Mardi 5 septembre 2006
Le collier
 

La tempête faisait rage en ce jour de soleil ( Quel doux oxymore !) Alors que je me rendais chez Did un ami de longue date. J’avais, quelques heures auparavant, pris le volant de ma twingo, valeureuse voiture, en ayant encore les yeux engourdis par le sommeil d’un levé difficile, à la veille mouvementée. Alors que mon attention n’était pas au plus vigilant, une forme incertaine traversa avec célérité la chaussée déserte. Je n’eus que le temps d’écraser la pédale de frein et de voir un individu s’arrêter au bord de l’asphalte. Comment le décrire si ce n’est que cette particularité : sa grande taille… Et de porter à son cou un bien étrange collier argentin.

Bien réveillé à présent je m’expulse de la voiture et me dirige vers lui, bien décidé à le vilipender ; mais à mesure que je progressais, je le trouvais si pitoyable que mon feu s’éteignait de lui-même.

-        Vous êtes fou ma parole ! J’aurais pu vous tuer ! Dis-je avec un fracas de voix presque délicat.

Tout d’abord il me scruta puis, me regardant fixement dans les yeux et me lança dépité :

-        Si vous saviez…

 
I.
 

-        C’est pas à toi de jouer ! Que je dis sans ambages !

-        Mais si vas-y ! Et arrête de râler !

Finalement je consentis à abattre la carte sur le plat de la table et à crier : «  belote, rebelote et dix de der… !

     -Evidement ! Me lança Vierleux en maugréant, c’est toujours toi qui l’as…

Marot son chien galeux et incontinent vînt se frotter contre ma jambe pour réclamer sa biscotte : C’est toujours ça qu’ils nous donnent pour la collation à l’hosto.

-        Bon ! Moi je dis, marre de jouer !

Je hélai les cognes, comme je nommais les infirmiers, qui s’entretenaient dans la salle de soin… Pas de boulot, je vous rassure…. loll

-        Est-ce qu’on peut sortir ? Faire une p’tite ballade dans le parc et à la cafete. ?

Ils se questionnent mutuellement du regard et l’un des deux fini par se lever, tire de sa poche le passe et ouvre…

-        Allez ! Dehors ! Et de retour à dix-huit heures ! Ok ? .

La lourde porte s’ouvrit assourdissante et laissa du même coup s’infiltrer un air du dehors que nous connaissons si peu…

Vierleux ne s’était pas joint à nous, se plaignant de sa hanche arthrosique ; alors nous n’étions que phil, un ancien collègue et ami de boulot, qui m’accompagna. C’est vrai que Phil et moi avions exercé dans le même lycée et fini par peter un câble à peu près à la même époque ; et pas du tout à cause des élèves…

L’air était suffocant ce jour là ; plus de trente huit degrés à l’ombre… Mais nous tenions cependant à notre petite promenade pour fuir la platitude atemporelle qui règne le dimanche au pavillon déserté tant par les blancs ( les cognes) que par certains patients.

Nous venions de décider de faire le tour du parc à petits pas et qu’après un petit arrêt devant le petit étang, là où Mateoli, un corse, avait posé des collets à poisson rouge, nous ferions une longue halte à l’ombre du vélum de la cafete ; même si la chaleur devait y être encore plus astringeante.

Malgré une légère brise, un föhn plus précisément, nous ruisselions comme les cataractes montagneuses… Nous marchons depuis moins de cinq minutes quand Phil me demande :

-T’as vu la nouvelle ?

-Non ! Pas encor ! Dis-je en épongeant mon visage avec mon mouchoir crasseux. Pourquoi ? Que je lui demande ?

-        Elle prétend qu’elle est la fille de la reine d’Angleterre et qu’elle fait partie de la CIA, qu’il lance en tapant son index contre sa tempe…

Je souris malgré moi, car dans cette institution, quelle que soit l’atteinte mentale on est tous dans la même galère : l’Ennui…

Phil lui ne peut pas s’empêcher de se marrer à gorge déployée … !

Dix minutes après nous arrivâmes à l’étang verdâtre où pataugent quelques canards ? Je remarque dès que nous ne sommes pas seuls à avoir eu cette idée. Je suis tout de suite frappé par la très grande taille du type et son visage crispé. Il est debout en pleine cagne, les mains croisées derrière son dos et le regard vide. Mais quand nous fûmes à sa hauteur il m’interpelle :

-        T’aurais pas une clope ? Qu’il me sollicite d’une voix lancinante ?

C’est vrai que les tiges ici c’est denrée rare ; un luxe. Je n’en ai plus beaucoup, j’hésite et puis marre j’en attrape une du paquet et la lui tend. Sans férir il la saisit avidement et en même temps me prend la main et me souffle :

-        Tiens ! Il enlève ce collier qu’il à pendu à son cou, c’est pour toi ; il était à Gulliver.

-        Non ! Faut pas ! Que je réponds ! Si, si ! Insiste-t-il.

-        Ok ! Je rétorque en prenant le collier.

C’est une sorte de torque comme je l’ai dit pas en métal mais en argent serti si je ne m’abuse de turquoises resplendissantes. Je l’admire longuement avec des yeux d’enfants tout en m’éloignant avec Phil. Gulliver ? Pourquoi Gulliver ? Que je me questionne intérieurement !

-        C’est pas de la merde de cochon ( lisier que je me dis) que me dit Phil d’un ton sifflotant.

-        Non ! Ca a l’air précieux que je rétorque absorbé d’admiration et d’interrogations qui s’éventent tout aussitôt que nous parvenons à la cafete, où nous nous installons sous la toile non sans difficultés, les places à l’ombre sont chères…

 
II.
 

