Dimanche 12 novembre 2006

Mouvement sur un lit

 

1.

 

Je cesserai de travailler

Quand une nuit d’orage

Ma main effleurera

Ton corps à mes côtés

 

J’élèverai alors

Un soupir allégé

Par une nuit d’orage

Je serai soulagé

 

2.

 

A compter les moutons

J’ai formé plus de pulls

Aux dessins picaresques

Que de pierres scellées

Dans la muraille de chine

Je n’aurais plus de compte

A tenir à la nuit

Mon sommeil refusera

Sans règle à calculer

Quand j’aurai de ton souffle

Le loisir de bercer

 

3.

 

Le coussin et les draps

Se chargeront pour moi

Depuis un certain temps

Je les ai esseulés

Qu’ont-ils à me pleurer

Eux qui m’ont supporté

Que peu de fois mon poids

Appréciez votre sort

Car il ne durera

De contraintes et d’efforts

Vous vous emporterez

Quand au double à porter

Vous nous obligerez

 

4.

 

Donne moi du courage

Pour écouter mes nuits

Et qu’au jour de ton jour

Je puisse les raconter

 

5.

 

Un mot un seul

Une nuit une seule

Un pas tout seul

Tes pas plus seule

 

6.

 

Mouvement sur un lit

Mouvements pour tes nuits.

 

 

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Dimanche 12 novembre 2006

Une vie

 

Si tu ne venais pas

Combien je serai triste

Et pourtant je le sais

Peut-être est-ce relatif

Combien de fois songeur

Je verrai ton visage

Promenant sur ton corps

Des regards songeurs

Si tu ne venais pas

Combien je serai triste

Mais je sais bien attendre

Bien même qu’une vie

Au delà de ma Mort

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Vendredi 10 novembre 2006

Remords

 

Dans cette vaste recherche aux tristes circonstances, j’ai déposé mon être d’une ombre insuffisante. J’ai sacrifié au sort le destin de ma vie, explosait  sans cautère la ligne brisée de mon glauque tourment. Dans la tempête immonde qui agite mes instants, l’angoisse aux vives arêtes, s’enfonce dans mon cœur ; non ! Je ne survivrai pas comme un néant, ni une abjuration, mais d’une conscience pleine éditique pensé.

Tout cercle à son point faible où la rencontre opère ; où est cette fragilité dans mon existence même ?

Je m’affole et je tremble, la peur de me perdre en te perdant aussi au moins tu vivras. J’ai trop sollicité de ta part et perdu toute envie pour toi de patience et de grâce.

J’ai conduit la déroute comme on mène une troupe vers un massacre certain, en toute déraison. Cryptiques sont ces raisons qui me poussent au néant et ces brèves illusions qui acheminent mon être vers sa perte fatale. Où qu’on place son pion, il prendre le même sens qui conduit à la Mort à ma mort personnelle.

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Jeudi 9 novembre 2006

Esprit

 

J’endors en moi les ombres

Pour sourire ton visage

Aux yeux câlin de jade

 

Je suis le fil qui glisse

Entre mes doigts fébriles

Parques allez –vous le trancher

 

Des paysages alternent

De la neige aux chaleurs

Comme l’Empire variable

 

Je crains en moi l’épave

Qui repose en haut fond

Reviendra-t-elle à flots ?

 

Mon pays est courtois

Sans déchirements d’adieux

Les fleurs y coulent libres

 

Je ne veux qu’emporter

L’amour de tes baisers

L’esprit de tes paroles

Quand aux rives du Styx

Je serai parvenu.

 

 

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Jeudi 9 novembre 2006

L’Ecrivant.

 

Loin de conditionner la littérature dans des enclaves fixes, il est bon de dépasser même les taquets de ses genres. Je n’ai rein d’opposition aux genres, les utilisant moi-même, mais trop de circonstances me détermine vers un autre genre, celui de l’indétermination. Qu’entends-je par là si ce n’est l’exaspérante sensation de dépasser les volitions casuelles. Non je ne suis pas homme de lettres, au contraire et comme je l’ai déjà dit je ne suis pas un écrivant mais un écrivant. Je ne veux pas ressentir les choses mais être entendu par les choses et ce précepte de l’indétermination dans son plein sens.

