Aporie sur l’AbsurdeN’entendons pas l’Absurde comme absurdité qui consisterait à entreprendre, penser décider et autres, au sens contraire de l ‘entendement, mais comme le pensait Camus, un moment, le seul, qui « m’unisse à ce monde »Le Mythe de Sisyphe. L’Absurde est consubstantiel de l’existence principielle car il initie à la liberté de son propre destin. L’assujetissement à l’extatique contemporanéité exclue toutes relations substantielles à l’Absurde, ne lui accordant qu’une vénielle pensée.
L’Absurde se veut imagination comme infinisation d’une faculté extra temporelle. L’imagination tant soit peu absurde qu’elle peut paraître se définie de deux façons : conçue ou préconcue : c’est-à-dire temporelle ou atemporelle ; entendons par-là, plaisir ontologique donné comme mane aux autres ou déambulation intérieure sans condition diffusionnelle. L’absurde ne se contente pas de plaisir, c’est également et on y revient inlassablement de l’angoisse principielle : l’Absurde n’est que le reflet dialectique d’un contraire.
Chez Nietzsche l’Absurde s’épanouit en conscience à « complexion puissante », alors que chez Camus il se fonde sur « une exigence morale fragile et toujours évanouissant de la volonté. » Son envolée dans Les Nourritures terrestres (Gide) peut l’appréhender comme lénifiante et déambulatoire. Mais n’en restons pas là ; tentons en quelques lignes d’en cerner une parcelle d’Absolue. L’Absurde est la néantisation de l’effort imaginatif d’une certaine folie contemplative qui ne s’approprie pas mais s’impose à moi comme chancre astringent. En relever l’existence est louable mais le vivre est mentalement obscur laborieux…| Novembre 2008 | ||||||||||
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