Premier jour
22 juin 1998
A force de parcourir
En tous sens le couloir
J’apprends le jaune ictère
Et la crasse par cœur
Ca et là fleurissent
Quelques orchidées sauvages
Qui s’épanouissent hideuses
Aux sons vagues des télés
J’aime le quasi-silence
De l’espérance sereine
Retrouvée en ce lieu
Infecté par le miasme
Où la folie sourd
Cachée à chaque détour
D’un lieu simple et pareil
Je renais en relaps
L’hérésie de l’angoisse
Si l’esprit n’en veut plus
Le corps en tremblements
Annonce l’athrepsie
Les Nourritures terrestres
A confondre le moindre
Mot de réalité
Je préfère les travers
Parsemés et héliaques
Où se provignent chenues
D’élégiaques moskines
L’oghamique grimoire
Ecache mes fugaces
Mais larges dysphasies
Aux regards de tripots
Je m’esseule en des pas
Chapés de plombs émaux
Tout aussi proche de moi
Tout aussi éloignés
Vous bousculez mes sens
Qui basculent sans cesse
Trouver un équilibre
Terme qui m’effraie
A me retrouver seul
Peut-être pas assez
Pour laisser à l’esprit
Le temps de se défaire
Des images contraignantes
Qui les ont obligés
Vers d’abyssines fumées
S’échappant de ma pipe
Où un brin de tabac
Au cerveau embrumé
Premier jour à l’Asile.