Qu’on s’abstienne de voir en la littérature une joute intellectuelle…. Elle n’est au service que de l’indetreminé. Moi je ne veux que trouver un certain repos de l’âme. Mais Ecrire y contribue-t-il ? Car sinon à quoi bon écrire, «  arrête d’écrire ce sera mieux pour tout le monde.. Le vouloir dépasse l’angoisse qu’il faut, à l’image de Sartre, qui est la découverte de la liberté. S’angoisser c’est sortir de la commune mesure, mais cela n’a rien de rassurant. Je préférerais être écrivain…Un bon écrivain… Et pas un amateur de l’écriture comme je le suis…

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Mercredi 8 novembre 2006

Immolé

 

Ta raison est de croix

Que ma seule douleur

Provient de la présence

Sublimée dans mon cœur

S’il est vrai que l’amour

A enveloppée mon âme

Extasiant les ténèbres

D’un lumineux zéphire

Le Mal qui me ronge

Est antérieur aux charmes

Des plaisirs transports

Qu’en moi tu as fait naître

Je comprends ta panique

A mes désirs ardents

Ta sagesse vivace

Perchée sur le salut

Prête au renoncement

Ecartant les remords

Si l’humeur est d’aigreur

L’amertume ne varie

J’ai beau trouvé bon sens

A tous les arguments

Rien n’y fait je me noie

Ta présence lointaine

Me joue des souvenirs

Que puis-je désirer

Si ce n’est te revoir

Profiter un instant

De ton corps sucré

J’ai la vie embaumée

Entre tous mes chagrins

Sans savoir ou fixer

L’intérêt de mes vœux

Toute voie entrouverte

Finit par une impasse

Je songe et je ressasse

A quoi bon continuer

Déferai-je le nœud

Pour ne plus rehausser

Mes souliers de vivant

Si je sais que ma peine

Est pour moi éperdue

Elle serait plus cruelle

Pour ceux pour toi qui m’aime

Aussi je continue le pas

Dans ce vaste labyrinthe

En gardant la tristesse

Notre amour immolé.

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Mercredi 8 novembre 2006

T’appartenir

 

Par tous les moyens

J’essaie de t’oublier

De partir de m’enfuir

Sans y parvenir

 

Je voudrais cent fois

Me planter dans le cœur

Une dague effilée

Un poignard maltais

Sans y parvenir

 

Que vais-je devenir

Tout m’attriste m’atterre

De douleurs obscures

Je voudrais périr

M’endormir à jamais

Si près j’y accède

Sans y parvenir

 

Des gerbes d’étincelles

Tourbillonnent et se perdent

Dans les abîmes

De mes tristesses

Je voudrais te bannir

T ‘exiler à jamais

Sans y parvenir

 

Mon souffle bat au rythme

De tes inspirations

Du désir sublime

De t’appartenir

Ton silence me transperce

Et contingent je erre

Sans prendre aucune garde

A tout ce qui m’entoure

Je voudrais t’oublier

Mais Amour s’est ancré

Je ne peux m’en délier

Je voudrais te garder

Pour vivre à tes côtés

Sans y parvenir

 

Que vais-je devenir

Moi dont le seul désir

Est de t‘appartenir.

