Mardi 31 octobre 2006
Fortune
 
Je n’envisage que toi
A force d’habileté
Dans mon jardin secret
Où éclosent les mots
Plus drus que les hauts blés
Plus noirs que le sureau
Quand l’humeur s’abaisse
Plus vifs que toutes teintes
Quand l’ardeur se presse
Entre tes bras volcans
 
J’alimente mes oracles
De tes déhanchements
Et vibre corde tendre
A tes lèvres lumineuses
 
J’avantage le songe
Aux brèves réalités
Pour passer des heures longues
A ton corps enlacé
 
Que ne suis-je près de toi
Mon adorée fortune
En ces brumeux passages
Quand n’agissent plus calmant
Tes antalgiques élans.
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Mardi 31 octobre 2006
Sa peur
 
Quand il revient le soir
Dans mon étrange manoir
Les voilà qui s’éveillent
Les spectres de mes doutes
 
Ils traînent derrière eux
Les chaînes de mon âme
Et se repaissent rieurs
De mes tristes céphalées
 
Je me couche à terre
La tête à cru au sol
Pour sentir la douleur
De la pierre pesante
Pour oublier les affres
Qui résonnent en moi
 
Ils hantent impitoyables
Les moindres coins fragiles
Connaissant incroyables
Tous mes déchirements
 
Que ne suis-je prêtre
De noir exorciseur
Pour les chasser glorieux
De ces heures tourmentées
 
Chaque soi aux mêmes heures
Malgré toutes mes prières
Ils demandent en chœur
Qu’on nous livre sa peur.
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Lundi 30 octobre 2006
Si mal ce soir
 
Si mal ce soir
La lune se décroche
L’incertitude me gagne
Les frissons me cinglent
Et les mots vacillent en nombre
Car la peur s’entremet
En lissant entre poil
Mon imaginaire fragile
 
Les tracas d’oppression
S’agitent incoercibles
Abattant inflexible
Le courage de ma plume
Les hauteurs résineuses
Ont entamé à peine ma foi
Et les chemins de terre
Ereinté ma confiance
 
J’ai contrefait avant
Pour dominer le monstre
Ta suspicion me cloue
Sur l’avant de préface
J’ai conduit les doutes
Révolté ton retrait
Responsable sans l’être
Solitude me pèse
 
Si mal ce soir
Besoin de ta tendresse
Enfant éperdu.
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Lundi 30 octobre 2006
Cafre
 

Les instances bardamusiennnes me parvenaient jusqu’à l’hypothalamus en provoquant des relents d’effarement. Comment pouvais-je créer ce personnage pantalonesque et grave qui devait hanter mes écris. J’optais alors pour cette circonstance Baudelairienne et ce       qui s’appellerait Cafre conduit tant à la mort qu’à la résurrection, voire à l’éternité gravée sous le nom de regrets.

Combien d’âges me faudrait-il pour écrire tout ce que j’ai au tréfonds de mon être à dire : « j’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. » (Baudelaire). Mais cette adhésion au différents épigones possibles ne devait pas m’empêcher, non plus, d’avancer vers cette nouvelle quête, celle de la réminiscence incommensurable de la maladie mentale qui un jour m’a insidieusement prise, tout en m’ayant, depuis de fort nombreuses années, commencée principiellement dans des époques antérieures. Loin de vouloir soliloquer, ce qui est de surcroît parfois nécessaire, je ne tends pas vers le solipsisme existentiel. Je l’ai déjà dit et redit, je ne suis pas qu’Un ; d’infini constitution car chez mon Moi il n’y a pas d’introversion mais juste de l’existentiel cosmopolite et averti.

Rien dans aucune religion ne m’a paru répondre à mes interrogations ; et bien loin de les méconnaître si je les conçois, je n’y adhère pas. Aucun Dieu ou dieu ne pourra me convaincre d’une éternelle rémission. Le néant gouverne ma vie c’est une notion et non un dogme… Je tends non pas vers l’Absolu mais vers l’Irrésolu. Cafre dans ces cas là n’est que la dénomination potentielle qu’il me faut m’imposer comme pluri existentielle.