La soirée avait été mortelle, repas, fumoir, discussions, télé et dodo vers 23 heures. Mais c’est le lendemain matin que se produisit un bouleversement insignifiant sans doute, mais qui mérite d’être rapporté…

J’émergeais d’une léthargie somnifèrique avec pour la sempiternelle fois la tête dans le cul…

 J’allais bon gré mal gré me lever( à l’hosto faut être debout pour huit heures max.) Quand je constatais que mes jambes touchaient le fond du lit en bois plein, alors que d’habitude j’étais à l’aise…Là je me sentais à l’étroit… Enfin… Je parvins à me glisser hors des draps et poser un pied à terre, pour finir par y mettre les deux. Assis, les yeux mi –clos, je relevais tout mon corps hors du pieu. Je me dirige claudiquant vers la salle de bain, la pièce est sombre car les volets son clos, et soudain je sens que mon front vient de heurter quelque chose de rudement dur… C’est le mur de l’entrée…. Un peu sonné, je trouvais cependant l’interrupteur. Ca réveille le voisin qui baragouine quelque chose…. Mais m’en fou…Merde alors que je me dis, j’ai la tête qui est bien au-dessus de la porte coulissante de l’entrée de la salle d’eau : j’ai Grandiii.

Comment cela se faisait-il ? Bon je me pliais un peu et accédai au lavabo où je m’aspergeais le visage d’eau froide, histoire de récupérer les esprits…Je repensais à ce collier que j’avais encore autour du cou…Et surtout cette phrase :  « Il est de Gulliver ! »

D’un seul coup ma mémoire se remémore (doux pléonasme mais apodictique) mais bon sans c’est b… Swift ! Les voyages de Gulliver…Quel niais que je fais ne plus me rappeler ce roman…Mais ce n’est qu’un roman…Quel rapport avec le collier… Moi si cartésien j’en perds quelque peu mon latin…Est-ce une réalité ? Je me redonne un coup d’eau froide, rien n’y fait…

Comme lui je me retrouve d’une grandeur anormale… Ce qui m’inquiète c’est que notre cher Gulliver c’est lui aussi retrouvé un moment Lilliputien ! Rétrécir ? Ah ça non !

Une fois habillé…rassurez-vous, je m’étais douché auparavant… J’allais au petit déj. Et vis que Phil me regardait drôlement. Il m’en touche deux mots…

-        Pas l’temps t’expliquer que je lui réponds ! Il faut qu’on retrouve ce type…Celui de l’étang…

 
III.
 

Aussitôt que cela fut possible, j’embarquais Phil avec moi pour sortir ; en espérant que personne n’ obbserverait ma transmutation, et retrouver ce grand type dispenseur d’aliénations mentales. Je devais lui rendre son collier, m’en débarrasser ! J’avais expliqué à Phil l’histoire imaginée par Swift mais il n’a pas vraiment capté grand chose : lui! Les Lettres! …Je n’insistai pas et le traînais à mes pas. Il me fallait à tout prix retrouver ce type ! Mais où ? Comment ? Ce matin là nos recherches furent vaines. Il faut dire que dans la matinée il n’y avait guère d’âmes dans le parc et la cafete closed. C’est un peu marri que je rentrai au pavillon pour le repas de midi. Mais cette après- midi les recherches reprendront.

Treize heures trente, nous pouvons sortir ; ce que je m’empresse de faire seul car Phil a de la visite.

Je me rue dans les allées bitumées du parc et plus que je ne marche, je me précipite direct la cafete. Là-bas si je n’arrive pas à dégoter un renseignement ou le trouver je serai perdu…

J’atteins la cafete. Quelque peu essoufflé et me dirige droit un groupe dont je connais quelques têtes.

-        Salut tous ! Que je dis sans ambages bienséantes ! Personne de vous ne connaît un type immense qui portait ce collier que je tends en le montrant ?

Tous se concertent intérieurement et extérieurement et finalement me répondent à la négative. Je n’insiste pas, pas le temps ! Je poursuis mes investigations hasardeuses sans plus de succès quand je me dis que le blanc qui s’occupe de servir au comptoir lui pourra peut-être ? …Aussitôt pensé aussitôt élancé vers le bar ; Par bonheur il n’y a personne qui se fasse servir. Un peu affable je demande tout de suite à Dédé, le blanc serveur :

       -   Dites Dédé ? Vous ne connaîtriez pas un type immense à l’air falot ?

Il semble réfléchir se tenant le menton puis me répond sans hésiter :

-        Je pense que ça doit être Rob.

-        Et j’peux l’trouver où ? Que je me précipite de demander en mangeant la moitié de mes syllabes ?

-        Oh il doit être au pavillon 25 ! Je pense mais pas sûr à cent pour cent…

Je n’écoute pas même la fin de sa phrase, je suis propulsé, Ariane, hors du bâtiment vers le 25…

Arrivé, je sonne – Les pavillons ne sont pas tous ouverts- Je piétine, on tarde ; puis une clé, une silhouette :

-        C’est ?

-        Oui je cherche Rob s’il vous plaît madame ? J’exagère un peu la politesse.

-        Rob ? Il est parti il n’y a même pas une demi-heure qu’elle réplique.

-        - Et vous savez où que je m ‘empresse de demander ?

-        Oui chez lui !

-        Mais c’est où chez lui ?

-        A Thann !

-        Vous savez comment il est parti ?

Son visage se renfrogne, elle devient soudainement suspicieuse mais elle finit tout de même par me répondre :

-        A pieds…

-        M’rci que je lui dis rapidos.