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Mercredi 8 novembre 2006

In situ

 

Je n’oublierai jamais

Tes courbes ô toi mon fleuve

Tes Rives flamboyantes

Aux bouquets de béryls

Dont les pétales dessein

Se délectaient à l’ombre

 

Je n’oublierai jamais

Mes rêves en jachères

Tes endroits merveilleux

Où tu voulais m’emmener

Pérou Egypte le Caire

Sur la muraille de chine

 

Je n’oublierai jamais

Tes premiers mots d’amour

Ni les derniers d’ailleurs

Puissent-ils un jour renaître

 

Je n’oublierai jamais

Les plaisirs de ton corps

Nos caresses passions

A nos corps enlacés

 

Je n’oublierai jamais

Que nous aurions pu vivre

Sous d’autres latitudes

Sans peur de faire souffrir

 

Je n’oublierai jamais

Que pour toi j’ai écrit

Que j’écrirai encore

Jusqu’au dernier salut

 

Je n’oublierai jamais

Mon cœur qui pour toi bat

Au delà du déclin

Je rirai de ce sort

 

J’écrierai tous les jours

Comme si tu étais là

Pour sentir sur mon cou

Ton souffle long et chaud

 

Je te parlerai bas

Et tu riras encore

De mes mots maladroits

Je t’embrasserais d’esprit

Et tu m’envelopperas

De tes …yeux

 

Je n’oublierai jamais

Jamais je n’oublierais…

Ita sit…

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Mardi 7 novembre 2006

Non erat his locus

 

Les silences sont d’étranges

Gouttes d’eau qui balancent

Leur mollesse sur le fil

D’argent tendu du temps

 

L’insolence ne permet

Aucune tristesse des hommes

Délibérando saepe

Perit occasio

Et le ciel s’en revient

En rougeoyant longtemps

Ses oronges lumières

Péris de tes élans

Où porte le cilice

L’amour se marie

Tu n’en es plus l’élue

Génis donc Amphion

Tu parviendras peut-être

A élever le mur

De tes lamentations

 

A Pergame un spahi

Chevauche sa monture

Levant les mains au front

Tranchée dessus les yeux

Soumet à sa pensée

La mystérieuse stance

In hoc signo vinces

Vénus l’a délaissé

Le spéos s’est ouvert

Que peut-il encore croire

Dans la désolation

Quant à ses yeux embués

Se blanchissent les ruines

Au soleil de la Rome

Et que rien en ce lieu

Ne lui semble un signe

Non erat his locus

Non erat non est

Que lui importe en fait

Sa déesse s’est perdue

Même la Mort l’ennuie.

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Lundi 6 novembre 2006

Aprophétie

 

Fanir le scandinave

Persécute le monde

Freyr le perpétue

 

Heimdallr les enterrera

J’en serai le témoin

Si ce n’est le prophète

J’accomplirais alors

Cet ordre souverain

Sans y trouver moi-même

Le couchant de l’aurore

Humanité brisée

Qui ne vit que sous l’arc

Quand auras-tu compris

Qu’on ne respire un grand air

Je pleure de mon luth

A te voir si libre

Te croyant le foyer

Tu n’es plus même de cendre

Et pourtant indifférent

A tout étourdissement

 

Je m’agite Ezéchiel

Comme un moulin à vent

Que me reste-t-il alors

Si ce n’est que l’amour

Qui combat de l’erreur

Toute résolution

D’élever à l’honneur

Les basses compromissions

Je ne sais pas haïr

Surtout pas pour moi-même

Qui de dualité

En son for se nourrit

Je suis conditionnel

A serpenter sans fin

Comme je voudrais contempler

Mon moi propre destin

A quoi servirait-il

Je ne sais que payer

En monnaie de la langue

Je ne serai pas sage

N’étant pas plus augure

Prophète pitoyable

Qu’habile et fin poète

Je sourcillerai d’oubli

Et pour premier du bien

 

J’affadirai mes mots

Seulement pour te surprendre

Et étalerai rieur

Des vers merveilleux

 

Je materai les échecs

En de complexes gestes

Machinement de la dextre

L’ambivalente gaucherie

 

Je conterai d’émulsine

De larges bains mousseux

Te caressant l’échine

De sirupeuses adresses

Je dépouillerai Auguste

De son précieux pactole

Y palifiant ton lit

D’une pauvre crinoline

J’occuperai mes mots

Par des centaines de lignes

Qui auront toutes un trait

Synonymique aimer

 