Ne cherchez pas dans Cafre la simple « synonimation » de taedium vitae ou spleen mais l’impossibilité et « l’insolvable » existence immanente et conflictuelle de deux pôles, comme dans la maladie, l’un maniaque à savoir déictique et l’autre dépressif à savoir inextinguible douleur de l’enfoncement vital. Cafre n’est pas un héros ; mais un pluri héros dysfonctionnel capable d’endosser sans hésiter tous les vécus potentiels de l’adversité. Il ne saurait y avoir de stabilité dans Cafre, pas plus que dans cet autre personnage, multipluridimentionnel qu’est Vierleux, et qui a déjà fait l’objet d’une nouvelle : Nadège… Cafre est autant Cafre qu’un quidam qui voudra bien de lui, face à l’absurdité et la déstabilisante société. Ce n’est pas refuser le réel que d’être Cafre, c’est au contraire le vivre comme acmé à sa douleur. Je ne cherche pas, comme Cafre, comme celui que j’ai choisi comme porteur de mes inconcidérations plurielles et actantielles ; tout être ne rentre pas dans une classification, même critique, au sens littéraire du terme, s’il ne peut se coller d’étiquette l’y adjoignant. Cafre est Cafre mais vous de même ; il ne vit pas des aventures mais les subit.

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Dimanche 29 octobre 2006
Aime –moi
 
Aime-moi qu’un beau jour
En justes circonstances
S'épuise tout enfer
Aime-moi à poison
Pour m’abolir l’oubli
D’anagogiques mots
Aime-moi à l’envie
Sans jamais te dédire
De la moindre parcelle
Aime-moi et d’ahan
D’effusions de ton ventre
Au triangle mirliflore
Disséminente lumière
Aime-moi et d’abord
Pour me retarder mort
Et vivre pour tes yeux
Aime-moi de vent fort
Embarquant ma tristesse
En de songes reposants
Aime-moi tendrement
Pour libérer on ancre
De l’asphaltite mer
Emportant les sarcasmes
De dangereux courants
Aime-moi de caresses
Que tu sais à répandre
Pour prévenir l’adresse
De cauchemars hypogés
Aime-moi à jamais
D’ignifuges circonstances
Qu’importent les déserts
D’amers certitudes
Aime-moi dans les faîts
De séquïas galants
Où s’appuiera l’échelle
Du suprême firmament.
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Samedi 28 octobre 2006
Jeux de corps.
 
1.
 
J’ai contemplé ton corps
D’étoiles scintillantes
Frôlé les intervalles
De tes geignants silences
Ta fougue et privauté
Ont assoupli l’échine
Le sceau –de- Salomon
 
2.
 
En mouvements ondoyants
Serpentant sur mon ventre
Ton pubis de rosée
A capturé ma peine
L’engouffrant de chaleur
Pour lui faire tendre gorge
D’une tristesse inique
 
A l’extrême impulsion
L’extase a dévoré
L’inquiétude créatrice
L’espace de longs instants
La quiétude évasion
 
Du plaisir envahit
L’ingambe déraison
 
3.
 
Ce que l’amour du corps
A de si différent
Et d’arrêter le monde
Dans son fol entraînement
Chaque instant par la terre
Des millions d’êtres ensemble
Accomplissent ce ballet
Et tout ce temps gagné
Sur le spectre mortel
Pourrait le repousser
Vers son repaire d’ombres
 
4.
 
Tournoyer sur nous mêmes
Corps à corps défendant
La femme attire l’homme
Et l’amour l’en décolle
 
5.
 
J’inscrirai sur mon front
Les baisers déposés
Ca et là d’effusion
De ma bouche sur ton sein
J’effleurerai ma langue
Et tes cheveux rebelles
Couleront sous mes doigts
J’avive et je capture
Ces séraphines parcelles
Qui hissent immortelles
L’Empyrée éternel.
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Vendredi 27 octobre 2006
Histoire sans pareille
 

-        Tranxène ! Que je dis à mon chien qui n’arrêtait pas de japper après les passants que nous rencontrions dans la rue des clés.

Je ne sais pas ce qui lui prenait tout à coup ; lui si passif voire aboulique d’habitude. Non je ne savais vraiment pas… Je le rappelait encore à l’ordres il finit tout de même par se calmer… La prochaine fois je le laisserai à l’appart. Quel sale cabot… J’avais rendez-vous avec Franck et Lucien (un peu vieillot comme prénom) devant le monoprix, pour nous rendre ensuite au café du poussin vert pour aller mater un concert de hard. Bon moi je suis pas fanatique de hard mais là- bas il y a au moins de belles filles. Non je ne suis pas un satyre…

Mes deux alcooliques m’attendaient bras ballant assis sur la margelle d’un ancien puits en plein milieu de la glace, faisant face au magasin. Il faisait une chaleur à crever lolll … Normal qu’ils aient une bouteille de bidouze avec eux…

-        Salut vous deux ! que je leur lance. Ca fait longtemps que vous m’attendez ?