-        Me voilà tel un alezan courir à travers le parc, franchir la grille d’entrée et galoper à travers les vignes puis les champs pour aller plus vite et puis…

 
Epilogue.
 

-        Voilà toute l’histoire ! Me dit ce grand type. Vous n’allez pas sur Thann qu’il me poursuit à dire ?

-        Oui ! J’y passe ! Je peux vous y déposer si vous le voulez ?

-        Oh que oui ! Répond mon étrange personnage avec contentement..

Je l’invite donc à monter dans le véhicule quand il me dit en me dit en prenant le collier autour de son cou :

-        Tenez ! Pour vous remercier…

Je ne réfléchis pas ; Swift, Gulliver, je connais… Pas besoin de m’expliquer deux fois…Là je le plante et démarre en trombe…
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 4 septembre 2006
Choix
 
Les parfums enivrants de douceurs anodines
Les embruns délicats d’une chevelure féline
Les regards scintillants de deux précieux diamants
Exaltent la passion dans ses profonds retraits
 
L’enchaînement de l’absence peut perdre l’impatience
La présence sagesse conduit à l’abandon
De dangereuses chimères qui sont résolutions
 
Le tissu de l’amour s’enchevêtre en spirales
Dont les volutes légères s’élèvent impalpables
Vers d’infinis transports enfantines berceuses
Qui émeuvent le cœur palpitant à ces airs
 
Les moiteurs passives de lascives sensations
Se heurtent solennelles à l’implacable raison
La vie est assassine dans toutes ses scissions
En séparant sans peine ce qui n’était pas un
 
Qu’Antigone s’oppose à l’infâme Créon
La révolte n’est pas sourde à toute division
Entre loi de cité et celle de son cœur
Le choix masque cruel ravive nos émotions
Au profit d’un passé chargé depuis toujours
D’une rupture angoissée entre mère et enfant
 
S’il est vrai que mûrir c’est savoir accepter
De ne plus posséder l’objet de convoitise
Le rêve a pour puissance de nous rendre
Prométhée sans craindre le châtiment.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 4 septembre 2006
Ad libitum
 
La sensation de fuir est toujours immanente
Quand au repos s’élancent les rimes opiacées
Sur un déhanchement de barque violacée
Les vers gravissent en élégants la raide pente
 
Farouchement je me promènerai sur des mètres
Essaimant en poudre volatile de nombreuses rimes
Qui n’auront de sens egologiques arides
Pour ne pas dévoiler cette détresse profonde
 
Sois-là muse des Erythrée sur ton char
Tiré par le vent et poussé à la gloire
De ne rien dispenser à tout ego autre
Finis ma cécité d’ambiguës moissons
 
Bimbeloteries vénielles d’adages circonstanciels
Motu proprio se gommera parénèses
En morfondant comme le bon Job
Les larmes écoulées d’une anthèse ad libitum
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 4 septembre 2006
Périr
 
La conquête est souvent difficile sans périr
A transgresser les peurs des fêtes de sabbat
Car mourir sans se trancher la gorge ou se pendre
Divise les excès de platoniques émois
 
Finir ses pensées en pliant sous sa croix
C’est choisir la sûreté d’une souffrance morale
Et passer ses ennuis dans de lugubres songes
C’est bleuir sa face et en choisir l’effroi
 
Moi je crois à la mort sans son éternité
Fulgurante impassible sous le poids d’un rocher
Aux saillantes arêtes lourdes de naïveté
 
La nature est bien sourde de toute impunité
La voilà la grande Herse, la Pleureuse maudite
Celle qui m’emportera gironde dans ses bras.
 
 
 
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 3 septembre 2006
L’Epitaphe
 

Comme toutes les Toussaints je me rends au cimetière pour fleurir, chrysanthèmes obligent, la tombe de mon ami Marcus, décédé l’année dernière dans un accident de la route… Quelle guigne cette finitude ! Je marchais à pas pesants dans l’allée centrale qui conduisait à sa dernière demeure, j’aime pas cette expression mais j’en ai pas d’autres, avec mon pot de ces fleurs mortellement ornementales. J’arrive pratiquement au niveau du cénotaphe lorsque mon regard s’arrêta sur une stèle sur laquelle était marquée en grand caractère cette épitaphe :  « Vous qui passez, ne priez pas pour lui, ni même ne le regrettez pas, il n’en valait pas la peine, ancien chauffeur de corbillard, à présent pilote décès, qu’Edgar Subsolé ne repose pas en paix. »

 
I.
 

-         Il faut que tu viennes immédiatement ! Criait presque Georges à l’autre bout du combiné ; y-a un corps à mettre en bière rue du général Hartemann !

-         Tu sais l’heure qu’il est ? Que je lui demande encore à moitié somnolent ? -J’sais trois heures du mat. Mais j’ai personne d’autre sous la main ! Allez magne… La conversation fut coupée ; Georges avait raccroché, ne me laissant pas le choix.

-         - P’tain que j’pense ! Foutu boulot de croque-mort ! Enfin c’est du boulot ! Mais là il exagère…J’suis même pas d’astreinte !

Bon gré mal gré, maugréant, je m’extirpe de mon lit encore bien chaud de mon corps il y a peu détendu d’un sommeil si précieux…Engourdi encore j’enfile mes fringues avec peine, tout en avalant un express. Faudrait que je me rase ! Tant pis ! Pas le temps !

Bon ça va que je me pense en regardant le miroir, j’suis approximativement présentable… Je prends les clés de la voiture, dévale l’escalier qui ne manque pas de grincer et file dans la rue voisine où est garé mon véhicule automobile ( jolie ? Non ?).

