Dimanche 16 juillet 2006
Les douze filles du Congo
 
Ce soir encore la lune
Ne brillera pas pour moi
Elle se cache et s’ombrage
D’un petit coup d’ombrage
D’un petit coup d’aurore
Q’un claquement de fouet
Déchire et revigore
 
En remontant le trou
La sueur s’abonde
Trempant tous les habits
Tu en seras banni
 
L’herbe rouge de Vian
Te perdra dans l’abîme
Les vents des Hautes Terres
Seront salées dans l’air
 
Qu’est-ce que la maladie
Chancre de la folie
Qui abolit le temps
Les effets secondaires
Qui prolongent comme une île
Au milieu de la mer
 
Crusoé Robinson
N’est plus en harmonie
Et les sourires sont vastes
Comme les filles du Congo
 
La maladie me lasse
Je ne trouve que des mots
Qui m’échinent me tracassent
Comme un alter ego
 
Toute cette sensation
De perdre les pédales
D’un seul et même soupir
Du passé de futur
 
Elles sont là me regardent
Les douze filles du Congo
Jamais je ne m’en lasse
Pas plus que du chaos.
 
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 16 juillet 2006

Vague déroute.

 
Aurais-je été passage
Aurai-je été fortuit
Le blanc noir d’un mage
Ou l’averse d’une pluie
 
Que nous restera-t-il
De l’underground amour
De l’aimante insouciance
J’ai la chair lacérée
De nos cœurs transpercés
Que restera-t-il demain
Quand tu m’auras quitté
Quand moi désolé
Je te laisserai aller
En ai-je force envie
N’en peux-tu plus toi aussi
 
J’ai le vague en déroute
Le trouble désorienté
Un peu de ta chaleur
 
 
 
 
Un peu de ta rosée
J’ai le goût de cette herbe
Sensiblement foulée
Des gouttelettes perlées
J’ai faim de ton désir
D’une musique faîtière
Mélancolie terrible
 
Le Cafard n’est qu’Eole
Comparé à l’espoir
De te prendre à nouveau
Et de t’appartenir
 
Les rythmes embrasés
Succèdent aux effleurements
D’astriction de nos corps
Qui m’enivre des senteurs
De mélodies de jazz
De Brahms ou de Blues
Les Polonaises de Chopin
M’entraînent tout étourdi
Dans leurs sons bleuîtes
 
Aurai-je encore la force

Toi te laisser t’enfuir

Pour ne pas te retenir
Toi Femme Maternelle
O comme je te comprends
 
Je souffre l’insolence
Des sages décisions
Porte de plomb scellé
Qui s’est refermée.         
 
 
 
 
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 15 juillet 2006
Alcool
 
J’ai abandonné ma thyrse
Repris l’instrument d’Orphée
Pour traverser en sérénité
Le cours de l’Achéron
Et accoster enfin
Les bords de l’Elysée.
 
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 15 juillet 2006
Ta voix
 
Que ta voix me résiste
Caressante de mots
En présence nécessaire
De l’adret messianique
 
Que ta voix me fulgure
D’orphiques décalogues
Struggle of life
Epuration des vers
 
Ta voix capitale
De la douceur d’écrire
Accoudé à un bar
Les vibrisses frétillantes
Néologisent des odeurs
 
Ta voix me transperce
Au cœur de l’abattement
Pour saisir l’outil décaisser la banne
Sortir les porcelaines
D’images stupéfiantes
 
Ta voix m’indispence
De la résignation
A ne pouvoir attendre
De longues joies alanguies
Qui pourtant fermentent
De propositions noircies.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Jeudi 13 juillet 2006
Esthétique
 