J’applaudirai le diable

Quand il viendra reprendre

Mon âme de damné

Qui se veut t’adorer

 

J’exécuterai des danses

De Zaporogues révoltes

Copierai des pensums

Au nom des vérités

 

J’apprendrai messianique

A souffler dans le cor

Un air operculé

De grâces destinées

 

D’énallage fugace

Je transposerai mon mode

A l’actif du tien

Infinitif présent

 

Je prospecterai d’ahan

Des plateaux nummulitiques

Où j’hisserai in situ

Ton pavillon remède

 

Je gagnerai du temps à ne plus rien écrire

Mais en perdrai bien plus

En de longues impatiences

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Dimanche 5 novembre 2006

Monde clos

 

J’ai franchi le Caucase

A dos de dromadaire

De déchirants secrets

Se subrogeant au sabre

La tête dans les airs

Ethérée des essences

De la steppe enivrante

J’ai gravi les dentelles

De hauts sommets alpins

Pour respirer rêveur

De léthargiques muscs

En souvenantes ardeurs

Par des vallées étroites

 

Je coulerai de plomb

Des fameux néologismes

Qui auront le bon goût

De mon appartenance

Je taillerai la pierre

De lapis sillons

Aux musiques angéliques

En mystérieuses fusions

 

Je parlerai chinois

En tibétain maltais

Effarant mes souffrances

De ses surimpressions

Je redonnerai au page

Qui viendrai me frémir

Un tien si rare mot

Une métempsychose

De première position

 

A tes stériles spleen

J’étalerai grandiose

Mes silves et oripeaux

Je laverai le sable

Des traces rosacées

Néréides du japon

Dédiés à Némésis

 

J’espérerai

L’abeille

Butineuse de merveilles

Et fouirai sous les pierres

Intolérantes pestes

Géhenne sulfurique

Des suspicions suivistes

J’échapperai habile

Par d’innombrables épîtres

Aux sautes sardoniques

Pour rejoindre candide

La terre d’Aphrodite

Vénus des mondes clos.

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Dimanche 5 novembre 2006

Mutin

 

Sous l’écrin d’amertume

Se dissimule ma plume

Si forte si douce si délicieuse

Quand au soleil de plomb

M’apporte dans ses brises

Ton corps par ta voix

 

J’ai besoin d’insouciance

Aux caresses de tes yeux

J’ai besoin de constances

A te voir même peu

Sous le joug irascible

Inévitable vie

 

Au soir est étouffante

La chape caniculaire

Grevant mon impatience

O jours combien trop longs

Aux scolies dédaigneuse

Au jardin circulaire

Où déambulent mes peines

J’irai user l’asphalte

En pèlerin votif

Aux croisées des chemins

Pour t’élever déesse

 

Ne raillez pas ma joie

Toute simple effarouchée

Ne raillez pas mes craintes

De poète dévot

De l’attente me surgit

Les anémiantes plaintes

En des broderies d’émaux

 

Ton mendiant je le suis

O ta braise sauvage

De ma ligne bleue des Vosges

De ta tendresse attentive

Qui me plonge les pas

Vers de brillants climats

Ne me les enlevez pas

Je suis mutin rebelle

Tes adresses corporelles

Tes phrases réconfortantes

Qui dissipent les assauts

Et reposent mon âme

Ne me l’enlevez pas

Il couperait mon souffle.