En cinq minutes je suis sur place ; à cette heure pas grand monde sur la route…. Le corbillard est là. J’aperçois de la lumière au deuxième e ; je sonne au pif et la porte miraculeusement s’ouvre. Là je gravis les hauts degrés et me retrouve devant une porte entre baillée…Quel silence de mort si je puis dire…. Précautionneusement je rentre à pas de loup ; j’entends des voix étouffées et celle de Georges qui lui n’étouffe pas ses mots. Je me porte dans une vaste pièce d’où proviennent les voix. Enfin j’aperçois Georges en compagnie d’une femme et d’un homme ; ils m’ont entendu…

-         Enchanté et sincères condoléances que je dis componctieux

-         -Ne vous donnez pas tant de mal ! Me réplique la femme, c’était un vrai con.

Je suis quelque peu stupéfié mais je ne pipe pas. Leurs traits sont quand même tirés la fatigue ; ils ont dû attendre un bout de temps avant que le vieux calanche…

Georges me saisi le bras et m’emmène un peu plus loin.

-         Bon qu’il dit c’est comme d’hab. ! Un vieux, pas lourd, on le met dans le cercueil, on l’embarque ; tu prends le fourgon et moi ta caisse que je ramène chez toi.

-         Mais ? Je demande, pourquoi moi ?

-         -Moi j’ai un peu bu, j’voudrais pas me faire serrer.

-         Ok ! Je dis et je le conduis où ?

-         Comme d’hab. ! Reprend Georges à la morgue.

-         C’est encore ouvert à cette heure ?

-         Tiens ! Qu’il me répond en me jetant les clés !

La mise en bière se déroule sans problème. Le médecin qui était venu entre temps a délivré le certificat de décès…On peut-y aller…

 
II.
 

Je roule à tombeau ouvert, facile le jeu de mots, la route y-a pas âme qui vive, encore simpliste la phrase…

Et mince voilà un des feux tricolores qui passe au rouge ; j’vais devoir me les payer tous… Je patiente bon gré mal gré, quand un bruit à l’arrière me sort de mon demi-sommeil qui me prenait à nouveau. Au début je n’y prête pas attention ; mais le bruit se réitère, plus intense. Je me retourne : ça vient du cercueil…

Là je panique et ça me réveille complètement et apparemment celui qui est dans la boîte aussi. Le couvercle s’entre ouvre, horreur ! Je vois une main celle du macchabée. P’tain que je me pense c’est quoi ce délire ? J’hallucine, je dors, c’est pas possible…

Et ben on c’est pas onirique ce truc, c’est bien le défunt qui nous ressuscite d’entre les trépassés : palingénésie…Et pour moi létalité…Je reste quelques instants bouche bée…

-         Qu’est ce que je fais là ? Demande une voix d’outre-tombe ?

-         Mais vous êtes mort que je réponds stupidement.

Le vieux, lui, c’est mis sur son séant, il a le teint cireux mais il est bien vivant ! Et merde que je me reprends intérieurement en paniquant de plus en plus.

Bon assez, cool, faut que je réfléchisse vite fait, le feu va changer de couleur.

Recouchez-vous ! Que je dis au vieux !

Si je l’emmène à l’hosto ça va prendre un max. de temps et puis la famille avait l’air si contente…

Le feu c’est verdi, je redémarre et bifurque alors route de Bâle et sans réfléchir je vais m’engager sur l’autoroute à vive allure…Personne une chance.

Bon que je me dis, la première aire d’arrêt je stoppe et on avisera…

Une idée noire me traverse l’esprit…Une petite idée comme ça qui jaillit parfois comme une petite flammèche, une idée bestiale : et si je le tuais ? Pas de problèmes et tout le monde est satisfait ; De toute manière il est « mort »…Et puis j’ai jamais tué quelqu’un, se serait une nouvelle et peut-être délicieuse expérience…Je secoue la tête…T’es complètement ouf! que je me dis…Mais de plus en plus l’idée s’immisce en moi…

Une aire d’arrêt s’annonce, je déboîte, me range, coupe le contact, sort du véhicule et ouvre les portes arrières. Le vieux s’est relevé…Sans comprendre, je le saisis par le cou et je serre…Je serre…Le vieux, il ne réagit pas… Il s’éteint peu à peu.

Voilà c’est terminé ; plus un souffle ; là il est raide…Je n’ai même pas senti, je ne resssens rien, pas de tristesse, pas de joie…Tout c’est déroulé avec une facilité déconcertante…

Je remonte dans le véhicule et emballe le moteur. A la première sortie que je détecte je déboîte ; encore un regard à l’arrière…Merde !!!! Un camion…Trop vite…Le pied écrasé sur le frein…Trop tard…Rien à faire…

 
Epilogue
 

Je m’approche plus près de la pierre tombale : « Ici repose en paix Edgar Subsolé. » Une petite stèle en bas sur la tombe, à droite : « A notre regretté collègue »…Mais ce que j’ai lu auparavant ??? Je devais probablement être trop à distance… Je reprends l’allée centrale et arrive devant la tombe de mon ami…

par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 2 septembre 2006
.
Orfèvre contentement
 
L’amour m’a confié
Le fond de tes allants
Promouvant aux suffrages
L’alkermès délectable
Tu éclisses mes torpeurs
A l’évitable envie
En chantant le triomphe
Des éclairs tarissables
 
La saline sueur
En perles sur mon corps
La chaleur de l’étreinte
Fougueuse tant attendue
M’enivre des embruns
De l’océan plaisir
De tes membres contractés
Tout appel à l’amour
Se suspend à la vie
 