-        Oh ! Répond Lucien  en me tendant la main. Tu vois, reprit-il en me montrant la bouteille, on a de quoi s’occuper… Petits rires de franck et de lui.

Je leur affirme qu’il faut y aller, le concert est prévu pour dix sept heures et il est déjà seize heures trente ; les places sont chères là-bas ; pas pécuniairement mais à disposition.

Bringuebalant on s’arrache de la place et on se pousse jusqu’au Poussin vert où effectivement les places sont rares. Mais par chance on en trouve…

-        C’est quoi de nouveau comme groupe qui passe demande Franck ?

-        « Les containers » lui réplique Lucien.

-        - Ouais ils sont trop grave mortel que reprend Lucien

Alors que Lucien est tout excité, moi et Franck on va commander des conso. Parce que la pauvre serveuse ne sait pas encore plus donner de la tête. Le concert n’a pas encore commencé ; les musiciens sont encore au comptoir à finir leur demi. On a de la chance par bleu…

Quand on revient Lucien a déjà branché deux nanas avec qu il discute tout en gesticulant.

-        Tu verras, qu’on l’entend dire, c’est un groupe à tout casser… Tu peux me croire.

Les deux filles l’écoutent mais par politesse à priori.

-        Et les gras ! Que nous hèle Lucien, j’vous présente Andréa et Camille deux gothiques.

Des gothiques ! Dans un concert de hard, assez surprenant

Que je pense…

Enfin on peut s’asseoir ; les deux donzelles sont tout de même restées avec nous. Le concert va commencer sous peut. Les musiciens arrivent sur scène dans un look d’enfer et sous les applaudissements de leurs nombreux fans. Nous, hormis Lulu, on reste discret… Ca bouge encore dans la salle quand résonnent les premiers accords. Tout de suite je suis saisi ; moi petit guitariste amateur, par la dextérité du guitariste. C’est un enchantement, Succession d’accords, solo, majeur, septième majeur, des augmentés, diminués, tout y passe. Quant aux solos : extraordinaire. Les autres musico sont éclipsés. Je n’ai d’yeux que pour lui et même les deux filles n’arrivent à m’en défaire.

 
II.
 

Le concert a pris fin et je reste subjugué par le guitariste et me propose d’aller le congratuler alors qu’il range sa guitare.

-        Salut ! Que je lance. T’es super balèze que je reprends avec beaucoup d’admiration.

Sur le moment il ne répond pas si ce n’est qu’un léger sourire qui me frappe par sa tristesse.

-        Ca fait longtemps que tu joues ? Que j’enchaîne.

-        Six mois qu’il me répond soudainement.

-        C’est pas possible que je rétorque, tu te moques de moi. Je reste circonspect et surtout suspicieux.

-        Non qu’il reprend, ma parole… Pas plus de six mois…

-        Mais tu joues comme un dieu ; que je siffle admiratif.

-        C’est pas moi qu’il dit c’est la guitare qu’il repend

-        Comment ça la guitare ? Que je questionne bêtement.

-        Oui dit-il avec conviction, c’est la guitare qui fait tout.

-        La je ne sais plus quoi dire, sûr que ce type se moque de moi…

-        Tu l’as veux ? Qu’il me demande soudain.

-        Quoi ? Je demande interrogateur !

-        Mais la guitare !

Alors là il se moque complètement de moi que je pense…

-        Tu la veux ou non ? Qu’il réitère

Je ne sais quoi répondre, quand il me tend l’étui avec l’instrument à l’intérieur. Je ne sais pas quoi faire… Sans vraiment chercher à comprendre je tends le bras quand il me dit :

-        Tu la prends mais ne la revends jamais ! Donne là si tu veux mais ne la vends pas pas tu en perdrais la raison.