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Samedi 4 novembre 2006

A l’aurore

 

Promenades sur ton corps

Pour dessiner des lunes

Une toile étoilée

De planètes constellées

Errer sur ta poitrine

De lèvres purpurines

Elancer mes paresses

En d’oscillantes adresses

Apprendre à reconnaître

Tes multiples cachettes

T’y retrouver secrète

Embrasée d’apétit

 

Divinateur comblé

J’impressionne ma mémoire

Du busque visité

Existe-t-il au monde

A travers l’univers

Un lieu de solitude

Sans gloseurs tribuns

Un lieu sans loi suprême

Où le repos gagne

A forlancer les chiens

Nous coucherions tranquilles

Notre fougue indomptable

Comme je les voudrais loin

Ces blâmeurs vehéments

Ces conveneurs blafards

Amoricides barbares

Qui asterugnent le besoin

De conjuguer nos corps

En d’âpres constructions

Que ne suis-je de rien

Pour époser tes formes

Et cueillir à l’aurore

La fin de ton sommeil.
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Samedi 4 novembre 2006

Une saison morte

 

L’enfer ! Le vrai, me dit le commissaire, je le connaîtrai bientôt, moi qui avais rejoint un petit groupe de la police, chargé des cas psychopathiques de délits. En effet j’avais choisi cette formation lors de ma scolarité parce que moi-même, étais atteint d’une psychose maniaque, qui bien endiguée n’affectait en rien mes capacités. Il est sûr que quelques années en arrière, je n’aurais pas pu le faire…Mais les mentalités avaient changé et surtout le domaine de la connaissance. Au contraire, m’avait-on dit, en temps que psychotique avéré, je saurais non seulement reconnaître mais aussi interpréter, disons comprendre, les agissements psychopathiques. J ‘étais loin, malgré tout, de me douter de ce qui m’attendait…

 

I.

 

-        Ce soir je ne te ramène pas que me dit Estève un collègue de la brigade ; j’ai une planque à faire.

Je baillais quelque peu fatigué par cette longue journée et répondis :

      -     C’est pas grave je prendrai le tram.

      -     Ca m’embête, je t’avais promis ; mais là je suis coincé.

Je réaffirmais à Estève la non gravité des choses et relativisais l’empêchement

Voilà ce qui s’était passé comme événement marquant ce jour là. C’est pourquoi je me trouvais à l’arrêt du numéro un, côtoyant quelque quidam qui comme moi attendaient le bus.

De loin je le vis poindre et rouler avec douceur sur le bitume. Quand il fut à peu près à notre hauteur, il s’arrêta. Quelques personnes descendirent tandis que moi seul y montais. Je sortis mon ticket, le poinçonnais et allais m’asseoir à côté d’une jeune fille, une écolière probablement. Le trajet jusqu’à l’arrêt de mon habitation fut vite rejoint. J’étais seul à descendre et la rue déserte hurlait ses remontrances épidermiques. Je rentrai chez moi et passais la soirée devant l’ordi à essayer d’empêcher, par mes rapports, le crime de sévir…

 

II.

 

-        Bonjour, me lança le commissaire, j’ai du boulot pour vous.

Ca tombait bien, j’étais à peu près en forme pour bosser. Il m’expliqua en quelques mots le taf, à savoir un crime sadique qui avait été commis sur la ligne du tram numéro un, en fin d’après midi. Mon esprit fut assez véloce pour faire le rapprochement avec ma situation de la veille. Je devais avoir été sur les lieux avant ou après le forfait ; mais je n’en touchais mot à personne, pas même au commissaire mon supérieur hiérarchique… La visite

Sur les lieus fut brièvement menée par Estève et moi ; recherche d’indices et témoignages. En fait de témoignage personne n’était présent lors du crime donc les auditions ne menèrent à rien…

-        Tu sais Estève que je dis, on n’est pas avancé et de toute manière le type ou la gonzesse qu’a fait çà est bigrement balèze. Pas d’empreintes ou autres. Mais, que je rajoutais, une chose est sûre, c’est qu’il est bien malade. Regarde le nombre de coup de couteau dont est lacéré le corps ; et la position de ce dernier, agenouillé les bras en croix comme pour prier…

Estève m’écouta en soupirant.