Qu’ai-je à faire de la sollicitude esthétique quand elle est le praxis du Paraître ? L’esthétique n’est immanence, selon la dénomination shaupenhauarienne, que si elle conduit à cet état effectivement. Qu’est-ce que le Beau ? Si ce n’est qu’exégèse souvent défective. La vérité dre l’harmonieux serait apodictique à l’eudémonologie individuelle qui malheureusement se répand sur un collectif probatoire. Ce que je trouve ou ce que chacun considère comme beau n’a d’aucune mesure avec sa propre partialité ; mais se rallie souvent au regard essentiel du socialisable. Que de traité sur l’Esthétique ! Que de balivernes( cela n’engage que moi)ostentatoires qui ne tiennent en aucune considération la Souffrance de l’ego créateur ! « C’est une folie de perdre à l’intérieur pour gagner à l’extérieur. »(Schopenhauer. Ce que je cherche, ce n’est pas l’accessibilité au tout un commun ; mais l’exhalaison de mes propres démons. Je ne suis pas censeur ou apologiste, mais simplement une entité de non-être qui par l ‘écriture, et d’autres circonvenances, tente d’apaiser l’adversité ; Utilitate ex adversus capiendes : «  Sur le profit à tirer de l’adversité », Cardan. Le Beau n’est que la néantisation infinitésimale de l’hermétisme conceptuelle individuelle.

Je n’ai pas pour objectif de me faire comprendre ni par les mots ni par tout autre art, mais d’expurger la Mélancolie qui selon Aristote « Les Hommes qui se sont illustrés en matière de philosophie, de politique, de poésie ou d’art, sont manifestement des tempéraments mélancoliques. . Tâcher de cerner ces incertitudes aléatoires et dissonantes dans une société égotiste, est une gageure indéniable. Finit-on toujours pas rentrer dans le rang de ce qui plaît ? Certainement pas ! Mais quel enfer pavé de douleurs intrinsèques et indicibles ! Le Beau n’est le reflet que du souffle de l’inspiration divine et déterminative de l’inexistanciel…

 

« L’Etude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu. » Le Spleen de Paris,III,  «Confiteor de l’artiste », Ch. Baudelaire.

par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 11 juillet 2006
Délice de tes secrets
 
N’a de tes yeux que le tourment
Et j’aime cet ouragan
Qui me dit souvent je t’aime
 
Je retrouve dans tes mains
Ces myriades de cristaux
Qui pétrifient les miennes
Quand elles se pressent tendrement
 
Les séjours d’Hadès
Sont si plaisants
Quand séparé de toi
Mon cœur diaphane
N’est le reflet de ton ombre
 
Laisse-moi goûter tes lèvres
Aux parfums de l’encens
Quand elles se tendent à moi
Comme un heureux présage
 
J’aime à être près de ton corps
Aux sinueuses courbes
Et les vallons de ta poitrine
S’élèvent en de glorieux sommets
 
Je ne suis qu’étourneau
Virevoltant bien haut
Et désirant aux muses
Ton surnom malicieux.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 11 juillet 2006
Ma Sœur
 
O toi ma sœur qu’il m’en souvienne
Quand dans la nuit et les angoisses
Tu m’accueillais à bras ouverts
Pour dissiper toutes mes chimères
 
O toi ma sœur qu’il m'en souvienne
Aujourd’hui tu me renvoies
 
J’ai prolongé toute ta patience
Et usé tes assurances
Avec mes flots de délires fous
Splendides éreintants et nébuleux
 
Pour toi ma sœur qui m’est si chère
Je n’ai que de mots de douleurs
O toi ma sœur qu’il m’en souvienne
Je suis contrit et si en peine.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 11 juillet 2006
L’Isolement
 
[….]
 
Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N’éprouve devant eux ni charme ni transports;
Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante :
Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.
 
De colline en colline en vain pourtant ma vue,
Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l’immense étendue,

Et je dis : "Nulle part le bonheur ne m’attends !" »

 
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forets, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !
 
Que le tour du soleil ou commence ou s’achève,
D’un œil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu’il se couche ou se lève,
Qu’importe le soleil ! Je n’attends rien des jours.
 
Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien à l’immense univers.
 
[ ...]
 
Lamartine, Les Méditations.
 
 
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 11 juillet 2006

Vingt ans
 

      -Me surprendre devient de plus en plus difficile ! Que je dis à Set ? Un ami d’enfance que je venais de retrouver au bout de vingt ans de silence radio.

La conversation qui avait été jusque là plutôt phatique alluma par cette seule phrase les yeux de Set une lueur d’intérêt.