Là je me moque un peu de lui et saisit avec convoitise l’objet… Il s’en va et je me retrouve seul sur scène… Gauchement, fébrile j’ouvre l’étui et je découvre l’instrument d’une beauté fascinante. Caisse en orme, manche profilé, sillet en ivoire et cordes filets plats ce qui me plaît, car pour le jazz rien de meilleur et en plus c’est une caisse … Tout bonnement géniale…

Je saisis alors l’instrument avec délicatesse et pose mes doigts sur les cordes qui comme par enchantement laissent glisser mes phalanges harmonieusement. Aussitôt même débranché je me mets à jouer comme jamais je ne l’ai fait, avec une dextérité étonnante. Les accords et les arpèges s’enchaînent à une vitesse extraordinaire. J’ai tout bonnement l’impression de ne rien faire et pourtant c’est bien moi qui joue. L’ampli est resté sur scène ; j’attrape un jack et je branche. Me voilà en train de jouer « Satin doll » aussi bien voire même mieux que Kenny Burrell ou n’importe quel guitariste. La salle qui ne s’était pas totalement vidée soudain se tue et semble subjugué par mon exhibition. Moi-même j’en suis pantois. Les notes s’entremêlent, se délient, se pourfendent en une mélodie plus qu’harmonieuse. Franck et Lulu qui m’avaient plus ou moins lâché soudain restent figés ne s’intéressant même plus aux jeunes filles qui d’ailleurs n’ont d’yeux que pour moi. Toutes les têtes se sont tournées vers moi, tout le « Poussin vert » se pétrifie dans un silence monacal…

Voilà le morceau prend fin, un instant s’écoule et tout le monde se met à applaudir, siffler m’aduler. Je ne sais plus quoi faire… Je ne sais que penser. La seule chose qui me vient à l’esprit

Est de savoir où est passé le type qui m’a filé la guitare ; mais pas de trace de lui ni du reste du groupe… C’est incroyable que je me pense en mon moi profond ; c’est vrai que je sais jouer mais la c’est dément…

 
III.
 

Neuf heures du mat., le téléphone sonne et me réveille. Je décroche non sans grincher le combiné : c’est Franck.

-        Je ne pouvais plus attendre qu’il me souffle dans l’appareil. Pt’ain t’as jamais joué comme ça… Tu nous avais caché tes talents…

Je le laisse débiter sa litanie et me remémore la veille, le morceau, le groupe, le guitariste, mes doigts déliés sur le manche. C’est vrai que jamais je n’avais exécuté un tel morceau d’excellence. Franck continue à baragouineur mais je n’écoute plus ; je m’assieds sur le lit et contemple l’instrument qui gît à terre au bord du lit et est encore plus beau que dans me souvenirs de la veille.

Franck finit par me lâcher en terminant par me signifier qu’il faut que je dévoile enfin en public tout mon savoir. Moi je n’ai plus le même sentiment. Pourquoi sans rien me demander le type m’a refilé sa guitare. Mais la question n’est même pas posée que mes doigts sont attirés vers les cordes et, qu’ayant pris l’instrument, je me mets à exécuter quelques standards de jazz sans aucun dérapage, au contraire avec une facilité déconcertante. Il a peut-être raison Franck. Faudrait que je joue un peu plus en public, ça me rapporterait du fric et j’en ai bien besoin en ce moment, criblé de dettes. C’en est insupportable ; déjà deux fois qu’un huissier est passé et que par chance je n’étais pas là. Mais comment se faire écouter et ramasser du pognon rapidement. Je vois pas trop. En attendant je pose la guitare dans son étuis et prends la mienne une simple Gibson, simple pour une Gibson s’est déjà top, et je me mets à écouler quelques accords. C’est bien, mais pas aussi bon qu’avec l’autre. Je peine un peu… Le type avait peut- être raison que je me pense ; alors c’est la guitare qui fait tout ! Tout en restant l’esprit coincé dans cette considération, on sonne à la porte. Je mets quelques bons moments sans y prêter garde. Ca résonne ; cette fois je suis tiré de ma béatitude. Je me précipite en boxer et tee-shirt vers l’entrée…

Avant d’ouvrir je regarde dans le judas… Un type sapé bizarre, grande cape noire et couvre chef enfoncé sur son crâne. Qu’est- ce que… Merde je me dis, l’huissier… C’est tout de suite que je pense. Je m’apprête à filer en douce mais, cette fois-ci, ça ne sonne plus, ce sont des coups légers qui sont assénés sur la lourde et accompagné d’une voix sonore :

-        Ouvrez Monsieur C… Ce n’est pas l’huissier… Bien au contraire, votre sauveur financier…

Je suis hésitant, les bras ballants et pas le temps d’approfondi la question ; j’ouvre… Le fric chez-moi c’est, contrairement à ce que disait Epicure, un « victus », en d’autres termes une nécessité vitale… L’homme qui se tient sur le seuil est assez grand et comme je l’ai dit tout vêtu de noir. Il me dispense d’un large sourire et se met aussitôt à m’interloquer.