-        C’est vrai que t’es le profiler de la maison…

-        Profiler oui je réponds, mais avant tout malade comme tous les malades qu’on poursuit, et de jour en jour je me sens plus à l’aise avec eux. Non que je les juge, mais que je tente de les comprendre. Toute la technique est là : ni louer, ni blâmer, comprendre…

Ont a été invité à regagner les bureau pour taper notre premier rapport que je devais rendre au boss. Il me fit à nouveau appelé dans son bureau…

-        J’ai lu votre papier mon cher C… et je vous fais confiance quant à l’éclaircissement de tout çà… Mais…. Etes vous sûr que c’est un malade ?

-        Apparemment oui parce que son crime est purement expiatoire. C’est-à-dire calmer ses pulsions obsessionnelles

Le commissaire me fit signe à l’affirmative et je pus rejoindre Estève qui m’attendait et me tendit un papier.

-        C’est le légiste : «  Trente coup de couteau dont un seul mortel…

-        Il a dû s’amuser avec sa victime me lance Estève… P’tain j’comprends pas…

-        Tu sais Estève, y a rien à comprendre, si ce n’est que ce sont des pulsions. Et qui dit pulsion dit dérangement, même anodin, du mental. Mais ici c’est un cas particulier, 29 coups de couteau dont un seul mortel…. Au cœur…

Je lui redonnais le papier et me mis à arpenter le couloir dans lequel nous étions. Bon sang que je me pensais encore à retrouver un fou, un malade comme moi… Et malgré moi je souris. Ici tout le monde n’était pas convaincu de mon efficacité ce qui dans un sens était presque vrai puisque j’étais souvent absent et bouffais des médocs qui, de surcroît, s’ils m’aidaient, ne m’enchantais guère. Je préférais les remèdes naturels, malheureusement dénigré ou prohibés. Enfin selon moi ça ne débordait pas sur le boulot.

La journée passa sans grand événement et j’étais incapable de ne faire aucun jugement dans la mesure où on avait peu d’indices hormis le sang… Comme d’accoutumer je rentrais chez moi par le tram qui à ces heures était un peu déserté. Je me remémorais la journée et surtout, comme j’y étais, je voyais la scène sous mes yeux. Mais le premier coup a été porté directement au cœur et les autres de l’acharnement pur et simple…

 

III.

 

-        Ca peut pas durer que me dit Estève ! Encore un crime sur la ligne un du tram ! Ca peut pas continuer ainsi et il me regarda droit dans les yeux

Je ne sais pas quoi lui répondre parce qu’il a raison et le patron nous l’a bien signifié, faut mettre la main dessus. Moi j’étais abasourdi par les coups portés, toujours les mêmes dont un mortel...Mais ce  qui me tracassait le plus, c’était cette petite boite de Valium trouvée non loin du cadavre, et qui appartenait non pas à la victime mais au meurtrier. J’en parle parce que je prends le même chose et que l’effet de calme produit par les benzo devrait s’il est pris, apporté un semblant de quiétude au fou du tram. Mulhouse n’était pas sûre mais là, ça dépassait l’entendement et le mien en premier. Toujours dans une fourchette de dix huit vingt heures que les crimes avaient eu lieu et aucun témoin : la poisse quoi ! Qu’est-ce qu’on pouvait faire que je me demandais car en plus sur la boîte y avait plus de vignette, donc impossible de remonter par la pharmacie et toutes les boîtes de Valium se ressemblent… Je tâtais ma poche et mince ! J’ai oublié la mienne dans le tiroir de mon bureau… Non elle est là pas besoin de rentrer en chercher. En plus sur celle-ci, contrairement a celle trouvée, figure la posologie inscrite par le pharmacien. C’est rassuré que j’enfonçais la boîte dans la poche de mon pantalon…