-         Peut-être que la banalité de la récurrence des faits te pousse à penser ainsi. Mais laisse-moi te raconter une histoire et tu jugeras ! Dit Set

 
I.
 

-         T’as quel âge aujourd’hui ? Je demande au jeune black du pavillon que je vois tous les matins à la même heure devant sa fenêtre à barreaux.

-         Aujourd’hui ? Vingt ans ; c’est mon anniversaire

Comme chaque jour, je souris en sachant que la veille il avait trente-deux ans car ce qui était intriguant c’est qu’à trente –deux ans, il revenait toujours à vingt. Je ne cherchais pas à comprendre la logique de son délire qui, je l’avoue, me fascinait tout de même.

Moi, j’avais été affecté à ce pavillon où j’étais rentré pour des prises anarchiques de médicaments. En règle générale je ne restais que très peu de temps ; une, deux, voire trois semaines, histoire de recouvrir mes idées ou disons plutôt la normalité de tout un chacun. Je persiste à penser que mes écarts ne sont pas moins dénués de raison que la raison l’exige. Enfin si je m’attarde là dessus, on m’enfermera encore…

Ce matin là j’avais rendez-vous avec d’autres patients à l’atelier de peinture. Nous exprimions là, encadrés de deux ergo thérapeutes, avec nos mains et des peintures les méandres déambulatoires de nos cerveaux embrumés. J’arrive au local, tout le monde est installé. J’entre sur la pointe des pieds et gagne ma place à côté de José un copain schizo.

-         Salut ! Je lui lance discrètement.

Il répond en opinant du chef car il est sacrément absorbé par des « bonhommes bâtons » qui représentent sa famille en diverses positions… Je prends mon carton et extirpe ma feuille Canson. A quoi ça ressemble ? Je n’en sais pas trop ; d ‘ailleurs je ne sais jamais quel est l’envers de l’endroit. De toute façon mon esprit est ailleurs ! Le jeune Black… Pourquoi ? Je n’en sais trop rien ! Quelque chose m’intrigue… La séance s’achève au bout de trois quarts d’heures.

-         Tu viens boire un café ? Que je demande à josé ?

-         D’ac. , Il me répond en rangeant son œuvre.

 
II.
 

On est rassemblé à la cafétéria. Y’a Gilbert le loquace qui nous accueille avec beaucoup de bienséance. Ce type n’arrête pas de soliloquer et en plus on n’y comprend rien ! Et ça toute la journée… La nuit il lui colle une piqûre pour qu’il cesse son débit priapique.

Le café est fumant et José l’avale sans attendre d’une rasade.

-         Tu connais le jeune Black du pavillon ? Que je lui demande ?

-          Ouais ! Maugrée José. Pourquoi ?

-         J’sais pas ? J’ui réponds, il m’intrigue et pourtant il est si commun dans cette institution, pauvre bougre !

Moi je termine mon café et puis on s ‘en jette un autre. Enfin précisons que ce n’est qu’un ersatz de café … Il ne faudrait pas être insomniaque ici, pas le droit.

-         Ca fait longtemps qu’il est ici ? Que j’avance ?

-         Depuis que je suis là, et ça fait un sacré bout de temps, il y est, répond José.

C’est vrai que je pense que depuis que je viens, moi aussi, il a toujours été là. Je ne m’en suis jamais soucié ; sauf aujourd’hui ! Pourtant c’est étonnant ! Si jeune qu’il paraît ! Peut-être qu’à force de ne pas vieillir entre vingt et trente deux ans il a conservé toujours le même âge…

José entame rapidement son deuxième café alors qu’un barjot sapé clown mondain, ganté de blanc vient nous réclamer de l’argent. On connaît… On le vire.

-         Comment ça se fait ? Je demande, qu’il est toujours aussi jeune ?

-         J’en sais rien ! Réplique José. Tes questions me prennent la tête !

Ca peut être absurde, j’en conviens voir abscons, pourtant je me triture l’esprit pour pas grand chose. Je ne dis plus rien et tous deux on regagne le pavillon ; ça va être l’heure du repas.

 
III.
 

