Jeudi 24 août 2006
Pour tous ceux qui n’aiment pas l’école.
 

C’est bien là un endroit que je déteste le plus. Que je me dis alors que les élèves silencieux et penchés sur leurs copies planchent ! Et pourtant je suis prof…Non pas que je n’aime pas les élèves et la connaissance mais voilà il y a tout le reste … Et Jenny.

Un doigt se lève, je suis extrait de ma méditation.

-         Oui que je demande ?

-         M’sieur y-a un mot que je ne comprends pas !

-         Lequel ?

-         Oxymoron m’sieur qu’il susurre.

Foutues examens ! Toujours du vocabulaire inapproprié pour des questions fastidieuses et prises de tête… Je m’approche de lui et souffle :

-         Normalement c’est un examen et je n’ai pas le droit (quelle horreur ce mot) de t’aider. Mais je m’approche de lui et souffle la définition à son oreille : ô sacrilège…Il sourit pour me remercier.

Mais au diable les principes et ces examens c’est bien proche de l’aphorisme de Nietzsche :  « J’ai vu clair peu à peu sur le défaut le plus général de notre façon d’enseigner et d’éduquer. Personne n’apprend, personne n’aspire, personne n’enseigne – à supporter la solitude. »

Je reprends mes cents pas entre les tables. Enfin que je me dis, encore vingt minutes et tout sera terminé : ma dernière année d’enseignement…

 
I.
 

C’était u peu avant les congés de Noël, j’avais entrepris une séance sur les paroles de chanson dans le cadre d’une séquence consacrée à la poésie. Tout ce jargon m’agaçait on ne peut plus ; car pour trouver du métalangage les ostentatoires pédagogues sont imbattables : « Apprendre à apprendre. » Didactique conceptuelle…

Alors que les élèves étaient en pleine étude de paroles de Serge Gainsbourg « Je suis venu te dire que je m’en vais », on frappe à la porte. Je n’ai pas le temps de dire « entrez » que celle-ci se meut sur elle-même et que dans l’embrasure se profile la tête du proviseur adjoint, tout sourire. Il semble goguenard de déranger la classe qui absorbée dans leur travail ne réagit pas et au comble de l’impolitesse ne se lève même pas ! Le proviseur- adjoint me foudroie alors du regard… Je n’invite même pas alors les élèves à se lever ; qu’en ai-je affaire de ce cérémonial…Voilà encore un aspect qui me piquait dans ma pensée rebelle : apprendre le respect de la hiérarchie…Ils auront bien le temps ; quel holà vais-je soulever ! Certes il est nécessaire le respect mais sans démagogie ou sans prosélytisme quelconque beaucoup d’adultes n’en assurent pas vis-à-vis des élèves la réciprocité. Mais ne nous appesantissons pas là ; je ne voudrais pas polémiquer…

Bien ! Une fois entré, je m’aperçois que M. Schütz n’est pas seul, derrière lui se dissimule au mieux, une jeune fille. Le proviseur-adjoint s’efface devant elle ; elle n’est pas très grande et de son apparence qui semble commune, se dégage aussitôt, surtout de son regard vert jade, une sérénité et une fatale tristesse.

-Je vous présente dit M.Schütz en s’adressant à la classe qui vient de s’apercevoir de sa présence et qui se lève d’un seul homme, comme quoi, Melle Muller Jenny qui vient rejoindre votre classe de première ! Je passe sans peines le protocole omnipotent qui s’en suit qui me rasent, je l’avoue…Jenny, une fois M.Schutz les talons tournés, s’installe à ma grande surprise au premier rang, place que les élèves en général fuient…Et le cours s’achève sans que Jenny n’aie ouvert la bouche.

 
 
II
 
 

Ce matin il fait plus froid que d’habitude dans les couloirs du lycée, panne de chaudière. Je ne m’attarde pas aujourd’hui, mais, alors que ma pensée était voletante, je me heurte à quelqu’un…

-Pardon monsieur ! Que j’entends ? Je relève la tête, c’est Jenny.

-         C’est moi ! Que je lance ! Excuse-moi de mon inattention.

-         Je vois poindre un léger sourire sur son vis si pâle et désolé.

C’est l’interclasse ; j’allais rejoindre la salle des profs comme d’accoutumer mais là j'en n’ai pas envie. Jenny est seule et puis elle m’intrigue.

-         Tu ne sembles pas en grande forme ? Que je lui demande ?

-         Vous savez monsieur, qu’elle répond sans apparat, je n’aime pas l’école !

Je suis désarçonné et comme un automate je reprends bêtement :

-         Et pourquoi ?

-         L’école elle ne m’apprend rien qui ne me fasse pas m’ennuyer…

Là je reste coi en pensant tout de même à cet aphorisme de Nietzsche :  « -J’ai vu peu à peu sur le défaut le plus général de notre façon d’enseigner et d’éduquer. Personne n’apprend, personne n’aspire, personne n’enseigne- à supporter la solitude. »

Bon il est vrai que moi non plus je n’aimais pas et je n’aime plus trop l’école…Solitude c’est bien vrai et cet ennui croissant…

-         Mais tu es majeur ! Que je m’entends stupidement lui rétorquer ! Personne ne t’y oblige.

-         Si ! Qu’elle répond du tac au tac, ma socialisation coercitive.

-         Je suis médusé, coercitive…

-         Est-ce si étouffant à ce point la société pour toi ? Que je demande alors que je pense exactement la même chose ?

-         Pire grave, qu’elle rajoute ; c’est carrément une délité.

-         Quel vocabulaire que je pense et déjà l’esprit si indocile…

Malheureusement l’interclasse prend fin. Jenny et moi nous nous séparons et moi allons rejoindre notre « taf » respectif…

La journée s’est déroulée insipide comme à l’habituel, lente, pestilentielle d’à propos rébarbatifs autant pour moi que pour eux…Mais j’ai songé toute cette sainte journée aux traits de Jenny. A quoi sert l’école que je me pose maintenant, alors qu’on m’a toujours dit que c’était le lieu des libertés où chacun avait sa chance d’égale ligne de départ…Mais à l’arrivée ?

