Lundi 31 juillet 2006
Siglaisons
 
Pour toi mon égérie j’ai retrouvé ma plume
Autre sens à l’esprit délivré d’obsessions
Ce mâle objet stérile pendant longtemps
Retrouve en jets babilles l’extase détournée
Depuis longtemps symboles je vous ai rejetés
Défiant de votre sein le cautère bourdon
Inscrits en destinés vous vous êtes échappés

Et courez en saccades à retrouver avide

Les délicieuses coulées du plaisir lénifiant
 
Vous invoquez idoles la syntaxe déliée
L’oxymore vibrant l’antithèse déflorante
Du vierge papier blanc où s’écrase en semence
La pittoresque lyre grotesque d’envolée
De siglaisons cryptées en scoliastes verbiages
Se détache du passé un chancelant présent
 
O toi mon égérie ma figure de style
Ma métaphore filée ma tête de litote
Mon auxèse clarté scapulaire dévoyée
De son auguste route par un poète fou
Emporte sans pitié ses menus vers stupides
Et va les déverser dans les fosses de fientes
Où finissent en exil les mauvaises pensées
O toi mon égérie mon héraldique moisson
Ta prosodie errante fait de moi Ahasvérus
A la barbe blanchie par des siècles d’égarement
J’ai la vie susceptible de se tâter le pouls
Haletant du poumon et les tympans crevés
A force de descendre dans d’abyssales projets
Où l’encens et la myrrhe engourdissent les sens
A fréter les mirages comme de pures vérités
J’ensable l’océan et inonde les déserts
 
Ma forfaiture fomentée à formuler
Des forclusions je forcis forcément
D’extatiques hypostases en mon for intérieur
Et j’excorie en nage mes insatiables humeurs
Mon égérie craintive de sibyllins tourments
Ta parole rétive me laisse au demeurant
La verve en pacage transhumante ventée
J’applique sur mes plaies le baume siccatif
Qu’un sicaire débonnaire ma sciemment cédé
Je lisse cet onguent d’un céladon poisseux
Pour rendre hermétique l’alignement sémique
 
 
J’ai cette forfanterie d’excéder à foison
Les frêles facéties que je loue hors saison
De préférence à plume plutôt qu’en édredon
Mon égérie fatale Vigny était un ange
Baudelaire un démon et moi pauvre de son
D’une guitare impudique qui déraisonne entre
Violons sanglots aux pâleurs monotones
Des langueurs de l’automne, aux Saturniens poèmes
Ta bonne Chanson Verlaine me repose
Mon égérie patiente des délires hirsutes
D’un illuminé rhapsode martelant
Tes journées par de bien piètres émoluments
Pardonne ma fatigue et pose sur ton épaule
Ma tête échevelée mes fatigues d’apôtre
Qui ne sait que clamer je ne sais pas chanter.
par cafre publié dans : cafre
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