L’après-midi, musico- thérapie. C’était chiant ! J’ai rien capté, j’étais avec mon Black. Le soir idem, pas d’envie, si ce n’est que de me coucher avec une bonne dose de médocs…

J’ai mal dormi ! Le Black n’arrêtait pas, dans mon sommeil de me rire au nez en me narguant – Ca va être ton tour mon frère- c’est contagieux.

Finalement aux premières lueurs du soleil, je me suis levé un peu vaseux. La journée semble belle, probable de beau temps. Je me dirige vers la fenêtre entre ouverte, les rideaux levés, : j’aime pas l’obscurité ! Comme je regarde vers l’extérieur je vois José qui arrive et qui me hèle !

-Salut ! Ca va ? Demande-t-il ?

-Oui ! Je dis,aujourd'hui j'ai mon anniversaire ( n’importe quoi, ! Je sais que c’est pas vrai).

-Et t’as quel âge ? Qu’il me demande en piaffant ?

-Aujourd’hui j’ai vingt ans.

Mais qu’est ce que je raconte…Je me précipite vers le lavabo –Merde !!! Impossible ! Je suis Noir …

 
Epilogue.
 

Set a fini son histoire et me regarde les yeux brillants de plaisir.

-C’est vrai, que je lui dis, que ton histoire n’est pas banale.

Nous continuons notre marche et sur le point de nous séparer, je lui demande :

-Au fait ? Ca te fait quel âge maintenant ?

-Ben, vingt ans : l Me répond mon camarade noir qui doit avoir comme moi la quarantaine bien sonnée.

Je me hâte de partir, craignant peut-être une contagion…
 
 
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 9 juillet 2006
Tristesse
 
La tristesse est un sens
Que je connais trop bien
Qui m’aspire et me hante
Comme un château captieux
 
En un songe acerbe
D’oniriques fêlures
Avancent en mon Souffle
D’aspirations félines
 
Masques et cothurnes
Dissimulent et ingénient
D’encombrantes pensées
Cette tristesse est pleine
D’optatives peines.
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Dimanche 9 juillet 2006

Musique
 
D’Orphiques mélodies
Aux confins éthérés
Captivent mon esprit
D’images consternées
 
Parker Elle ou bien Mozart
S’élancent arc-boutant
Vers d’infinis rivages
Où les mâts rayonnants
S’imposent à Eole furieux
 
Sur des notes audacieuses
S’infuse le Pentateuque
Quand s’effacent insolents
Des airs fantaisistes
 
Danser aux Talamanca
Pour étouffer les peines
Aux matins silencieux
Des absurdes douloureuses
 
Chatoyants saxophones
Et violons graciles
Exaltent en des instincts
Des portées égayantes
 
La musique est une âme
Qui s’inspire de la gloire
Des transports amoureux
En des instincts funestes.
 
 
 
 
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 6 juillet 2006
Bonheur
 

La distinction déictique de l’eudémonologie consiste à supposer que l’on puisse être Heureux mais comme le disait chamfort : « Le bonheur n’est pas chose aisée, il est très difficile de le trouver en nous, et impossible de le trouver ailleurs. Que recherche –t-on dans la glorification du bien-être si ce n’est l’échappatoire à l’Ennui, la Souffrance et en finalité la Mort ? Croire à l’ataraxie, c’est sensiblement croire à une dénégation des tourments compulsifs Terrestres.

Tout Homme n’a en perspective que cette obstination aléatoire qui conduit la plupart du temps à l’égotisme. Faut-il pour autant être philanthrope ? La dissimilation subjective de l’objet instinctif du mieux-être est sans pléonasme, onirique à mon sens. Le chemin parsemé d’embûches nous fait penser que seul « le simple d’esprits » et tout adepte d’un monisme quelconque peut atteindre ce parnasse. Alain, dans son ouvrage, Propos sur le bonheur, explique et en particulier dans un petit texte «  L’art d’être heureux », de ne pas ennuyer les autres avec nos propres Malheurs… Sûr ! Ce n’est là qu’une démarche coercitive qui entrave une socialisation éventuelle.