L’espace de ces minutes
De tendresses passionnées
S’intime en diapason
Et correspond en clé
A la première portée
Les parfums les couleurs
Les touches d’effusion
Au temps de l’estivage
Nous laissons en sauvage
En gardant à l’après
Une durable houle
 
Allongés côte à côte

Nos bras saillants s’enlacent

Resserrant en étau les liens
De caresses furieuses
Les essaims propagés
Délivrent en vainqueurs
Les fraîcheurs aiguisées
Qui durent comme lames
A l’acier de l’aplustre

Pourfendant nos vagues à larmes

Qui secouent nos deux corps
Intimement unis
 
J’ai dans la bouche le goût
Des ombres haletantes
Qui épousent les contours
De bonheurs pudendum
Au loin du paysage
S’animent les labours
D’où germent pour croître
Les ferments de la vie
 
J’ai trouvé au contact
De charnelles fusions
La chaleur immortelle
De l’amour diacode
Prends en sourds mouvements
Celui des tons changeants

A l’azur irisé de ton élancement

 
La volupté me saoule
Itinérant mon âme
En ithos trajets
A l’acte itératif
Invoquant les images
De pensées étincelles
Dont l’écume diaphane
Est sacrement muet
Entre tes hanches s’immisce
Mon piolet amant
Et le battement des tempes
S’agatite à gravir
Pour briguer les sommets
T’offrir à toi l’élue
L’orfèvre contentement.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 1 septembre 2006
Promessa
 
De l’Argonne à Valmy
Aux jardins suspendus
Montfaucon en gémit
De l’histoire meurtrière
Quand je t’ai rencontré
Pareil à ces déserts
S’affrontaient frémissantes
Mes brouilles d’existence
Ton amour a gravé
Sur fond de page noire
Un regard nacré
D’images de ton cartable
La gangue s’est brisée
Et l’argutie naïve
Des défunts hivernaux
Mardi gras carnaval
Mon cœur colophane
A contre jour renaît
 
J’ai la peau grain de sable
De la braise plein les yeux
Par delà les frontières
De mon âme gonflée
De mes pleurs tuméfiés
S’évapore grevé
Le miroir perdu
De mon reflet brisé
Je quête en ignorant
Des formes antérieures
Un pœcile poète
Orné de sentiments
Ouvre la perspective
D’un Phénix ravivé
Sur une terre cendrée
Repose le canope
Repu de gongorismes
Posthumément versés
 
J’ai couru sur les berges
Et traversé le pont
Serrant à pleine main
Mon sourire sulfaté
Plongeant sans hésiter
Dans les eaux diaprées
Pour rejoindre prestement
Ton podoscaphe paisible
Qui au courant de l’onde
Vers Saturne dérive
Mon rire est en goguette
A enlacer le tien
Il faut croire que les flots
Ont d’apaisantes vertus
Je me prends à chanter Verdi
Traviata promessa
L’astre divin ému
Distille ses étuves
Qu’une brise subtile
Evente à nos haleurs
 
Sensuelle étendue
Tu fleuris de ton or
Les sombres bois touffus
Qui s’affligent incrédules
Au long de lentes rives
Ta chair nue et ardente
Aux crachins des rayons
Révèle la toison
Parure de l’aurore
 
La pagaie subulée
S’agite dans les eaux
La barque se détourne
Ondulée par les orbes
La bourrasque se lève
D’une courte durée
Emportant en témoin
Les infinis soupirs
 
La quiétude envahit
Nos corps étoilés
A la rousseur perlée
Tranche un teint buriné
Nos souffles inouïs
S’alourdissent en paresse
Ta tête reposée
Sur mon flanc ciselé
Je te récite l’ivresse
Du bateau de Rimbaud
Quand l’horizon rougeoie
Embrasant notre barque
L’indolence nous porte
Vers d’incertains pontons
Où sommeille en sagesse
Notre infinie passion.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 1 septembre 2006
Mes nuits
 
L’Erythrée bouillonnant se tache de bleuîtes
Virant à l’indigo de reîtres cavaliers
L’insolente nocturne s’immisce dans les eaux
D’où émergent en nombre Hydres Furies et Gorgones
Entités cauchemardesques qui se lovent indolentes
Dans les sinuosités de mon attente
 
La nuit elles se réveillent et hantent l’inconscient
Pour passer à trépas en franchissant le seuil
Des premières lueurs du Chevalier Hélios
 
Je suis le fou d’échecs à la reine perdue
Dans la céleste voûte noire et blanche nuque
Morphée est effaré il en fuit ma personne
Et préfère se donner à d’autres inconstances
 
J’en demeure statufié médusé de haleur
La tour de mon roi se déplace à ma garde
A l’entre deux des cases ni noires ni blanches
J’abolis mon tourment en injection d’ennui
Aux subtils contours de sourires apaisants
 
 
Et tel l’anableps à l’insolente nature
Je m’en vais respirer hors des ondes troublantes
Corrège dépité à l’idée de payer
Le passage de Mes Nuits au nautonier Charon
Pour franchir le Styx de ma désolation.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 31 août 2006
Clichés
 
Tu as les yeux qui courent
Sur ta peau ensablée
Et tes lèvres vermeilles
Ont le goût de mon ciel
De ta robe voilée
Qui s’agite de jambes fines
Qui s’étendent au vert
De l’autan alangui
 
Aux jours qui passaient
Mon cœur se trépassait
A attendre sur la grève
Le déchaînement des vagues
Mon âme tant amoureuse
Se découvre à l’envie
De posséder le corps
Au fort de la tempête
 