-        Je suis votre sauveur… Finis vos soucis d’argent, de dettes… du passé qu’il dit en appuyant bien sur chaque syllabe…

Je reste coi. Que puis-je dire à un rédempteur … J’ouvre entièrement la porte en marmonnant :

-        Entrez !

Je referme l’huis et invite mon visiteur inconnu à pénétrer dans mon appart, direction le salon. Nous n’échangeons pas de paroles et nous filons dare- dare vers la pièce… Parvenus à cet endroit je fais signe de la tête au gars de s’asseoir ce qu’il fait sans hésiter.

-        Vous êtes dans des problèmes financier jusqu’au cou et par dessus même qu’il me sort soudain sans fioritures

Avant de répondre je me questionne pour savoir comment il sait çà. Je connais pas ce type…

-        Euh oui ! Je réplique. Mais…

-        Je sais monsieur C … Je sais… Peu importe comment je sais…

Un bref instant à crever c’est installé, temps mort, mais qui ne dure pas, car le type répond aussitôt :

-        Je suis venu vous sortir de la

-        Mais… Je bredouille.

-        Oui ! Je sais, vous vous demandez qui je suis et comment je sais tout ça…

-        Ben… oui…. Que je bafouille encore debout, en petite tenu, face au type confortablement installé.

-        Luc Siffert, brasseur de bonheur terrestre. Et il me tend la main. Je tends aussi la mienne qu’il sert vivement.

Moi je reste stupide … Cherchant toujours à savoir comment ce type me connaît.

-        Je suis sûr que reprend Luc Siffert, que vous vous dites d’où je connais ce type ; et bien moi je vous connais et c’est bien suffisant. Vous possédez quelque chose que j’ai, il y a longtemps, égaré et que je voudrais à n’importe quel prix récupérer aujourd’hui : ma guitare ! Qu’il lance en insistant bien.

-        Votre guitare ? que je réplique béat.

-        Oui ! Celle que ce petit guitariste sans envergure vous a donné hier au soir.

-        Ah oui !... je dis gauchement …la guitare.

-        Mais…Je poursuis… Pourquoi ne pas lui avoir réclamé à lui ? si c’est la votre !

-        Il ne voulait pas entendre raison malgré la plainte que j’avais disposée pour vol que dit laconiquement mon visiteur…. Je lui ai tout proposé comme à vous… Rien à en tirer… Il s’interrompt soudain et son sourire fend à nouveau son visage.

-        Il tire de sa poche un papier qu ‘il me tend.

Certificat d’achat que je lis lentement au nom de Mr Luc Siffert que je vois. Mince me voilà bien barré que je dis.

-        Mais, je reprends pourquoi il avait cette guitare si c’est bien la votre ?

-        Il me l’a volé ! Réplique sournoisement mon visiteur.

-        Comment ça volé ? Que j’interroge ?

-        Peu importe, s’impatiente m. Luc, ce que je veux, et son ton devient plus cassant, c’est récupérer sa guitare en moi même instinctivement que je me dis. Mais là je suis dans la mouise et ce type veut même pas me poursuivre en justice ; il me propose en plus du fric. De toute façon qu’ai-je affaire de cet instrument ? Perdre la raison ? Bah ! Je n’en ai déjà pas !

-        Et combien vous me donneriez pour la récupérer ?

-        L’effacement de vos dettes et une somme substantielle de un million d’euros qu’il dit sans hésiter…

-        Fichtre que je siffle, tout ça pour une simple guitare !

-        Simple non ! Que m’interrompt l’individu, elle a appartenue à Orphée un très grand musicien.

-        Connais pas je dis tout à coup, mais on m’a recommandé de ne pas la vendre…

-        Fadaise insiste monsieur verras ! Fadaise et niaiserie. Vous ne pouvez pas vous permettre de refuser ; votre situation est déplorable et moi je vous sauverai de la catastrophe…

-        Ok ! je dis pour ce marché, je veux pas d’ennuis, j’en ai assez que je m’entends dire.