Le Bonheur en finalité n’est que le produit imaginatif superflu et immobiliste. Devons-nous demeurer pessimiste comme l’envisageait d’un certain point de vue Schopenhauer ? Nous dirigeant tout droit vers le Suicide ? La question ne s’envisage même pas car cette fuite, s’en est une, car elle ne résout aucunement la géhenne de l’existence ! Sans doute il n’y a qu’euphuisme et non-résolution du problème. Mais y-a-t-il problème effectivement ? Contentons-nous de prolonger notre Vie au mieux, sans perdre de vue qu’elle n’est en aucun cas le produit de la mémoire de nos anciens. , mais, objectivement, celle que nous devons mener à terme dans sa néantisation  irrévélée.

par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 5 juillet 2006
Attente
 
Après avoir naquit
Et vécu quelques heures
Le vieillard grimaçant
S’éteint dans le cinabre
De l’azur assombri
 
A cet héliaque instant
S’immisce de mon âme
La frayeur souvenir
Régurgité hideux
 
A cet enfermement
Dans les images nocturnes
Le tremblement s’empare
De mes membres vaincus
 
Le trouble et la raison
S’entortillent en lierre
Les ombres harassées
S’estompent dispersées
 
A la clarté lunesque
Se dévoilent les naïades
Qui dans l’onde argentine
Entièrement dénudées
S’ébattent léonines
 
Elles instillent mutines
Leurs remèdes extatiques
Qui guérissent par la vue
Les incisives douleurs
 
Les éphémères nues
Déroulent vers ton cœur
Cette échelle de soie
Que je gravis subtil
Attentif à Vérone
 
L’accès au Palatin
Séjour des Empereurs
S’ouvre enfin à mon être
Et ma vie antérieure
Fidèle de Baudelaire
S’effrite fatalement
en douloureux regrets
La piété me vacille
Comme un mont chavirant
Repris par les rouleaux
Rejeté vers le large
Acculé à la mort
Je n’ai plus de repères
Si ce n’est ton amour
O toi qui me conduis
Vers l’infini bonheur
Que je croyais éteint
 
Avec toi la lumière
Jaillit de ces noirceurs
Mes rires enfantins
Ton dictame présence
Je conduirai ma barque
Vers l’éternel vacuité
La tentation parfois
Me pousserait à fuir
A souffler antérieures
Ma dernière bougie
Mais ta parole soulage
Ces hideuses figures
Calmant tous les tourments
Qui veulent m’engloutir
 
Dans tes yeux me caressent
Tes baisers d’équipage
A grandir à ton cœur
Je me sens inouï
Chacun de tes sourires
Me permette la vie
Je repose ma tête
Sur ton sein béni
En toute quiétude
M’assoupis de l’oubli
 
Mon sommeil d’enfant
Se fatigue en poète
Se perd dans la confiance
D’un Amour d’Absolu.
 
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 3 juillet 2006
A giorno
 
J’ai besoin de ton corps
De ses vastes portiques
De ses contrées sauvages
Qui à mes sens encore
Demeurent ignorées
Pénétrer ces frontières
Découvrir l’épaisseur
Des moiteurs toisonnées
Epouser de mes mains
Les vallonnements subtils
De tes seins de ta croupe
Puis dévaler en fougue
De mes lèvres humectées
Des rosées sirupeuses
De ton intime cas
La chaleur de tes cuisses
Et tes mollets galbés
Enserrer tes chevilles
Puis en souverain Pétrarque
Révérer tes deux pieds
Les Amours de Ronsard
Ou la Délie de Scève
Intimement mêlés
Traduisant ces pensées
Sans y trouver les gestes
 
J’ai besoin quant à moi
Des secrets de ton corps
Pour que finissent les nuits
Des obstinés regrets
L’endophasie m’assigne
A de fiévreux projets
J’épouserai ton corps
En habile jongleur
Mes liens se déferont
De leur ombre carcérale
Dont les lames rougeoyantes
Attisent le foyer
De mes rêves tourmentés
De ne savoir parler
 