Je rentre chez moi, seul, après avoir vaguement discuté avec Phil un collègue de Physique qui est un peu comme moi du moins dans son assertion scolaire. Dans quelques jours les congés…Je ne me réjouis même pas… L’école que j’abhorre va me manquer…Quel paradoxe…Et pourtant je ne connais que ça !!!

 
III.
 

J’ai passé des vacances détestables…Je n’ai rien fait pas même les sacre- saintes corrections et préparations. Pourquoi maintenant sur les simples phrases d’une gamine je me pose tant de questions ! Tout va bien en fait, du boulot, pas de problèmes incommensurables professionnellement ! Pourtant voilà en peu de temps que je doute vraiment…Cet endroit que depuis ou si peu quitté depuis ma jeune enfance…

On sonne ! C’est Phil qui m’avait dit la veille qu’il passerait me prendre pour aller au lycée. Il a un peu d’avance alors on cause et je lui mets mes questionnements intempestifs sur le tapi.

-         T’inquiète pas ! Qu’il dit me gouaille ! Tu sais moi aussi l’école j’ai jamais aimé et j’ai travaillé en usine avant, tu le sais…Maintenant c’est une revanche en quelque sorte !

Une revanche oui, mais peut-on transmettre des savoirs par revanche ? J’ai du mal à transmettre moi, surtout avec les programmes…Comme le disait Nietzsche en substance, je me méfie des systèmes, ils manquent de probité…Mon esprit à nouveau s’échappe et là je pense à Jenny, la soumise de dix-neuf ans…Je ne la comprends pas…

-Allez zou ! Lance Phil, faut bouger.

Je lave rapidement les tasses et jette sur mon bras ma gabardine ; il fait plus doux aujourd’hui, et je le suis…

La salle des profs est comme à chaque rentrée comble de papotages divers qui fusent ça et là, professionnels ou non. Moi j’ai pas trop la forme pour discuter ; Alors je prends un café au distributeur et m’assieds à l’écart, beaucoup de bruit pour rien. Je ne suis pas trop relations humaines en fait, mais pas misanthrope non plus…Personne ne prête garde à moi, comme d’habitude…

Sonnerie ! Faut rejoindre sa salle. Automatisme, j’ai rejoins mon bureau, Jenny est juste en face de moi. Les autres élèves finissent d’arriver en chahutant un peu…

-         M’sieur me demande doucement Jenny ?

-         -Oui  que je lui réponds tout aussi posément ?

-         Demain je ne viens plus…Vous m’avez convaincu, ; je ne resterai pas là où je ne veux pas être…Là où finalement la déréliction m’afflige..

Je ne sais pas quoi lui répondre, surtout au terme déréliction …

J’ai fini par souffler :

-On en reparlera après le cours ?

Elle me sourit joyeuse…
 
IV.
 

J’ai entraîné Jenny avec moi, quitté le Lycée alors que je devais donner cours et elle en suivre un. Elle n’a pas refusé et nounous sommes éclipsés sans bruit à travers les rues de la ville jusqu’à un petit bistrot où nous rentrons. Nous choisissons une place un peu à l’écart et sombre. Une musique enveloppe la pièce, c’est Roxane, de Police, groupe que j’affectionne particulièrement. Jenny s’installe après s’être défaite d’une espèce de paletot trop grand pour elle et s’assied, tandis que moi je me débarrasse de ma gabardine. Nous commandons deux grands cafés; le silence ne pèse pas longtemps.

-         Alors comme ça tu nous quittes Jenny ? Que je commence !

-         Oui ! Qu’elle répond les yeux soudain pétillants ? C’est décidé vous m’avez, me répète-t-elle, convaincu… Et de plus, qu’elle rajoute, je perds mon temps dans cet endroit étouffant et blafard.

Toutes ces questions je me les étais posées depuis le début des congés et je m’entends lui sortir :

-         Tu as bien raison…

Un espace de soupir s’intercale et elle reprend

-         Vous devriez faire la même chose m’sieur…L’école c’est pas un endroit sain ; Ni pour vous ni pour moi : infantilisation !

-         Mais tu sais ! Que je rétorque, je ne sais rien faire d’autre…

Elle se met à rire doucement…

-         C’est ce que vous pensez ! Vous ne l’avez jamais quitté comme une mère avec laquelle on ne peut couper le cordon ombilical. Et pourtant, qu’elle rajoute, vous ne l’aimez pas, ça se sent.

Je réfléchis quelques instants et je dois avouer qu’elle n’a pas entièrement tort…Je n’ai de ma vie qu’été à l’école ; subit l’école et l’a fait subir aux autres. Pourtant il faut l’avouer mes scrupules sont encore incommensurables et me font hésiter même-si j’y avais déjà songé ; mais comme disait Nietzsche, « A quoi servent donc ces églises, si elles ne sont pas les tombes et le tombeau de Dieu ? .

-         L’école c’est la liberté que je reprends stupidement comme une leçon bien apprise.

-         Oui qu’elle répond Jenny en avalant quelques gorgées du breuvage noir, la liberté du mausolée.

Je ne sais que lui répondre car je sais pertinemment qu’elle a bien raison, l’école est une institution de refoulement du moi face au monde qui n ‘existe que parce que nous le concevons comme tel ; alors que cette vielle dame n’existe que parce qu’elle abolit notre moi-étant absolu au profit du système dont je me méfie Parce que tout système, disait Nietzsche « manque de probité. » ( C’est à croire que j’enseigne la philo plus que les Lettres loll…. Elle a raison cette foutue gamine, je me suis laissé bouffé par l’école et j’y crois encore…

Jenny me regarde de ses beaux yeux verts et me sourit à nouveau, ; elle sait qu ‘elle a touché un point sensible et que je suis prêt à chanceler, : le doute…

 
Epilogue.
 