J’ai ma peine à comprendre
Que les feuilles virevoltent
A l’épaisseur des vers
Qui déferaient mes fers
Quand viendras-tu me voir
Toi qui me passionnais
Qui me tourmentais la tête
En girouette glaive
 
Jamais je ne ferai
Le chemin de Traverse
Pour rencontrer tes jours
Qui m’éloignent de toi
Je sais combien je t’aime
En mouvements d’affliction
 
Qu’ai-je perdu tout ce temps
A fondre en forgeron
Les passions d’une fugue
De regards obliques
De mots intempestifs
Qui s’étirent en clichés
 
A peine ai-je le désir
Que le remords me gagne
A vivre sans vergogne
Aux besoins qui te nomment.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 31 août 2006
Le doublon
 

Comme d’habitude on relève son courrier quotidien avec son lot d’éternelles factures et autres lettres désobligeantes…De moins en moins la correspondance s’écoule car notre époque vie à l’époque de l’informatisation et de ses possibilités d’échanges correspondancières ! Moi aussi j’en suis atteint mais il faut dire qu’en temps réel cela est plus pratique…Néanmoins une missive manuscrite peut parfois déclencher un de ces échanges devenant à mon sens la nouvelle écriture épistolaire, n’en déplaise aux puristes…

 
I.
 

Comme à l’accoutumé, en fin de matinée, j’allais relever mon courrier et son lot de fastueuses lettres dérilictives. J’ouvris la boîte et me saisis d’une abondante liasse d’enveloppes et d’inévitables publicités. J’emportais-le tout puis regagnais l’appartement…Je regarde subrepticement ces poulets dont l’un d’eux, manuscrite, attise ma curiosité… Je me hâte de l’ouvrir…Je fus un peu surpris ! Et surtout déçu en m’apercevant qu’il ne s’agit que de l’un de ces écrits de « chaînes » de l’amitié. Marri j’allais froisser le papier quand une apostille retînt mon attention :

« Tu ne me connais pas mais moi si et même très bien ! Retrouve-moi sur l’adresse suivante cafre@tanagra.fr. » »

Je suis circonspect voire plus car c’est ma propre adresse messenger…Je réfléchis quelques instants et puis mis la lettre de côté : je m’en occuperai plus tard. Je posai la lettre machinalement sur un coin du bureau…

L’après-midi arriva et j’ai invité Pélanie à venir boire un café calva. Je suis donc allé la chercher et quelle chance elle s’en rappelait ! Une fois chez moi on s’installe sur des poufs marocains de part et d’autre de la table basse en tek. Je m’affairais à couler le breuvage et la rejoins en attendant.

-Tu sais Pélanie que je lui dis, j’ai reçu une drôle de lettre ; Enfin celle d’une chaîne de l’amitié mais le bizarre, là je prends un air plus sérieux, il y a ma propre adresse msn au dos avec un petit ajout :  « Tu ne me connais pas mais moi si… »

Pélanie me regarde suspicieuse, pensant sûrement que je me ris d’elle.

-         C’est quoi ce délire ? Qu’elle rigole !

-         J’en sais rien, je rétorque vaguement, mais c’est troublent ; Même si c’est une connerie.

Le café est passé ; on s’en sert deux tasses bien remplies et j’entame :

-         Ca me fait un peu rire ! Mais si on allait jeter un œil après ? Ok ?

-         - Si tu veux, me dit-elle en soupirant.

 
II.
 

-C’est pas possible que je dis à Pélanie, ma propre adresse peut pas fonctionner en concomitance avec la mienne !

-         Tu sais, répond Pélanie en haussant les épaules, moi l’informatique, plutôt nulle

Bon ! J’insiste pas trop, me connecte sur msn … Quelques instants et je tape une nouvelle adresse : Ça fait un peu bizarre de renter sa propre adresse, mais je sais parfaitement qu’il y aura refus…Tout se déroule normalement, pas de refus et le nouveau correspondant apparaît dans ma liste avec mon propre pseudo…Je clique deux fois dessus et comble du comble, une page conversation s’imprime sur l’écran, avec ma propre photo et au-dessus. J’e=n reste pantois, scié et totalement dubitatif…

Soudain, une phrase s’inscrit sur l’écran :

 -Tu vois que je te connais, je suis ton alter ego…

-Alter ego ? Que je demande à pélanie ?
-Oui, elle me dit ton autre toi.
     -Quel autre moi ? Je demande. Il n’y a que MOI.

Mais le texte se rallonge comme une table qui attend d’un pied ferme de nombreux convives.

-Je suis ton reflet, ta psyché, ton reflet-refletant, ton Hyde, ton Horla. , ton Ombre…

Hyde je connais par Jeckyll, le Horla c’est Maupassant ; mais Ombre ?

-         C’est L’Homme qui a perdu son ombre de Chamisso.

-         Et mince c’est vrai ! Je rajoute secoué comme une balle de coton

J’arrête le pc quelques moments et le relance…Une nouvelle fois me rends sur msn…Rien n’a changé…Une nouvelle phrase au contraire s’inscrit comme une férule sur les doigts d’un enfant.

-         Arrête tes conneries Vierleux ! Que je vocifère devant l’ordi ! En tapant sur les touches graisseuses du pavé.

L’écran reste, il l’est d’ailleurs, plat un moment puis une nouvelle phrase s’aligne.

-         Tu sais bien Cafre que Vierleux n’a pas d’ordinateur…

Je ne me convaincs pas que je m’adresse à mon –étant parallèle ; c’est fou que je pense en moi… une idée me vient et je piannotte sur le clavier :

-         Tout le monde à un ego ?

-         Non pas tout mais toi oui en particulier.