Toujours la même rengaine, boulot, tram, maison et dodo ; et ce meurtrier qui rôdait dans les fins d’après midi hivernales d’Alsace… Tranxène m’attendais derrière la porte de l’appart et frétillait de la queue sans pousser aucun aboiement, et c’est bien pour ça que je l’adorais, mon seul compagnon de ma thébaïque existence. Oh je sortais bien ! Mis à part pour promener Tranxène, rarement. De toute façon Mulhouse c’est pas grand et pas très engageante comme ville mis à part ses musées, rien à voir avec Colmar ou Strasbourg. Enfin… Je m’étends sur le clic-clac non sans avoir mis un cd de Miles Davis dont j’écoute avec délice une reprise : « Night in Tunisia, morceau incontournable. Tranxène veut sortir ; il me le fait savoir ; mais avant toute chose je vais me prendre les médocs, c’est important de garder une heure régulière pour les prises. Bon j’ai déjà le valium. J’enfonce ma main dans la poche et mince pas de Valium… Je regarde ma veste, non rien non plus… Et mince , j’ai dû la mettre machinalement dans mon bureau… Mais qu’à cela ne tienne, j’en ai aussi à la maison… J’ouvre donc une boîte à médocs ainsi que le journalier et avale mes prises, beaucoup d’ailleurs, et puis je tourne les talons et m’en vais revêtir ma veste et passer la laisse à Tranxène qui en bondit de joie… Je vais pour sortir et zut le téléphone… Je referme la porte et attrape le combiné sur la petite table d’entrée…

-        M’ouais que je réponds à Estève… T’as qu’à venir après pour me chercher… D’abord je dois sortir Tranxène… Si tu veux, vas-y d’abord… Et puis viens m ‘n rendre compte, ce serait sympa…

 

II.

 

 Voilà je suis rentré, Tranxène n’a pas été trop long… Ah enfin mon appart et sa bonne chaleur dehors sa caille bigrement sec… Estève n’est pas arrivé, mais je le sens qui se pointera pour l’apéro aussi je sors sa bouteille de pastis qu’il a laissé là, au cas où, moi ne pouvant pas… Médocs obligent…

Un quart d’heure s’est écoulé quand on sonne à l’entrée. Je m’emploie à m’y rendre sachant d’après le coup de sonnette que c’est Estève. Je lui ouvre la porte, il se frotte les mains et sautille sur ses pieds.

-        T’as froid que je lui d’mande ?

-        Bah ! Plutôt, que répond Estève qui se rentre dans le corridor.

-        Viens, je dis, j’tai préparé la bouteille de secours…

Estève hésite un instant puis fouille dans l’une de ses poches de sa veste et en sort une boîte de médocs et me les tends.

-        Tiens qu’il me dit à propos, je te donne une nouvelle boîte qu’on a retrouvée sur le lieu du crime ; mais cette fois-ci on tient le bon bout… Regarde qu’il dit en me tendant la boîte, dessus il y a la posologie.

Je prends la boîte et la tourne pour constater effectivement qu’il y a une posologie et  je souris car c’est exactement la même que la mienne…

 

Epilogue.

 

-        J’aurais pu faire une belle carrière que je dis au psy.

-        Oui si vous n’aviez pas perdu la raison de façon incohérente, cela se peut ; mais vous savez cher monsieur, écrire des nouvelles n’est pas donné à tout le monde et, j’ai lu l’une des vôtres elle est bien courte…

-        J’sais, que j’réponds, mais docteur j’ai du mal à me concentrer plus d’une heure sur un travail…

-        Je comprends qu’il me rétorque, je comprends. Tenez à propos de trouver qu’il me dit, avant que vous ne partiez, et il me tend une boîte entamée de Valium…

Je tourne la boîte c’est bien la mienne avec la posologie…

-        Mais je dis au médecin, c’est vieux çà.