Le temps a œuvré (operare latin ancien terme pour « travailler » qui lui vient du latin vulgaire tripaliare qui veut dire à peu près « torturer », terme qui serait peut-être plus approprié ici lolll.) Et à la fin de l’examen tombe…Je ramasse les copies, les dernières… Du temps s’est écoulé depuis ma rencontre avec Jenny…J’ai été en congé pour une légère dépression de luttes de controverses et culpabilisants internes : «  Que fais-je à l’école moi qui l’exècre ? »

J’ai consulté et le psy. M’a libéré de cet attachement embryonnaire…Travail de sape qu’avait commencé Jenny.

Elle ? Elle est partie…Non sans m’avoir envoyé ce petit mot : « Courage ! Fuyez comme moi…Tendrement, Jenny. »

Pour tous ceux qui n’aiment pas l’école cultivez votre savoir, ne le perdez pas de vue même si l’école en est l’initiateur mais sachez prendre patience dans un lieu vétuste qui n’est qu’une vieille dame souffreteuse et incapable de se dire : «  aujourd’hui je vais me faire belle ! »

Pour tous ceux qui n’aiment pas l’école…Moi j’en suis aussi…Et ce n’est pas facile ni de l’avouer ni de se l’avouer… » J’ai vu clair peu à peu sur le défaut le plus général de notre façon d’enseigner, d’éduquer. Personne n’apprend, personne n’aspire, personne n’enseigne à supporter la solitude. »( Nietzsche, Fragments et aphorismes, A, n° 443.

 
 
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Mercredi 23 août 2006
In pace
 
Ca conspiration m’étreint
Astreignante mélopée
Affreuse Circée aux seins de glace
Se mire dans mes yeux
Et se pétrifie de soie
 
Quel sens au plus abject
Déités factices
Apostasie universelle
Qui me laisse éteindre
Le brasier de l’infernal
 
Eternel palingénésie
Résurrection conflictuelle
Entre amour et haine
De sa défaillance chevronnée
 
Sois au plus bénin
Des tapisseries flamandes
Où s’esquisse une vénerie
Dont les héros fantastiques
Sur des montures féroces
Exhalent des onguents
De naseaux essoufflés
 
Ne suis -je pas la traque
L’animal retranché
Aux cavatines dévoisées
 
Que ne suis-je Axel
O Sara de Maupers
Dans cette course effrénée
Vers l’Absolu ouvert
 
Némésis aux arcanes
Faciliterait ma détresse
De mots égarés fuyants
A nouveau le voilà
Ce court motet
Il m’assaille à jamais
Aurais-je un jour la paix ?
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Mardi 22 août 2006
Premier jour
 

22 juin 1998

 
A force de parcourir
En tous sens le couloir
J’apprends le jaune ictère
Et la crasse par cœur
Ca et là fleurissent
Quelques orchidées sauvages
Qui s’épanouissent hideuses
Aux sons vagues des télés
 
J’aime le quasi-silence
De l’espérance sereine
Retrouvée en ce lieu
Infecté par le miasme
Où la folie sourd
Cachée à chaque détour
D’un lieu simple et pareil
 
Je renais en relaps
L’hérésie de l’angoisse
Si l’esprit n’en veut plus
Le corps en tremblements
Annonce l’athrepsie
Les Nourritures terrestres
A confondre le moindre
Mot de réalité
 
Je préfère les travers
Parsemés et héliaques
Où se provignent chenues
D’élégiaques moskines
L’oghamique grimoire
Ecache mes fugaces
Mais larges dysphasies
Aux regards de tripots
Je m’esseule en des pas
Chapés de plombs émaux
 
Tout aussi proche de moi
Tout aussi éloignés
Vous bousculez mes sens
Qui basculent sans cesse
Trouver un équilibre
Terme qui m’effraie
A me retrouver seul
Peut-être pas assez
Pour laisser à l’esprit
Le temps de se défaire
Des images contraignantes
Qui les ont obligés
Vers d’abyssines fumées
S’échappant de ma pipe
Où un brin de tabac
Au cerveau embrumé
Premier jour à l’Asile.
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Lundi 21 août 2006
Essences
 
Sens muscs encens parfums de la treille
Narines dilatées à l’écoute enchantée
De saveurs nouvelles de senteurs inconnues
Nulle fragrance n’imprègne l’esseulé délétère
Le poison effronté envahit les viscères
Se répand vers le cœur d’Adonis dégonflé
Qui brisé gît à terre dans les larmes versées
Par l ‘absente misère d’une substance sacrée
Volubile et amère d’un baiser dérobé
L’antre palpitant d’un poète suranné
Emphase les rimes autant de cascades
Que l’insolent précieux suant de vers odieux
Par les pores encombrés de sa peau métallique
Aux gris miroitements de prolificité
Prodigue des caresses de son œil Polyphème
Les bouquets sont des mots savamment agencés
Qui pénètrent l’humeur mésomorphe sapidité
Entre l’œil et le nez canal lacrymal
Profondément creusé par de salines perles
Déferlent en cataractes sur les lèvres comprimées
 
Par de dolents sanglots d’un enfant repoussé
L’invective se contient entre les dents serrées
A s’asséner soi-même une rouée de coups
S’ils ne sont mérités, ses soufflets satanés
Ils calment et vitupèrent les carences nasales
Aux onguents de l’amante iniquement voilée
L’oreille s’olfactise d’une terreur vespérale
Ebaudie et trompée par l’imprésence effluve
Qui glisse sur les murs aux abondantes fissures
Renâclant l’éloquence de quelques reliquats
 