-         Pourquoi moi ? Que je poursuis sur l’écran ?

-         Ton destin égotique…

Là je ne saisis pas trop bien… Je m’affole et Pélanie voit que je commence à fulminer ; Elle me prend la main et appuie avec l’autre sur l’interrupteur de l’ordi.

C’est quand même effarant çà c’est sûr. Il faudra que j ‘en parle au psy. .

Je dois délirer et Pélanie aussi : hallucitanions collectives.

De la journée, puis de la soirée je ne ré allume pas le pc et je n’y pense même plus tant Pélanie et Goeffrey m’ont fait rire avec leur dialogue de sourds : l’un renvoie l’autre à ses plates bandes…Dieu merci ça ne se termine jamais en pugilat…

 
III.
 

Matin plutôt maussade, nappes de brouillard et crachin réfrigérant. Je me lève engourdi encore par le sommeil… Pélanie dort sur le canapé que je vois quand j’entre dans le salon, elle baragouine quelque chose et se rendort. Je n’ai pas cessé par contre toute la nuit à l’ordi et en cette matinée mon esprit en est encore tout encombré. Je vais direct au bureau et enclenche l’ordi…
Non ce n’était pas une hallucination ! Mon pseudo figure toujours sur la liste des connectés. Je clique et tape une banalité.

-         Salut !

Quelques secondes suffisent pour qu’une réponse apparaisse :

-         Déjà levé mon cher moi ?

J’hésite un instant, me frotte les yeux. Bon un double c’est quoi finalement, si ce n’est qu’une partie existentielle du pour-soi. J’ai maintes fois discuté avec le psy. Et toujours il me disait :  « N’hésitez pas à dire ce qui vous traverse l’esprit… » Après un laps de temps je tapote derechef sur le clavier :

-         Est-ce que tu es ou n’es pas ? Existes-tu pour me pourchasser ?

Encore un instant se déroule où je vois s’inscrire en bas que « Cafre compose un nouveau message. »

-Je suis pas autre, je suis toi et tu es moi…Si j’étais autre je n’aurais d’intérêt pour toi dans la mesure où je serais un autre inconnu… Je ne suis pas ta conscience car tu en as très peu, je suis ton toi exhaustif.

-Mais moi, que je tape immédiatement, n’a pas d’autre moi dans la mesure où je suis unique. Voilà qui est balancé que je pense

-         Tu n’es pas unique : tu es inique et égoïste…

-         Impossible ! Que je pense ! Tout ce que j’ai je le partage ; je serais plutôt altruiste que je me pense. Impossible que je marque car Moi je suis tout le contraire de ce que tu écris !

-         Oui c’est pour ça que je suis ta psyché, ton reflet-reletant, pas ton négatif mais ton pour-soi qui pense être libre et ouvert, alors que tu es tout le contraire !

-         Négatif que je réponds. Pas un de mes actes n’est ce que tu dis…

-         Inconsciemment si ! Qu’il réplique du tac au tac ! Ton existence n’est pas liberté, mais que tu le saches ou non cela revient au même. Introspectivement tu ne cherches pas l’autre et acceptes d’être un autre toi qui es bouffi d’angoisses.

Les angoisses d’accord ! Que je pense mais ce soi-disant autre-moi, je vais lui régler son compte ; il raconte n’importe quoi… Fièvreusement j’accède au progrmma de nettoyage de disque et clique sur la fonction effacer les fichiers doubles. Ca ne prend que quelques secondes… Plus de fichier double, plus de doublon !

Je reviens sur messenger et je suis satisfait, mon « doublon » n’apparaît plus, n’existe plus… Moi je ne suis pas Jeckyll pas le Horla qui suppose-t-on, on peu être éradiqué … Moi je l’ai anéanti lui et pas moi… Et j’en suis parfaitement orgueilleux !

Je m’en vais quitter l’ordi. ,Quand une petite fenêtre s’ouvre en haut à gauche de l’écran ! « Un nouveau correspondant demande à se connecter : cafre… »

Je clique alors sur REFUSER…La fenêtre s’estompe…Mais quelque seconde suffisent et :  « Un nouveau… .
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 29 août 2006
Aporie sur le Néant.
 

Je ne saurais prétendre engager un discours sur le néant mais juste en écrire une petite aporie.

Répondre à ce qu’est le Néant serait répondre à l’improbable car le Néant n’existe que parce que nous existons. Cela s’avère évident mais pas autant qu’il paraît…Le Néant est une certitude comme est la certitude que nous sommes, c’est-à-dire que considérer le Néant comme absorption finale : finitude de l’être dans son essence primaire dont Sartre disait qu’ «  il faut que le Néant soit donné au cœur de l’être ; pour que nous puissions saisir ce type particulier de réalités que nous avons appelé négativité ! »

Sommes-nous issus du néant autant que le néant est issu de nous ? L’un ne peut correspondre sans l’autre comme un miroir sans tain dans lequel se refléteraient les deux entités que sont l’Etre et le Néant. Dualité ou correspondance ? Dualité dans ce sens qu’inexorablement le néant et l’être se chevauchent alternativement pour exister facticiellement ou correspondance puisque l’un répond à l’autre. Fatum ? Le destin ? Non ! Certes pas ; au risque d’apostasie, il n’y a rien de fatal dans le néant et l’existence ; simplement que les deux s’unissent pour subsister au sein même de l’esprit, seul capable de les réifier. « cogito ergo sum », je pense donc je suis : Certes mais le néant est-il aussi pensée ou abstraction par l’esprit ? C’est sûrement la plus grande douleur et la plus grande souffrance qu’est le Pensée, celle de se trouver devant l’abîme du Néant et que ce dernier ne puisse répondre à nos interrogations. Plusieurs solutions poignent alors, mais la plus évidente, pour ne pas connaître l’angoisse c’est de nier en s’absorbant dans le commun du réel, car le néant n’est qu’un futur incommensurable et conceptuel qui ne cesse pas de nous envelopper quoi que nous puissions entreprendre.