-        Attendez-moi là…

Je quitte la pièce et me porte dans la chambre. La raison que je me dis, je m’en fiche de toute façon ; le fatum c’est moi qui le fait et ce monde est pourri. Je dois me dépatouiller dedans, les histoires à coucher dehors, du genre «  me vends pas ! Donne, tu perdras tes sens », très peu pour moi… Je suis peut-être stupide mais pas idiot ; ce mec y m’offre la chance de liberté ! L’argent ! Pourquoi j’en croquerais pas moi aussi… Je suis pas superstitieux et ces bonimenteries d’un autre âge…

Retour dans le salon. Luc Siffert est toujours installé dans le fauteuil, les jambes croisées et un sourire « angélique » sur les lèvres.

Lorsqu’il me voit arriver avec l’instrument, il ne peut s’empêcher de pousser un petit cri de contentement. Il se lève rapidement et m’arrache quasi des mains la guitare…

-        Et mon argent ? Que je demande sans me démonter !

L’homme ouvre son par dessus et tire des liasses de billets et un papier de reconnaissance de dettes : c’est le mien.

-        Je n’ai qu’une parole voilà vos dettes effacées et le million promis qu’il me dit en me tendant le tout.

-        Moi je ne regarde pas ce qu’il fait avec la guitare, je palpe le fric, le repalpe en tous sens…. C’est du vrai … De la fraîche…. Je me sens tout guilleret.

-        Merci M. C… qu’extirpe le type de sa bouche ce M. Siffert, vous avez fait le bon choix.

Je le regarde émerveillé comme un enfant et j’accepte de la tête.

-        Bon je n’ai plus rien affaire ici que lance soudain mon visiteur.

C’est pas faux ; alors je le raccompagne vers l’entrée et il prend congé de moi…

Que vais-je faire de ce million ? Que vais-je pouvoir acheter ? Mes sens se bousculent, s’entrechoquent…Plus de dettes, du fric, pas besoin de bosser ! Le placer et m’acheter quelques trucs… C’est encore mieux que la française des jeux », j’ai gagné !!!

 
Epilogue
 

Le docteur Xuan pose sur son bureau le papier qu’il tient depuis un moment entre ses doigts et secoue la tête.

-Comment est-ce possible ? Bon qu’il se dit ; je vais la ranger avec son dossier, il            s’appelle déjà ? Ah oui, Luc Siffert ! La réincarnation de Méphisto.

Et il se mit à rigoler intérieurement…
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Vendredi 27 octobre 2006
Inconnue
 
Des mots bleus du cœur
Pour toi belle inconnue
Aux lèvres de carmin
Main posée sur la joue
Pour toi j’ai griffé et couché
Quelques lignes éternelles
Pour que tu n’oublies pas
Cet instant principiel
Qui m’a été donné
D’un jour te rencontrer
Et toi de t‘en aller.
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Jeudi 26 octobre 2006
Le veilleur
 
Je suis celui qui veille
Accoudé à vos rêves
Pour insuffler en père
Les sacrements ourdis
Contre les hémisphères
Du globe dénoté
Les Cimbres et cimériques
Envahissant vos terres
Où croissent les chimères
Des ombres ancestrales
Je suis celui qui veille
Gardien de vos silences
Où l’inquiétude pesante
Vous jette à ses assauts
La fadeur anagogique
N’atteint que l’inconscient
Transpirant du sommeil
De l’être indolent
O toi l’inerme humain
Qui ‘affecte qu’inconscience
Les sombres brunes sataniques
S’emparent insensibles
Votre Roger – Bontemps
Je suis celui qui veille
Scandaleusement écarté
Pour plus d’assurance
A couvrir vos impédances
De scaphites pittoresques
A ne veiller pour vous
Je m’esseule d’angoisse
Sillographe démiurge
De votre assoupissement
Je suis celui qui veille.
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Mercredi 25 octobre 2006

Trabuco

 

Tu inspire à ma vie

De troublants polychromes

Qui s’unissent à la zone

Des envies de ton lit

 

Les heures se  décallent

Et je saisis l’ennui

Elles miroitent à l’azur

Par la terre arrondie

Un  sourire dans l’autre

 

Santiago, Camaguey

Matamzas sur cette île

Itinéraires plaisants

Sur la planche à tréteaux

Quelques livres des mots

Ton visage et ta voix

 

Les images se révêlent

Ce soir il est midi

L’appétit me revint

Et la peau me frémit

 

Mameluk ou ulhan

Je pointe mon Londrès

Panatella rêvé

Allumé et fumé

Soupirant l’espagnol

 