Le bruit est un silence au ryhtme décalé
Qui tire de l’inférence l’avide dextérité
A extraire du vide la moindre particule
Le méson de l’aimé capable de dispenser
Le flux analgésique le benjoin soulageant
L’inquiétude effarée de l’amant dépité.
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Dimanche 20 août 2006
Le battant
 
Que ne suis-je parfum
Pour être volatile
Folie désespérée
Pour m’accouder au bord
De mon âme évidée
J’inspire de mes mots
Les paroles limpides
D’une seconde naissance
Choisie parmi les maux
Epuisés du galop
Vers l’infini tonnerre
 
La facétieuse scène
Ne sera plus jouée
A rompre de l’ennui
J’ai coupé les amarres
Trompé l’ai-je voulu
Sciemment inconsciemment
Dans son sein la nature
Porte les odeurs frêles
De feuilles mortelles tombent
D’une saison passée
De la gloire à l’Enfer
Le silence du miroir
Les contours lumineux
Qui s’avancent fatigués
 
La pièce résonne encore
De bruits de pas anciens
Qui s’éloignent dans la Nuit
A perdre mon envie
Siccative décision
Dans les tourbillons blancs
Ne plus aimer quelqu’un
Que de l’Amour profond
Lui assurer l’avenir
Lui donner en confiance
La main vers l’horizon
 
Ce soir je suis bien seul
Cinéraire passé
Sursauts brefs indolents
Défilant prestement
A mon esprit lassé
Le cautère à mon cœur
Ab irato repousse
Tout moralisateurs
Iridiés saupoudrant
De rudes rebuffades
Qui s’éclatent à ma peine
« Que fais-tu du devoir »
 
Pour vivre importe peu
Les battements sourds des armes
L’arôme du respect
Les closes des contrats
Tout être lévogyre
Dextrogyre à la règle
Ne peut être rougi
Par les peines infligées
 
L’estran porte la trace
Encore fraîche de tes pas
Mais le battant poussé
Par la force du vent
Efface à tout jamais
Quand revient la marée
Les illusions perdues
De s’être méconnu.
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Samedi 19 août 2006
Aporie sur l’Absurde
 

N’entendons pas l’Absurde comme absurdité qui consisterait à entreprendre, penser décider et autres, au sens contraire de l ‘entendement, mais comme le pensait Camus, un moment, le seul, qui  « m’unisse à ce monde »Le Mythe de Sisyphe. L’Absurde est consubstantiel de l’existence principielle car il initie à la liberté de son propre destin. L’assujetissement à l’extatique contemporanéité exclue toutes relations substantielles à l’Absurde, ne lui accordant qu’une vénielle pensée.

L’Absurde se veut imagination comme infinisation d’une faculté extra temporelle. L’imagination tant soit peu absurde qu’elle peut paraître se définie de deux façons : conçue ou préconcue : c’est-à-dire temporelle ou atemporelle ; entendons par-là, plaisir ontologique donné comme mane aux autres ou déambulation intérieure sans condition diffusionnelle. L’absurde ne se contente pas de plaisir, c’est également et on y revient inlassablement de l’angoisse principielle : l’Absurde n’est que le reflet dialectique d’un contraire.

Chez Nietzsche l’Absurde s’épanouit en conscience à «  complexion puissante », alors que chez Camus il se fonde sur «  une exigence morale fragile et toujours évanouissant de la volonté. » Son envolée dans Les Nourritures terrestres (Gide) peut l’appréhender comme lénifiante et déambulatoire. Mais n’en restons pas là ; tentons en quelques lignes d’en cerner une parcelle d’Absolue. L’Absurde est la néantisation de l’effort imaginatif d’une certaine folie contemplative qui ne s’approprie pas mais s’impose à moi comme chancre astringent. En relever l’existence est louable mais le vivre est mentalement obscur laborieux…
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Jeudi 17 août 2006
Abeille
 
J’envie le jardinier qui possède la fleur
Qu’abeille un peu voleuse je voudrais butiner
Elle croît s’accroît mais ne paraît se faner
De cette pensée rebelle qui ne peut s’envoler
 
Je voltige légère tente de me poser
Mais vigilant gardien du revers de la main
Le jardinier Cerbère me repousse de son bien
La fleur se flétrit par manque de caresses
De mots tendres glissés au calice de tristesse
 
L’habile jardinier a su l’enraciner
La fleur périra-t-elle lentement étouffée
Pour renaître en merveille d’un bouton oublié
 
L’abeille sait la patience et attendre son heure
Elle saura dérober la fleur au jardinier.
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Jeudi 17 août 2006
Léthé
 
Boire l’eau de Léthé ne serait-ce qu’une gorgée
Et chasser de mon cœur toutes tristes douleurs
Le miroir de mon âme n’a qu’un secret penchant
Dont je recueille en pampre les opiniâtretés
Les fruits de ton ardeur du souffle de tes baisers
Dialysent ma vie des angoissantes frayeurs
Qui obstruent les vaisseaux encrassés de mon heur
 
Les portes entrouvertes à la motilité
Les persiennes mi-closes les narines dilatées
La tour de Babel se surprend à monter
Sous la main désireuse habile à la dresser
Elle ne s’écroulera cette Tour défaite
Que lorsque jailliront en nuage constellé
Les éclairs saillants furieux ensemencés
De flammes éloquentes à la paix retrouvée
 
Je voudrais boire ton eau ô mon précieux Léthé
Pour ne pas les connaître début et fin d’été
Qui abdiqueront la Tour si proche de l’apogée
Et feront des chaleurs en déchirant exil
Dont les vives blessures ne se refermeront.
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Mercredi 16 août 2006
J’aurai été grand 
 
Quand j’aurai été grand
Je ne saurai écrire
Si ce n’est que ton nom
Dans ma tête et rêver
Que j’avais été grand
 