J’ai besoin de ton corps
Pour moi inachevé
Pour vivre sans la mort
Obsédante pensée
Moi qui dans l’étroitesse
D’un pesant quotidien
Cherche la contre voie
De mon élévation
J’ai besoin de ton corps
en réelle possession
Pour atteindre l’Eden
De ma folle passion
 
Pourquoi ai-je en terreur
A te prendre la main
Te conduire en aurège
Vers un lit de satin
La retenue d’égards
Le trouble du gamin
Inhabile maladroit
En quel lieu béni
Pourrai-je te retrouver
Pour sertir du songe
Un chaton avéré
 
La gaucherie m’étouffe
Pardonne-moi trésor
De ne te découvrir
Qu’en de voyages abstraits
Parle-moi de ton corps
De ses formes célestes
Qui alanguissent mon âme
Et mon amour de feu
Embrasant ma raison
Combien de grains de sable
Devront-ils s’écouler
Par l’orifice étroit
Etranglé resserré
Du sablier
Perfide
Qui remet à cent fois
L’abandon de nos corps
De l’envie de ton corps
Pour suspendre le temps
Culmine au zénith
A lire Lamartine
Tout fini par passer
 
Je voudrais conquérant
Livingstone amoureux
Au Zambèze découvert
Arriver à bon port
Dans ton corps qui est mien
Je brandirai alors
A mes nuits agitées
Le blason de l’éloge
Qui chassera furieux
Les cauchemardesques monstres
Qui se raillent de moi
En un dies irae
 
J’ai besoin de ton corps
De tes sens de ta vie
Pour ne plus me prostrer
A attendre l’aurore
Et son éclat doré
Je te composerai
Un bouquet d’aigremoine
Ou de phlox parfumés
J’en ornerai les marches
Que fouleront tes pieds
J’ai besoin de ton corps
Pour ne pas me faire moine
Et entrer dans les ordres
A dessécher mon âme
A l’aurore sangloté
Mon phlogistique élan
Se consume aliéné
O combien ils sont doux
Ces supplices chinois
Comparés à l’attente
De ton corps dénudé
 
J’ai beau me raisonner
Néguentropiques sagesses                                                                                                                      
Je ne peux oublier
A quel point ne cesse
Le besoin de ton corps
De ta vie ton esprit
Gouttelette de pluie
D’un nuage fruité
Redonne aux vagues marines
L’apparence du ciel
Dans lequel légère
S’élèverait mon âme
 
La passion dévorante
D’un besoin effréné
Peut prendre virulence
En folie délirante
J’ai besoin de ton corps
Pour retrouver le mien
Et perdre à contre sens
Le néant destiné
O combien mon amour
Les joncs et les roseaux
Peuvent se corromprent
Dans de palus vaseux
J’ai besoin de ton corps
En peine résolue
A vacciner mon âme
De ses noirs tourments
A giorno préservé.
 
 
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 3 juillet 2006
Epidictique
 

L’affect de l’esprit engendre souvent un entendement décentré. La finalisation des actes pousse vers la précarité de l’excitation vénielle. Heureux ! Tel est la devise de ralliement ; et pourtant comme le dit Schopenhauer »: Il n’y a qu’une erreur innée : c’est celle qui consiste à croire que nous existons pour être heureux. ». La recherche extrinsèque de ce bonheur nous aveugle souvent ; Quant à la légitimité de l’angoisse perpétuelle, ensevelie sous un amas de pensées parasites, s’étiole par la causalité de la socialisation. Chacun veut sa part de bien-être, chacun en devient égoïste : autre caractéristique qui entrave la légitimité de l’angoisse. Soyons éclairé face à cette certitude et ne la quittons pas des yeux !

L’écriture en elle –même est un épithème possible au désespoir, mais elle n’écarte pas l’inquiétude ! Il ne s’agit pas pour moi de fomenter un complot eidétique, je ne prétends aucunement être philosophe, mais tout simplement de coucher sur papier ce "mal " Etre conscient que même la médication est parfois incapable de l’endiguer. Ce n’est qu’un court aphorisme pour héler le commun à la Souffrance existentielle qui certes peut avoir des remèdes. Quant à moi je ne sais lesquelles pourraient convenir et je qualifierai d’Epidictiques : Souffrances intenses et conflictuelles.

par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 3 juillet 2006

26 juin 2006

Cher docteur.