Aux creux de ces nuages

Je dépose la nuée

Qu’elle fasse bon voyage

Echappant aux orages

Pour s’éclore à ton corps

 

Je cherche à l’autre face

Un fin filet de lumière

D’acajou et d’ébène

J’éclabousse les nuits

J’éffiloche les jours

Qu’ils ne soeint plus de veille

L’humeur ad valorem

De l’aeromancie

Quand du sistre sacré

S’échappent les musiques

De tes cupriques formes

 

Ta source est mon asile

Aux cascades lénifiantes

Dont la chute naisseante

De bleues volutes cendres

Bon trabuco aimé.

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Mardi 24 octobre 2006
Cinescope
 
Tu me parles d’automne
Quand le vent me sermonne
A te suivre d’ahan
 
Tu me parles d’automne
En pleine chaleur d’été
Quand les prés s’étonnent
Des blonds blés frutescents
 
T me parles d’automne
D’écoliers abondants
Quand le préau résonne
Premiers refroidissements
 
Tu me parles d’automne
Des vendanges de Bacchus
Aux moissons de Cérès
Et moi cinémascope
 
Tu me parles d’automne
Quand l’hiver m’arraisonne
Que Verdi m’arraisonne
De ces quatre mouvement
 
Tu me parles d’automne
Aux bourgeons de mes ans
Tu me parles d’automne
Cinémascope errant.
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Mardi 24 octobre 2006
Encore
 
J’ai saisi auvol
Toutes les questions passées
Les ai mis camisole
Pour ne plus y penser
Qu’aurai-je à en faire
Si ce n’est que bonté
D’amertumes piccaresques
D’une épopée sanglante
 
Il me faudra partir
Abandonner mon septre
Ma couronne d’échec
Pour galvauder en route
Les histoires burlesques
 
Fini cette solitude
D’un être abcons
Et incertain de tout
Il faut que le sommeille
Ne sache que veiller
A d’autres horizons
 
Pardonne-moi tendresse
De ces élucubrations
Je ne viendrai plus
Vous solliciter encore.
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Lundi 23 octobre 2006
Ithaque
 
Ithaque était une île
De forte turpitude
Quand son roi fut au loin
Supplicié dans l’exil
 
La couleur de la lyre
Changeait de chaque jour
Sans connaître l’éclat
Des pontons aurifères
Recouvrant l’albe pierre
Noircie par la sueur
Des angoisses éprouvantes
 
Pareil à ce héros
Plongé dans les ténèbres
Je me suis effaré
De quelques tourmentes
Songeant au bleu glacier
Dont les palmiers dattier
S’élancent vers l’azur
 
Dans les collines blondies
Par les bouquets de blé
Mêlés à la caillasse
S’envolent les embruns
D’une lavande parfaite
Le collier incarna
Retient toute poussière
 
Ulysse est en voyage
Assurant ses prétendants
D’un périple sans retour
Nul besoin de l’attendre
 
Ithaque était cette île
De prières tissées
Par quelques acharnés
Le monde est en bas âge
Il ne peut que grandir
 
Je traverse en regard
Les vastes plaines ictères
En humant la lavande
Tout en traînant les pieds
 
Seul dans la rocaille
J’empourpre sur mon âme
Une noirceur bleutée
A verser tant de larmes
Je ne transpire plus
Sous le soleil plombé
Dont les rets chaud jetés
Caniculent la terre
 
Le sol a tant parlé
Qu’il se crevasse mort
Et l’aride souffrance
Se fissure de l’été
 
Attendre une pluie rousse
Des sables sahariens
A ne savoir écrire
Que des pierres tombales
En premier sut la mienne
Pour chanter des louanges
Qui ne mènent à rien
 
Ithaque était une île
Où Ulysse revint
De son pas si pesant
Il vengea son destin
Retrouva son épouse
Et laboura les champs
Que ne suis-je d’Ithaque
Pour trembler d’émotion
Scribe ou bien pirate
Plaisant de narration
 
J’ai soulevé la poussière
Qui retombe sans répits
Et les mots tant écrits
Retournent dans l’oubli
Suis-je donc coupable
Que de louer ta gloire
Tanagra égérie
Qui n’est que rassurante
A l’angoisse d’Ithaque
Vingt ans après l’exil.
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Dimanche 22 octobre 2006
Ad quod agis
 