-        Oui elle date de votre admission il y a vingt ans ; cela vous fera un souvenir… Et il se lève, me sourit et me tend la main…

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Jeudi 2 novembre 2006

6e De Profundis

 

Je rêve de passions

Qui n’auraient pas de noir

Ou tellement compliquées

Qu’il faudrait les jeter

 

Je rêve de voyages

Qui n’auraient pas de but

Ou tellement lointain

Qu’il faudrait renoncer

 

Je rêve de me glisser

Entre les draps chauffés

Par une Vénus blanche

Aux mollets éburnés

 

Je rêve d’un futur

Approchant le passé

Et touchant du présent

E=MC²

 

Je rêve d’une écriture

Qui n’aie rien à envier

Au pesant décalogue

Par Moïse rapporté

 

Je rêve d’un acéphale

Pour ne plus y songer

Au vivier de cruels

Doutes et autres invertébrés

 

Je rêve de sept phares

Sans même les connaître

Juste histoire de rêver

Que je peux agacer

 

Je rêve de ton corps

Pas bien plus qu’au mien

Déprime De Profundis

Histoire d’un sixième sens

 

A la septième épée

Apollinaire fêlé

Je déquillerai défunt

Ma vie inconstellée.

 

 

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Mercredi 1 novembre 2006


Supposition.

 

Qu’est-ce donc cette douleur qui chaque fois me réveille dans la réalité putrescente. J’ai beau me tourner, me retourner en tout sens, cette souffrance ne me quitte pas… O vous très chers à mon cœur ne ployez pas sous mon fardeau. Je suis l’égale disparition de toute délicatesse. Ah quoi bon dans ces cas là si ce n’est que pour écorcher vif ceux que l’on aime… A grand renfort d’étourdissements je me hèle moi-même…. Tu n’es rien et tu resteras rien… Est-ce si difficile à comprendre le mal qui ronge… Ne laissez pas votre tourmente cataplasmé l’adulation….Je ne sers qu’as torturer mon esprit et celui des autres par la même occasion… Que suis-je si ce n’est que ce boulet aux chevilles de l’étourdissement. J’ai beau boire et reboire rien n’y fait : décantation de l’esprit… Je ne parle pas par énigme mais par renfort de termes significatifs de la torture mentale… Jamais je n’infligerai tel fléau à quiconque que j’aime. Me voilà devant vous à nu sur l’émotion. Je ne suis pas plus qu’un tas d’étrons bucoliques… Autrement dit le porte faix de la douleur. Ne m’en veuillez pas de parler si barbare, mais je ne peut contrôler mes émotions décadentes. Merci à vous mille réfléchissement humain… La terre s’abreuve de vos mille sillons et bien plus s’il ce doit. Demain c’est la fête des défunts : n’en suis –je pas un mort vivant. Que nulle souffrance ne vous atteigne car nul autre ne peu le supporter…

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Mercredi 1 novembre 2006

Je reviendrai

 

Un jour je reviendrai

Même s’il me faut attendre

Plusieurs métempsychoses

Je te rencontrerai

J’épouserai ton corps

Te donnerai ma passion

Et nos rêves guideront

Plus sûr que des promesses

Les pas de nos zéniths

Un jour je te promets

Comme les chats chinois

Au bout de sept vies

Je viendrai près de toi

Pour poser à ton cœur

Mon âme à toi inscrite

Dans ta chair féconde

Notre amour séparé

Renaîtra en phénix

Et même s’il faut attendre

Jusqu’à la nuit des temps

 

Mon amour avivé

S’élance à tes paroles

Et le clair de tes yeux

Inspirera mes vers

Je me réinventerai

D’autres milliers d'enfants

Qui auront de nous deux

La soif de liberté

A consteller ton être

De myriades caresses

Je reviendrai un jour

Et je t’épouserai

En me moquant de tout

De moi-même en premier

Pour te mener là-bas

Où nul ne peut aller

Je rêve d’enfantements

Aux miels onctueux

Et je serai à toi

Dénudé appauvri

Offert à ton amour

Qui ne pourra plus battre

Sans son souffle de vie

 

J’ai tant à te donner

Besoin de recevoir

Qu’assis sur le perron

Qui mène à ton donjon

Valeureux je dompterai

Les tourments des dragons

Qui m’en empêcheront

Je finirai ma vie

A espérer une autre

Où tous deux réunis

Nous édifierons alors

Le château de nos vœux

Enchanteresses émotions

 

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