L’épithalame de mes pensées n’engendre pas forcément la pensée d’être différent des autres. Nous sommes tous différents ; Je le sais! Mais je ne suis pas assez brillant orateur pour l’exprimer. Le sens de mon esprit n’est pas guidé par-là sinistre envie de différer, ni de trouver un refuge pour l’exprimer. Parfois mes mots sont noirs et peur de la folie : ne le sommes-nous pas tous un peu ? J’ai surtout cette frayeur de l’échec et de l’incompréhension qui me terrent dans des mots parfois inextricables. Mon mal-être est eidétique, quelque part entre la facétie et l’absurde. La férocité de l’existence me terrifie souvent et les angoisses prégnantes et récurrentes s’accentuent souvent par la désespérance. Je ne suis qu’être humain en face d’autres Humains qui comme le disait Sartre sont souvent notre Enfer. Je ne sais ce que contiennent mes effarements mais ils entravent mon existence. J’ai toujours fuit la réalité par quelque moyen que ce soit, et ce depuis très peu de temps : Alcools, médicaments, stupéfiants. Avant, je parvenais à rétablir une correspondance de quotidienneté. Aujourd’hui je n’y parviens guère. Suis-je Bipolaire ? Certainement mais surtout assommé par l’incapacité d’une stabilité durante.

            Je ne prétends pas être insauvable mais souvent dépourvu de jalons existentiels. Chaque nouveau départ se solde souvent par un retour à la case départ et j’en suis le premier affecté. Que de fois j’y ai cru, que de fois je me suis élancé en toute sérénité vers l’ostentatoire répit…rien n’y fait pour l’instant. Déjà huit ans que je suis suivi et bien avant des problèmes déjà de dépressions éparses. Dois-je trouver les raisons dans les méandres de l’inconscient ? Et pourtant j’en ai fait des psychothérapies, mais c’est de mal- en- pis. Vous me direz : « Ne désespérez pas ! », et c’est ce que je fais ; mais la lutte est toujours plus éreintante. Je n’écris pas que des mots smbres, je n’écris pas que des afflictions, j’écris aussi l’espoir et l’Amour salvateur qui pour moi peut manifester le soulagement.

par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 1 juillet 2006
Douloureuse perte.
 

Le vent des Hespérides me taquinait les naseaux. D’aussi loin qu’il pût provenir, je savais qu’à son arrivée beaucoup d’événements se produiraient, surtout peu agréables.

Elbot qui se trouvait à mes côtés, alors que nous avions lancé nos lignes dans le canal, observa chez moi une insensible indisposition.

-         Tu sembles préoccupé ! Qu’il dit sans quitter le bouchon des yeux ?

-         Des intuitions négatives, que je dis… Des intuitions négatives.

 
I.
 

Le temps n’était pas ce qu’on pourrait appeler au beau fixe ; néanmoins tout juste assez de soleil pour réchauffer nos mains endolories par les frimas matinaux. Elbot se leva, histoire de se dégourdir les jambes. Il alluma une cigarette de laquelle il tira quelques bouffées.

Les volutes bleutées s’élevaient et se mélangeaient aux vapeurs de nos respirations. Soudain Elbot aperçu le flotteur de sa ligne qui s’enfonçait par saccades. Il se précipita, leva la gaule et attendit quelques instants pour être sûr que la touche n’était pas illusoire.. Quand il jugea la prise certaine, il tira d’un coup sec et nous vîmes quelque chose qui s’agitait hors de » l’eau, et qui replongea à nouveau pour enfin reparaître. Elbot fournit un dernier effort d’ahan pour ramener la prise vers le bord, en tournant activement le moulinet. Je voyais déjà dans ses yeux une lueur d’hédonisme, enfin un poisson ! Mais notre surprise fut grande lorsque la proie, hissée hors de l’eau s’avéra ne pas être une menuaille. Mais notre effarement fut encore plus considérable quand la proie fut tirée hors du canal s’avéra ne pas être un poisson ; mais une main !

