Jeudi 10 août 2006
Farce duel
 
La langueur de mes mots
Ressemble à ces nuages
Qui noirs s’accumulent
Pour tourmenter l’orage
 
Je hume les essences
De ces pins maritimes
Qui le long de l’allée
Epanchent leurs aiguilles
 
L’Amour est trop cruel
Quand il se veut raison
Moi qui m’emporte au vent
De mes inspirations
Je préfère l’Enfer
D’une saison rimbaldienne
Où le vide néant
Fascine mes penchants
Plutôt que d’égarer
Le sens plein de tes formes
La trace de tes mots
Ta présence merveille
 
J’ai la peur des cavernes
Des galeries souterraines
Ainsi que l’égarement
Qui sait si en ces lieux
Ne demeure pas le nielle
Qui couche les blonds blés
Comme la caresse du vent
 
Peut-être qu’en ses abîmes
La vie est éternelle
D’initiations duelles
Aurélia de Gérard
La double alcoolature
De toute indécision
Provoque la panique
De journées pitoyables
 
En ces lieux de l’obscur
Se profile l’éther
Qui m ‘emporte en pensées
Vers les étourdissements
Comment pourrai-je maintenant
Me passer de ton corps
Découvert à moitié
Offert aux longues caresses
De mes mains enfiévrées
Comment pourrai-je vraiment
Ne pas verser de larmes
Au plaisir d’étourdir
Les semblants de mon calme
 
A faire n’importe quoi
Je me porte très bien
Mais sans toi que m’importe
Cette vaste mascarade
Dont je fuis l’apparat
 
J’ai la flamme fidèle
Dans les larmes trempées
Pour te plaire famille
Dois-je évincer mes heurs
 
Sur le parvis blessant
D’une demeure vide
Je m’assiérai contrit
Et regarderai fuyant
Le chemin de nos vies
 
Parle-moi et tout bas
Des Regrets Du Bellay
Bien des jours sans détours
Bien des jours sans retour
Bien des paroles bues
Notre oasis perdue
Nous sommes étanchés
Splendidement couchés
Des lunules dans les yeux
Tendrement dilatées
A posséder ton corps
De quelques instants brefs
 
La lune n’est pas amère
Juste fragile et blême
Dissipant ses brumes frêles
Dans la moiteur infecte
D’herbes fasciculées
 
Je foulerai le sol
Soulevant la poussière
Sans toucher pied à terre
La soif écrasera
Mon cœur endolori
Qui n’a cesse de trouver
Dans l’idée torturée
Une révolte maigre
 
A tomber pour tomber
Je préfère chuter
Dans tes bras cataplasmes
Plutôt que rime funèbre
Au ruban catafalque
 
Le visage contre sol
En sueurs améthyste
Dans l’élévation plane
Le plaisir à t’offrir
Mais donne-moi le temps
Celui que je n’ai pas
De me faire à l’idée
Que ces jours là seront
Je le crois fermement
La promesse de l’aube d’échanges sublimés
Aux ferveurs échangées
Mais ma souffrance réelle
Ne peut trouver repos
Que dans le souvenir
D’exaltants paysages
De mouvements enlacés
Qui s’imprimeront fort
Dans le Mort fâcheuse
Qui n’y pourra rien faire
 
Par ta vie je respire
De ta vie je m’inspire
Dans la mienne tu t’oublies
D’allants épanouis
J’ai l’amour qui me serre
Comme un col de veste
Une lumière hésitante
Se soustrait de l’envers
Nos sentiments s’éprennent
D’abolir tous les fers
Qui embrase froidement
Nos poignets entaillés
 
Pour survivre à la Mort
J’ai l’habit de poète
Et mon amour en tête
Pour survivre à la Mort
Il faut mourir soi-même
Dans le fond intérieur
D’images repoussantes
 
Donne-moi ton ardeur
J’en ferai du soleil
Un temple de ferveur
Où l’on viendra en paix
Recueillir des Passions.
par cafre publié dans : cafre
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