Quand j’aurai atteint
L ‘équilibre onirique
Je prendrai une baguette
La ferai tournoyer
Pour trouver cette source
D’où jaillissent en colliers
Les mots soyeux d’eau douce
 
 
Que dis-tu voyageur
Des chemins poussiéreux
Parsemés de candeurs
Et battus par les pieds
Ils enveloppent ma ferveur
 
Contempler les paroles
Ouïr les paysages
Dont les silences morts
S’élèvent en manque cruel
 
Des néanteurs de plomb*miroitées par les larmes
Naît cette angoisse profonde
Du douloureux secret
Qui éclipse l’Amour
 
Quand j’aurai été grand
Je ne serai pas l’ennui
Sauf celui de l’aimée
Dans un temple cloîtrée
 
Quand j’aurai été grand
Je lirai Lamartine
Sans même ouvrir le livre
L’isolement  Le soir
En courant sur Le Lac
 
Quand j’aurai été grand
Je resterai candide
Béat d’admiration
Au moindre étonnement
 
Quand j’aurai été grand
Je me tuerai d’un coup
D’homicides paroles
De véritables terribles
Quand j’aurai été grand
Je deviendrai enfant.
 
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Mercredi 16 août 2006
L’étrange destin du Dr Schwartz.
 

Colmar ! Ville de songes et de caresses, aux colombages pittoresques ; tandis que l’Ill court au travers de tes maisons antédiluviennes…Voilà le lieu campé comme l’indiqueraient de plaisant scoliastes ; mais je ne suis pas fort pour la description alors, si vous le permettez, entrons de suite dans l’histoire étrange du Dr Schwartz…

 
I.
 

Petite Venise cinq heures du matin, la pluie tombe en cataractes ininterrompues tandis qu’une brume vaporeuse s’élève de l’asphalte encore chaud de la canicule qui sévit depuis plus de trois semaines. Egalement embrumé, mais par les vapeurs éthyliques, je rentrais à tâtons à mon domicile route de Neuf-Brisach non loin du centre ville ; mais je me sentais trop ramolli pour poursuivre le chemin. Un banc se présenta à moi et, comme il se doit, je m’y installe, histoire de reprendre quelques sens…

« Il faut au moins, que je m ‘entends soliloquer seul, que j’arrive jusqu’au bar de Steph., Un jeune ami de vingt deux ans, qui avait fait de ce petit «  estaminet » un agréable séjour de quiétude. Il est affable Steph. ! Mais je le jalouse quand même ; il est mignon et à chacune de nos virés il n’y en a fémininement que pour lui…. Aucune fille ne me regarde plus, déjà que d’habitude elles m’ignorent voire me dédaignent…

J’aurais pas dû m’asseoir sur ce foutu banc ; Au bout de quelques menus instants ma tête vacille et mes paupières ne peuvent s’empêcher de cligner se fermer de mal en pis : je m’endors… La pluie sans cesser de tomber, mais non plus en horde, cesse petit à petit, ; Heureusement, mon parapluie me glisse des mains, je n’en peux plus…Je veux me relever, ramasser le pépin mais soudain, les yeux mi-clos, j’entrevois une main frêle qui me le tend.

Je relève difficilement la tête qui doit peser bien sa bonne tonne, et je distingue plus que je ne vois, malgré ce floue alcoolémique, un vieillard à la barbe immaculée qui me présente mon abri-anti-pluie.

L’ancêtre me sourit et me dit :
-Aeshverus ! Enchanté ; juif errant démon état…
Je lui tends la main :

-Schwartz ! Docteur de mon état ; enfin dans quel état ?

-         Vous êtes de Colmar que je demande ?

-         Ah si seulement ! …Qu’il dit en soupirant !

Je l’observe qui se caresse de ses doigts noueux une barbe blanche bien fournie…Il reprend :

-Mon cher Schwartz, qu’il «  compoctionne «  beaucoup, vous êtes bien malheureux ! Tiraillé de vos Souffrances et Angoisses de refouler ce que vous voulez laisser éclater au grand jour de votre esprit impavide de connaissances….

 

Je reste quelque peu circonspect…sans mot répliquer. Je ne réponds toujours pas…Cloué d’effroi de ce regard bleu si perçant…

-         Vous êtes un peu tel que moi ! Reprends Aeshverus ; hors de ce monde continua-t-il dans une impression conceptuelle de Souffrance et D’angoissantes inconnues…Ces deux parties, non pas la Peur, vous conduisent à l’induction de votre esprit sulfureux malgré votre travail qui devrait circonscrire vos tentations ineffables…

-         Mais je vais vous aider…repris le juif errant sans reprendre son souffle, ; peut-être ne trouverez-vous pas le repos de l’âme mais le début de la Vérité de la conscience du Savoir que votre cœur désire si ardemment et que vous n’avez de cesse de refouler…Mais …

Il ne termina pas sa phrase et s’éloigna, claudiquant, appuyé sur un bâton noueux.

Voilà ! J’étais à nouveau seul…pas loin de la « place de l’ancienne douane » et à peine à moins de six minutes de chez moi.. Dans un effort ultime, je me redressai, maladroitement près à choir lamentablement au sol pochetron que j’étais…Mais +-courageusement je me remis à marcher, pas de façon linéaire c’est vrai, mais suffisamment pour regagner l’appart. . Je ne m’arrêterai pas chez Steph…Pas ce matin ; trop tôt…

 
II.
 
On me secoue rudement docilement…

-Ehhh ! Schwartz !!! Tes patients vont t’attendre… !

C’est la petite main de Cerise, mon amie, qui à présent étrille de cette menue main mes cheveux emmêlés.