 
II.

-         C’est quoi cette saloperie ? Que me dit Elbot, en projetant l’organe sur la berge.

D’aussi près que je pus le voir, la main était sectionnée et cyanosée, me semblait aucunement avoir séjournée dans les eaux très longtemps ; aucun état de décomposition. Elbot ne paraissait pas vouloir sans occuper et ne savait qu’en faire !

-         Tu veux bien la détacher ? Qu’il me questionne ?

Franchement, j’avais pas trop envie ; Mais bon, je sais qu’Elbot est très sensible et je ne tiens pas à avoir mes chaussures éclaboussées par une quelconque régurgitation ! Aussi j’entreprends l’opération de récupération, quand la main, jusque là crispée, se déplie soudainement. De frayeur je me recule et vois l’organe effectuer plusieurs fois des contorsions insolites. Je suis sidéré ; Elbot de même. Sans réfléchir je m’approche derechef et retire l’hameçon qui s’était planté dans le pouce. De toute apparence c’est une main droite. Libérée de ses entraves, l’organe se met soulagée face au sol.

-         Qu’est-ce qu’on fait ? Me chuchote Elbot.

-         Ca m’étonnerait qu’elle t’entende ; Parle plus fort !

-         Je te demande ce qu’on en fait ? Répète Elbot.

-          Qu’est-ce que j’en sais moi ? Que je réponds !

La main ne bouge pas. Nous écoute-t-elle ?

     Pourrait la rejeter à l’eau ? Ni vu ni connu ! Propose Elbot.

     -Ouais ! Que je dis en réfléchissant un peu ?

Les histoires de mains, j’en avais déjà eu auparavant ; mais me retrouver en face d’une jamais, je n’aurais pensé ! Peut-être que nous hallucinions Elbot et moi ?

Allons ! Soyons réalistes, je me penche, prends la main par ses doigts. Elle s’agrippe à la mienne qui soudain semble ne plus m’appartenir. Ensemble elles échangent apparemment des informations. Je veux lâcher prise : impossible !

-         Elbot, je dis, file-moi un coup de main, si on peut dire, j’arrive pas à m’en défaire.

-         Non ! Fait-il en opinant de la tête ; ahuri par ce qui se produit.

Au bout de quelques instants qui me paraissent bien longs, les deux mains se séparent au sens propre du terme ; dans la mesure où la mienne se détache de mon poignet. Ce qu’on peut appeler une amputation, ne m’occasionne aucune douleur et me laisse aucune cicatrice vive. Je suis stupéfié ! Ma main, suit l’autre et toutes les deux plongent dans le canal. Elbot est cloué sur place, il regarde les deux organes disparaître puis il contemple mon moignon : pas de sang, pas de chair à vif.

 
III.
 

Depuis je n’ai plus retrouvé cette main droite ; autre partie de moi-même dont l’usage, nécessaire me comdamne souvent à l’immobislisme. Ce qui se passa dans l’immodalité de cet incident rien ne sert de s’étendre dessus. Aujourd’hui ce qui m’importe est la disparition d’un membre qui rétrospectivement s’avère indispensable à l’épanouissement de mon Ego.

J’en veux à la terre entière et en particulier à moi-même de n’avoir pas su être méfiant.

Souvent je rêve de ma main et l’utilité antérieure que je n’ai pas su estimer. Que -suis-je devenus ? Si ce n’est qu’une triste ombre évoquant tristement un passé révolu ; incapable d’envisager sérieusement un futur sans une certaine morosité.

Depuis ce jour, je l’attends quotidiennement devant le canal où je ne manque pas de déambuler. Peu-être, au hasard des mes flâneries, réappara-t-elle ! Je retrouverai alors toute la dignité que j’ai poussée à sa propre perte. En attendant je chemine affolé, insensée penaud, d’une mésaventure que je n’ai pas désirée. Elbot, plus de nouvelles ! Il se terre en lui comme moi.


                     Ne de fabula narratur : c'est de toi que l'on parle.

 
 
par cafre publié dans : cafre
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Calendrier

Novembre 2008
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>

Recherche