L’amertume m’exaspère
Déferlante one- step
A remonter le temps
A rencontrer Ino
Frappée par la folie
Faut-il encore poursuivre
Ce combat perdu
Si Héra ne l’eut fait
Dionysos furieux
En fut le dispenseur
 
D’oniriques espaces
S’élancent anagogiques
En de vaste épopées
Tu es à mes côtés
Inspiration plagale
Désir d’éternité
Porteuse du flambeau
A la hampe dressée
 
J’entretiens mon ardeur
Sachant le vain discours
J’entretiens ma vigueur
Sachant le tien retour
J’agite en sémaphore
Les cris de mes ocelles
 
Considérant l’adage
O tempora ô mores
Qu’allez-vous y faire
Guerriers illuminés
D’impossibles victoires
L’asile n’héritera pas
De la fortune roue
De sortir du moyen
Pour terminer sa course
Vers la plage phrénique
De nos harcèlements
 
In situ le poème
S’érodera suant
De scilles scripturaires
D’assemblages dissonants
J’exerce l’apostolat
Brûlant dans les étoiles
De fructifiant bouquets
Baudelaire antisthème
 
D’asphaltites chagrins
Au mont Corno j’électrise

La        citadine claquante

Pour me faire voyage
Apennins flambants
Personne d’horizon
N’aboutira ailleurs
Hormis toi ma clameur
Qui partage mes silences
En Icare efflanqué
Dont la chute annoncée
Est Belphégor tourment
 
Ariel de tempête
J’acquiescerai a giorno
La stance de noblesse
Ad quod agis.
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Dimanche 22 octobre 2006
Deinde philosophari
 
Le temps passe et repasse
Se repaissant des pensées
Eparses et passantes
Appesantie sur place
Par de pressé percé
Vos présentes paresses
M’apparaissent et me permettent
Prétérition et prétexte
De prestes prétantaines
Le pretium doloris
D’une priapée primate
Me presse de cette présure
Primum vivere
Deinde philosophari.
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Samedi 21 octobre 2006
Pense à moi
 
Pense à moi mon amour
Quand tu t’engageras
Aux pieds des vastes glaciers
Quand au piolet furieux
S’agrippera ta main
 
Pense à moi mon amour
Quand aux chaleurs du midi
Tu planteras ta tente
Et patienteras huileuse
Sur des plages fourmillantes
 
Pense à moi mon amour
Au quatorze juillet
Quand éclateront les feux
Regarde les trajets
Des pyrophores éclats
Et trace mon visage
De quelques instants heureux
 
Pense à moi mon amour
Quand à l’août d’un mois
Décollera l’avion
Qui te transportera
Aux couleurs de Cuba
 
Pense à moi mon amour
A ton retour inscrit
Et au jour de ce jour
Je n’attendrai que toi
Ton sourire baigné
De nouveaux horizons
Me comblera délices
 
Pense à moi mon amour
Qui comblé par ton cœur
N’aura de son rejet
Que ton éloignement
Que ton éloignement
Au 24 juillet
Le jour de ta fête
J’écrirai plus encore
Et déposerai songeur
Un petit caillou blanc
Qui portera ton nom
 
Pense à moi toi mon amour
Quand tu penseras à moi
Et cet été cruel

Nous sépare bien que peu

Il renforce pour toi
Mon paréage d’affecte.
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Vendredi 20 octobre 2006
Déconvenue
 
J’ai si peur de la mort
Et si peur de l’avenir
Qu’au présent j’ai détruit
Tout ce qui m’entourait
 
Briser pour soulager
Mon angoisse d’existence
Je ne le voulais pas
Que puis-je y remédier
 
J’ai conduit en faillite
Toute une réussite
En suis-je plus heureux
Fortement j’ai des doutes
 
Des regrets d’amertume
Mais mon malaise est grand
Ce qui me fait si mal
Ace moment présent
 
J’en souffrirai après
Si je n’agissais pas
Enfants mes adorés
Ne souffrez pas d’angoisses
Qui s’acharne sur moi
 
Vivez en toute certitude
De mon amour profond
Compagne délaissée
Que j’ai trop fait pleurer
 
Pardonne mes tourments
Mais je suis si perdu
A ne savoir plus où
S’avancent mes pas pesants
 
J’ai le cœur arraché
Extraction obligée
Et tout se remémorer
J’en ai les yeux
Qui coulent
D’amères déconvenues.
 
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