Péniblement j’ouvre les yeux, les écarquille ; les paupières pèsent au moins leur bonne tonne…Enfin je parviens à les stabiliser…Mais bon Dieu ma tête, quelqu’un ébranle mon crâne… Mes esprits se rassemblent tel un puzzle aux pièces manquantes : hier soir, la fête, l’alcool, l’abus…Maintenant la gueule de bois…

Cerise s’est éloignée, je l’entends trottiner dans l’appartement. Piteusement je me glisse hors de la couette et m’assieds en enserrant ma caboche au mieux que je peux la soulager…

Je suis debout dans le couloir que je longe hésitant ; surtout vigilant à ne pas m’emberlificoter les pinceaux dans les affaires qui jonchent le plancher du couloir. Non sans peine je rejoins la cuisine où cerise s’affaire devant l’évier ( mot provençal du mot latin aqua : eau. C’était la minute culturelle. Enfin je m’assoie, la tête est moins serrée dans cet étau d’alcoolémie qu’avant.

-Bon que je soupire médocs et café, encore fumant, que je souffle en poussant du revers de la main le journal qui se trouve devant moi…Mais alors que j’effectue ce geste banal mon regard se pose immédiatement sur la photo de première page :

Aeshverus ! Que je dis doucement…oui c’est bien le vieux… Je rapproche le potin de mes yeux encore injectés de sang et lis :

«  Connaissez-vous cet homme ? Elément subversif et très dangereux… ! »

DANGEREUX ???? Que je me rigole tout seul…Ce débris…Cet impotent ! Cerise surprise par mon rire sardonique me questionne inquiète :

-         Ca va mon chou ?

-         Oui, oui ! Ne te tracasse pas, ce n’est rien que je réponds à la hâte tandis que ma cervelle, elle bouillonne et mon mal de tête lui s’estompe miraculeusement. Qu’est- ce qu je dois faire que je m’interroge un peu affolé ? En référé aux autorités ? Mon devoir de citoyen…Bon ça me gêne un peu, pour un médecin en Narcose ça la met plutôt mal : bourré comme une barrique…

-         J’sais pas…on avisera que je reprends au-dedans de moi.

De plus il avait l’air barge. Mais : « élément subversif », ça me fait bien marrer…Et ce qu’il m’a dit : le Gouffre, miroitant de l’Absurdité, de la Souffrance et de l’Angoisse…Entre tout ça le questionnement et le vouloir Savoir, le désir voir l’obsession de connaître au risque de se damner…

«  Mince les patients ! Que je me secoue de mots sourds soudain ! »

En hâte je termine le café et file au petit trop rue des clés, mon cabinet, c’est pas loin… mais déjà du retard…

 
III.
 

Le cabinet est ouvert. D’habitude c’est moi qui le fait mais pour une fois Clératine, ma secrétaire, s’en est chargé. Je m’engouffre sans manquer de la saluer amicalement ; elle me lance un petit sourire. J’entre dans mon bureau… « Ca va ! Que je me dis, le premier rendez-vous à lui aussi du retard…Personne dans la salle d’attente que j’ai vu en passant fulgurant.

Je pose ma mallette sur le bureau en chêne massif, j’insiste parce que je l’ai payé la peau des fesses, et m’enfonce dans mon fauteuil. J’ouvre l’attaché-case et en sors plusieurs dossiers de patients…En fait notre boulot consiste à prescrire à la place des psychiatres qui depuis les années deux mille et quelque n’existent plus… Après des années d’émeutes citadines, des mesures «  narcosiques » ont été adoptées pour que les gens, surtout les jeunes désœuvrés, ne cherchent plus à s’opposer à la société. Ce fut la fin des psy. Et toute autre forme de libre pensée…Comme la philosophie par exemple. Mais que voulaient les jeunes si ce n’est que leur liberté d’expectorer leur malaise en cassant de la flicaille ? Toutes ces questions m’effleurent de temps à autres ; mais je n’y prête guère une oreille attentive…Maintenant j’exécute les directives : prescrire des narcotiques plus ou moins puissants selon le degré de pensées révoltantes…Parfois c’est vrai je me dégoûte…Mais sans plus…Je suis extrait de ma réflexion ; ça bip, le premier patient est là…

La matinée touche à sa fin, il ne me reste qu’un patient à voir. Je compulse sa fiche… Jeune celui là aussi et un révolté de première ! Dose d’héro. Pour casser ses écarts anti- sociaux.

Le jeune homme rentre, efflanqué, les yeux globuleux et congestionnés ; mais dans son regard un quelque chose d’indicible…Il prend place et me fixe intensément. Je suis un peu mal à l’aise mais je²

 commence à lui rédiger sa prescription lorsque d’une voix bien assurée il me dit :

-         Docteur ! Vous n’êtes pas de ce monde.

Je relève la tête et le fixe ; son visage est détendu et il poursuit

-         Je sais que vous n’êtes pas sana vouloir le savoir… Ca se comprend tout de suite !

Aussitôt de sa poche il sort un fascicule plié en quatre qu’il me tend en ajoutant :

-Votre fonction vous l’interdit mais vous le lirez…Et puis nous nous reverrons après demain sur le banc devant le panneau central du « Retable » aux Unterlinden à quinze heures.

Il se tait et malgré quelques réticences je saisis les papiers qu’il me tend… Je ne me reconnais pas ! D’habitude j’aurais jeté le tout mais là une incompréhensible et attirante envie de savoir ; Car le titre m’interpelle : Les Philosophes de l’existence. Ce genre de lecture est prohibé de plus…Mais je le glisse dans ma poche de ma veste.

 
IV.
 

J’ai lu… Toute la nuit j’ai lu ! Et j’ai pensé ; ce que je ne fais plus depuis longtemps : pour ne plus savoir ! M’uniformiser aux directives communes.

Philosophie de l’existence, bien des auteurs dont j’avais à peine entendu parlé, sous- le – manteau : Schopenhauer, Kierkegaard, Sartre…

Une phrase m’a interpellé dans tout ça : "son propre destin », moi qui avais accepté depuis la règle d’usage : « nous sommes nés pour savoir obéir aux directives universelles : vivre dans le bonheur prédestiné ; boulot et loisirs, jusqu’à la fatidique finitude… .