Se néantiser pour le néant reviendrait à n’exister que pour ne pas exister…Que de négativité dans la négation, de le néantitude indéfinissable. Seule l’angoisse demeure parfois sourde mais bien vivante. Et c’est le plus grand des aux car : Aussi substantielle qu’elle puisse être, elle nous empêche, sauf sans doute par la foi entre autres, d’exister en correspondance avec le Néant.

Néant teu es ! Car moi je suis! Donc nous sommes complémentaires : « L réalité humaine [est] dans le néant. » Sartre, L’Etre et le néant.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 28 août 2006
Suite en dièse mineur
 
M’endormir oublier tout proche de la mort
Ecouter de ton sein le souffle de l’effort
De la vie régulière en acharnés battements
C’est tout ça mon amour qui me pousse à veiller
A surprendre le jour qui brisera les lois
Qui retiennent  âme et corps en juste protection
 
Que puis-je à l’explosion qui enflamme l’abîme
Dans laquelle plongé je tourne en dérision
Les visions des ardeurs de mes sens retournés
Aux six suites de Bach sur un violoncelle
Je répands dans mon feu la poudre du Cathay
 
Je serpente en des vers de reptantes motions
A former en fa dièse une dichotome raison
Le Basilic fantasque pétrifie mon bréviaire
Où je notais en ciel l’Alde Baran luisant
 
Ne m’en veut pas très belle de chercher l’Alhambra
Dans tes deux yeux verts pers pour éviter pers vert
Il me prend à songer à ses passions seyantes
Qui ondoient en tourments les images éveillées
 
Je ne veux pas sevrer mes précieux souvenirs
De tous parhélies qui hantent en lémures
Les moindres aphorismes de tes divines courbures
Dont je n’ai que le goût du voile de tes robes
 
L’affection d’existence terne mon infamie
De tristesse embaumée d’un sépulcral Râ
Je suis le solitaire à la voile éperdue
Sur les houleuses mers aux insidieux sarcasmes
 
Mon amour mon cœur tu remplis ma fontaine
Où borde le sommeil d’âpres siccités
Ta giberne remplie tu fais feu de ton âme
Et tu touches sans peine mes embrasées passions
 
Je suis anachorète encéphale fêlé
Dispenseur de lunules aux tendres hyménées
Je sens dans la lenteur la rosée de tes gestes
Tes silences indolents qui sourdent parfumés
Ils remuent dans mon ventre précipitant le cœur
Et je n’ai que de salive tes lèvres frémissantes
Aux doux goûts endémiques qui atténuent la peur
D’instants éparpillés qui n’auront plus de jour
 
Je m’endors éveillé des encres céphalées
Mon amour ma veine je ne puis que t’aimer
 En sentir de ton sein ta sève m’enivrer.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 27 août 2006
Muse
 
Je voudrais te revoir ma tendre inspiration
Au fond de mes ténèbres j’égrène les saisons
Une à une s’arrêtant à l’hiver
Triste de l’absence blême de l’isolement
 
J’attends en impatient les repos printaniers
D’un retour éphémère prêt à me réchauffer
Pour que ses mains glacées s’agitent en caresses
Et retrouvent les mots des rondes effrénées
 
Je désole le temps à recompter les heures
Les jours les mois les ans l’éternité
Clamant à mon ego sa folle témérité
Celle d’une attente que trop démesurée
 
Cependant à ces mots se conjuguent les verbes
Patienter et aimer en toute impunité
Je serai le gardien l’insolent enivré
De tes nuits étoilées par l’infini lacté
 
Aveuglé j’atteindrai tes ardeurs véloces
A garder tes secrets qui t’enlèvent à moi
Pourrai-je te garder ô muse à mes côtés.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 26 août 2006
Trismégiste
 
Recommencer ma vie
Comme une peau de chagrin
Partir à l’infini
D’une tourmente en verre
Etaler mes envies
Au hasard des tournants
Ne plus craindre sans répit
La chaîne des tourments
 
Chagrin de fleurs mortes
Epicées de candides
Sortilèges loufoques
Caressées de fatigues
Partageront oisives
Mes dernières pensées
 
Quand j’en aurai assez
De toutes ces turpitudes
Je me clouerai en fixe
D’un joint non consommé
 
Incomprise parure
De mes enchantements
La nuit me fait souffrir
Et pourtant j’écris tant
 
Applaudir les mains vides
Sans effleurer le jour
Je doute de la pluie
Qui ruisselle à mon front
 
Un jour je reviendrai
D’abîmes trismégistes
Et je gueulerai bien fort
Que je ne veux pas la mort.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Vendredi 25 août 2006
Supplicieux
 
Sur mon bureau ouvert
Deux trois livres empruntés
Une lettre misère
Seuls présence de toi
Dans ma tête quelques vers
De Nerval ou de Baudelaire
Des motifs nuit d’encre
Sur papier d’harmonie
 
Les objets sont porteurs
De ma fascination
Infusés des odeurs
De mes méditations
 
Je dévore en glouton
En supplicieux délices
De chairs nauséabondes
A l’approche de l’abîme
Des talismans sacrés
Aspirent mes douleurs
En des désirs féconds
 
Le silence diacode
Distille finement
L’endogène passion
Cérusée d’