Aporie sur le Néant.Je ne saurais prétendre engager un discours sur le néant mais juste en écrire une petite aporie.
Répondre à ce qu’est le Néant serait répondre à l’improbable car le Néant n’existe que parce que nous existons. Cela s’avère évident mais pas autant qu’il paraît…Le Néant est une certitude comme est la certitude que nous sommes, c’est-à-dire que considérer le Néant comme absorption finale : finitude de l’être dans son essence primaire dont Sartre disait qu’ « il faut que le Néant soit donné au cœur de l’être ; pour que nous puissions saisir ce type particulier de réalités que nous avons appelé négativité ! »
Sommes-nous issus du néant autant que le néant est issu de nous ? L’un ne peut correspondre sans l’autre comme un miroir sans tain dans lequel se refléteraient les deux entités que sont l’Etre et le Néant. Dualité ou correspondance ? Dualité dans ce sens qu’inexorablement le néant et l’être se chevauchent alternativement pour exister facticiellement ou correspondance puisque l’un répond à l’autre. Fatum ? Le destin ? Non ! Certes pas ; au risque d’apostasie, il n’y a rien de fatal dans le néant et l’existence ; simplement que les deux s’unissent pour subsister au sein même de l’esprit, seul capable de les réifier. « cogito ergo sum », je pense donc je suis : Certes mais le néant est-il aussi pensée ou abstraction par l’esprit ? C’est sûrement la plus grande douleur et la plus grande souffrance qu’est le Pensée, celle de se trouver devant l’abîme du Néant et que ce dernier ne puisse répondre à nos interrogations. Plusieurs solutions poignent alors, mais la plus évidente, pour ne pas connaître l’angoisse c’est de nier en s’absorbant dans le commun du réel, car le néant n’est qu’un futur incommensurable et conceptuel qui ne cesse pas de nous envelopper quoi que nous puissions entreprendre.
Se néantiser pour le néant reviendrait à n’exister que pour ne pas exister…Que de négativité dans la négation, de le néantitude indéfinissable. Seule l’angoisse demeure parfois sourde mais bien vivante. Et c’est le plus grand des aux car : Aussi substantielle qu’elle puisse être, elle nous empêche, sauf sans doute par la foi entre autres, d’exister en correspondance avec le Néant.
Néant teu es ! Car moi je suis! Donc nous sommes complémentaires : « L réalité humaine [est] dans le néant. » Sartre, L’Etre et le néant.| Novembre 2008 | ||||||||||
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