Mais voilà ce fascicule de ces gens de ces penseurs proscrits : IL N’Y A PAS DE PREDESTINATION !!! Je n’en reviens pas, moi qui avais, après quelques états dubitatifs, pris le chemin des soins narcotiques et intégré ce processus de vie non casuel. Tout me revenait d’un coup…Je ne vivais que d’après EUX !!! Et c’est là qu’a réapparu mon insatiable envie de savoir.

Au début, les premières phrases, j’ai voulu tout jeter…Mais plus fort que moi, une attraction inextinguible… Alors j’ai lu, j’ai goûté, j’ai aimé : volupté…

J’irai au rendez-vous d’aujourd’hui, tout me l’interdisait, mais AVIDITE.

 
V.
 

Quatorze heures trente ! J’ai fermé le cabinet pour l’après-midi. Avant d ‘aller au rendez-vous, j’ai décidé de passer chez Steph., boire mon café.

J’atteints le Branginus place de l’ancienne douane  et pénètre dans la minuscule salle du bar. Un comptoir, des tabourets et deux tables, juste un petit couple consomme à l’une d’elles.

-         Salut ! Je jette à Steph.

Il relève la tête et s’écrie :

-         Salut Doc. ! En forme ?

-         Ouais ! Je dis vaguement et poursuis, pas de monde aujourd’hui ?

-         Si, si, j’attends des copines.

Quel charmeur que je me pense ! Toujours à la recherche de nouvelles conquêtes, mais sans trouver la bonne…Steph. Me lance un sourire, mais je ressens un vague malaise soudain…Ce sourire me touche en pleine âme…

J’avale rapidement le café auquel je trouve une amertume inhabituelle et repars immédiatement. Les Unterliden c’est pas très loin, cinq, dix minutes à pieds, ils est pratiquement quinze heures. La rue est noire de monde, j’ai du mal à avancer, c’est la rue marchande, normal ! Enfin je dépasse la mairie et me voilà dans le petit jardin du musée. Il n’y a pas foule : tant mieux. Mon cerveau n’a de cesse que de ressasser cette nouvelle liberté qui m’est offerte ; mais quelques frissons me parcourent l’échine tout de même, on n’oublie pas son passsé ainsi et ce pour quoi on a été programmé.

Au guichet deux touristes allemands qui palabrent ; je ne saisis pas tout mais ils veulent visiter l’exposition sur la verrerie et se renseignent pour savoir dans quelle salle elle se trouve…Enfin ils s’éloignent. Je présente mon passe à la guichetière qui hoche la tête et je me dirige vers la salle du Retable en longeant à petits pas le déambulatoire. J’entre enfin et me transporte vers le panneau central…Il n’y a personne sur le banc, le gamin a dû prendre du retard. Peu de monde dans la salle quelques curieux. Je m’installe sur le banc, croise les bras et me remets à cogiter. Alors que je suis en pleine méditation une main s’abat sur mon épaule.

-Dr Schwartz ?

-Oui ? Que je réponds en tressaillant légèrement et me retournant sur un type assez grand en complet veston noir !

-         Vous êtes en état d’arrestation !

Je suis abattu, mon visage se crispe et quelques gouttelettes de sueurs perlent sur mon front…Je le sentais mal ce rendez-vous mais ma soif de Savoirs…

-Pour quelle raison que je demande hésitant ?

-         Suspicion de philosophie pratique…

 
 
 
 

-          

 
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Lundi 14 août 2006
Etendard
 
Vers le nadir s’élève l’étendard sinople
Deux aquilins oiseaux planent et s’élèvent
Se gaussant de charognes de carcasses putréfiées
Ils s’émerveillent aux astres en plongeant sans vergogne
D’une terre jonchée d’ivrognes inermes
 
La lune en délicat cachemire a voilé l’étendard

En balançant la corde d’interlopes pendus

De bornes palikares regrettent l’anachronisme
Qui leur tourne la tête comme la guerre de quatorze
Plus jamais ils n’iront pour cueillir l’ivraie
Que l’obus pyrogène aux sons d’un air de thrène
Répand en criminel dans les étroites tranchées
Et moi en bleu azur cabotin de poilu
J’arpente les sentiers aux brasiers estivaux
 
Je hèle la moufette qui s’appelle la Faucheuse
Quand Thucydide stratège condamné à l’exil
Relate les combats dans le Péloponnèse
Où d’Argos à Corinthe s’ensanglantaient les lames
Les baïonnettes pavoisent en déchirants délices
A saigner de la chair qui chaloupe et chavire
Dans de béants fossés où s’édifient rosies
Les noirceurs livides des arbres calcinés
Mutilant l’entendement de son humanité
O étendard hostiles qui portent la douleur
Vos avanies putrides exécutent l’amour
 
J’ai le mal railleur, l’Alecto en furie
Mon sourire torturé par des années tronquées

Où jeunesse se mire injustement trompée

Par de viles breloques d’un miroir reflétés
Je me sens dédoublé à si longuement errer
Sans chaussure ni fusil cherchant à me sauver
Echapper à la Mort à l’Oubli, à l’été
Dans de boueux fortins où grouille la vermine
Je resserre ta photo et abrase mes regards
Je ne suis pas de guerre si ce n’est qu’en souvenirs
De masques déformés à effleurer ma peau
 
L’étendard s’élève emporté par l’été
Début de la grande guerre et fin de tes baisers.
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Dimanche 13 août 2006
Délires
 
L’officiante tristesse s’insinue dans mes pores
Anesthésiant l’esprit poussé au paroxysme
D’une douleur semblable à des lames effilées
Qui se croisent le fer en étrives cyniques
 
