 

Aux abords de la ville

Je vomis l’invisible

Secouant la poussière

Qui me recouvre dormante

 

Un bouquet de descente

Aux épines subulées

Désennuyant la peur

Je m’y suis épanché

 

Depuis que je prononce

Des souffles effaçables

L’inchoatif départ

Se perpétue tuant

 

Flair en croix d’archipels

Aux impressions variées

Somnambulant ma faiblesse

De  tétraptère meurtrier

 

J’ai conduit l’équipage

A plein fouet claquant

Sans soucier mon visage

Des provignant mirages

 

La fougue a emballé

Les équités sinistres

J’ai craché ma splendeur

Bien trop à mon écoute

 

Voilà ce qui t’en coûte

Orgueilleux subordonneur

Tu descends dans la ville

Et la ville te descend

De sa béante gorge.

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Mardi 26 décembre 2006

La classe

 

La stupidité de mes propos m’étonne beaucoup que je dis à Henry circonspect et bien plus encore. La  vie m’a toujours tenu un discours scolastique et je lui en veux que je rajoute à Henri qui se tient à peu près droit à côté de moi.

-        Ecoute cette histoire mon pote et tu comprendras mon amertume …

 

I

 

Ethony me regarde et ne sait que penser. Il ne semble pas vouloir engager la conversation avec moi ; cela le met à chaque fois dans des états proches de la catalepsie, alors se contentait de hocher la tête et moi de continuer à parler. Ce matin là quelque chose de grave me préoccupait. En effet le collège où nous enseignons Ethony et moi avait été le théâtre d’étranges incidents. Je les remémorais rapidement. Deux élèves avaient été surpris à travailler en salle de jeux vidéo…Plus tard, me raconta un surveillant, deux autres élèves avaient été exclu de classe pour avoir fait leurs devoirs et trois autres pour avoir répondu pliement à leur professeur…Où va-t-on ? Me suis-je demandé ? Ce genre de phénomène n’existe plus depuis quelques décennies, et la réhabilitation de ce type de fonctionnement nuirait gravement à l’équilibre politico culturel de notre pays… Quelle anarchie !... J’en touchai deux mots bien choisis à Ethony qui n’émit qu’un grognement guttural qui ressemblait en gros à : «  On est bien !.... 

-        Tu parles que je lui dis ! On est bien…C’est la galère oui. Tu verras que je rajoute, qu’avec ce genre de dérapage on va se retrouver à l’ancienne, nous qui avons mis tant et tant à nous adapter à nos nouvelles fonctions…

 

II.

 

Les jours qui suivirent augmentèrent mon alarme. Je lus en effet dans «  Le petit Capésien » que dans diverses académies plusieurs phénomènes similaires s’étaient produits et que devant l’ampleur des faits, on craignait une généralisation rapide du mouvement.

J’arrive au bahut surexcitées,c’est dans un tel état que je retrouve mes collègues du collège « NTM »rebaptisé ainsi , « Gustave Flaubert » faisant trop ringard.

J’eus la satisfaction cependant avant d’entre dans la salle des profs aux portes blindées, d’entendre les habituels et rassurants : «  Enculé de ta race »… » Ta mère la pute… »Et d’autres encore aux consonances rassurantes Ethony était en grande conversation agitée avec Evane, professeurs de verlan, charmante et fraîche. Je m’immisce dans la conversation qui s’était telle une flaque, répandue autour de moi. Tous y vont de son couplet. Las d ‘entendre les mêmes récriminations je demande le silence, non sans mal…Le brouhaha se tarit et je commence mon discours improvisé :

-        Les choses commencent à aller mal ! Que je dis, si maintenant les élèves se mettent à être polis et travailler, notre raison d’être n’est plus ! Rendez-vous compte ! Si nous n’étions pas là pour les jeunes adolescents, cette autorité à laquelle ils peuvent se confronter, qui le ferait ? Où aiguiseraient-ils leurs premières dents, sur la police qui a fini par se robotiser ? Les machines sont froides ; nous, nous sommes humains. Nous ne pouvons que craindre de voir notre travail remanié à l’ancienne. »

Tonnerre d’applaudissements. Tout le monde est d’accord pour une fois. Ethony se rapproche de moi, me tape sur l ‘épaule et me lance un grand sourire.

-        Ca c’est parlé qu’i l me dit ; pour une fois que je ne m’endors pas !

-        La sonnerie retentit.

 

III.

 

Chacun sait qu’il peut rejoindre sa classe sous les hués, les quolibets, les injures, les menaces. S’énerver, avertir, punir, coller et le tout pour rien ; quelques collègues sont déjà sortis… Je m’attarde un peu…

Je sors, chose bizarre, les couloirs habituellement houleux sont calmes. Je presse le pas dubitatif, pour arrivera ma salle de classe. Pas d’élèves alentours. Encore plus bizarre, je pénètre stupéfait dans la salle et je suis cloué au linoléum : tous les élèves sont assis et se lèvent. Béa, je les regarde, ils restent tous debout. Je vais à mon bureau, pose mon sac et m’assieds. Comme un seul homme les trois rangées font de même dans un silence impérial. Ahuri je les regarde ; ils restent toujours silencieux. Ils ont devant eux un cahier et semble attendre quelque chose ! Quoi ? Je commence à avoir des sueurs froides. Mais qu’est-ce qu’ils veulent ?

 

IV.

 

-        Elle se termine comment ton histoire ? Que me demande Henri mon pote de la cloche qui finit son deuxième litron en boîte.

-        Ben ! je dis ; je suis là avec toi aujourd’hui. Comment voulais-tu que je leur apprenne quelque chose à ces « merdeux », j’ai même pas eu à l’époque mon brevet de collèges et j’ai pas été formé à ça moi…

 

 

 

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