L’œil creux osmose des visions cathartiques
Déclenche la tempête des houles céphalées
Latente schizophrénie patente vésanie
Viduité cérébrale à la force d’un davier
Pour extraire le Mal qui ronge en angoisses
Les cinabres précipices de la promiscuité
 
Assoupie dans la liesse l’alacrité s’exerce
En d’habiles délires infiltrant le réel
Laisser aux sensations les larmes volcaniques
Vomies en virulence par des anges déchus
Des entrelacs félons s’ingénient au cerveau
Fusionnant l’impression d’aller à reculons
De mon être délité, étrivières vénielles
La potence d’airain me suspend au chaos
Où des entrailles opalines le démurge
Sommeille et délivre en d’orphiques couleurs
D’un soleil raviné aux sombres raies usées
Austerlitz lumière se meurt en transportant
Les graines volatiles de Thlaspis odorants
 
A l’inculte succède la fertile Rédemption
Que la raison impose comme séide patient
Quand le fruit mûr éclate prosélyte proscrit
L’inspiration funeste s’infiltre pernicieuse
Tissant arachnoïde scintillante qui attisent la soif
 
Le faible l’inconsolé le fragile carnaval
Ne sait de quoi donner à son âme perdue
Pour qu’en lui s’atténue la solitaire souffrance
La terrible pression de l’incompréhension
 
A tous siècles il ne trouve aucune circonstance
Et cautérise sa plaie de vers délirants.
Délires
 
L’officiante tristesse s’insinue dans mes pores
Anesthésiant l’esprit poussé au paroxysme
D’une douleur semblable à des lames effilées
Qui se croisent le fer en étrives cyniques
 
L’œil creux osmose des visions cathartiques
Déclenche la tempête des houles céphalées
Latente schizophrénie patente vésanie
Viduité cérébrale à la force d’un davier
Pour extraire le Mal qui ronge en angoisses
Les cinabres précipices de la promiscuité
 
Assoupie dans la liesse l’alacrité s’exerce
En d’habiles délires infiltrant le réel
Laisser aux sensations les larmes volcaniques
Vomies en virulence par des anges déchus
Des entrelacs félons s’ingénient au cerveau
Fusionnant l’impression d’aller à reculons
De mon être délité, étrivières vénielles
La potence d’airain me suspend au chaos
Où des entrailles opalines le démurge
Sommeille et délivre en d’orphiques couleurs
D’un soleil raviné aux sombres raies usées
Austerlitz lumière se meurt en transportant
Les graines volatiles de Thlaspis odorants
 
A l’inculte succède la fertile Rédemption
Que la raison impose comme séide patient
Quand le fruit mûr éclate prosélyte proscrit
L’inspiration funeste s’infiltre pernicieuse
Tissant arachnoïde scintillante qui attisent la soif
 
Le faible l’inconsolé le fragile carnaval
Ne sait de quoi donner à son âme perdue
Pour qu’en lui s’atténue la solitaire souffrance
La terrible pression de l’incompréhension
 
A tous siècles il ne trouve aucune circonstance
Et cautérise sa plaie de vers délirants.
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Dimanche 13 août 2006
Doute
 
Si le doute m’était compté
Au double du triple et en nième
La facture s’allongerait
Comme une fille de joie
 
Si le doute m’était conté
Sans début ni de fin
Innommable historiette
Dont l’intérêt je doute
N’est pas de haute volée
 
Je doute tu doutes à vivre
Avenir sans espoir
J’ai le doute imprévu
Et le doute tout en moi
Mais si sûr de lui
Qu’il s’insinue fielleux
En toute permanence
 
Tu doutes
De qui
De moi de toi
Vis détache-toi de lui
Qui ne me sied qu’à moi
Fuis ce fourbe fashionable
Qui miroite ses atours
Courtisant tes humeurs
Pour mieux les ébranler
 
Laisse-moi l’endosser
Pour toi pour eux pour nous
Seul à le contempler
Il me statufiera
 
Si le doute est de vie
Il n’a que d’empressement
Sa nuisance d’exister
 
Le doute habit de fête
Ne se revêt qu’aux fous
Et l’apparat du faste
Ignore la pitié
 
Ton bonheur est en toi
A reposer sur moi
La confiance ébréchée
Mais loin du fossoyeur
Appelé aussi doute
 
A ce nom erroné
Substitue la te
Par un x ou un ce
Qui bienfaisant comblera
Tes moments de tristesses
Il a ouvert ma porte
Je l’ai laissé entrer
Mais ne veux en aucun cas
Qu’il vienne t’importuner
 
A tous mes sentiments
Qui se portent vers toi
Vers mes enfants chéris
Epargne leur ce nom
Oublie même sa voix
S’il faut lui rendre compte
Qu’il s’adresse à moi seul
Qui l’ai sollicité !
 
 
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Dimanche 13 août 2006
Antienne
Echange d’un baiser
Un instant dans tes bras
Je l’ai tant attendu
Et puis mon cœur s’abat
Passer du chaud au froid
Des liesses à l’abattement
Amour de haut en bas
Fragile comme un hautbois
 
 
Se placer dos au mur
En se signant maintes fois
Cela sera peut-être
La dernière des fois
Une dent requiem
Surine un cantilène
Sur de divans velours
Où s’ébattent se déchaînent
Le lustre du va et vient
Que l’échevin promène
En piquant le clavecin
D’une complainte antique
 
En Ulysse protégé
Et rire aux éclats
De trouver dans sa poche
Deux bonbons à la fraise
Les porter à sa bouche
Pour dévorer la tienne
Croustillante du levain
Confite de l’ivresse
 
L’arène d’épigraphes
Se couvre secrètement
Les fauves paternels
Refusent la pâture
Des âmes dévorées
Par des osiers pleureurs
Chamarrés de toucans
 
Une antienne s’épuise
Quand le Vésuve crache
Ses indécents ébats.
 
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