Le congé ou diarisme d’un séjour à l’hôpital.Me voilà pour la dix-neuvième fois à l’hôpital psychiatrique pour avoir ingurgité trop de médocs et donc on m’a gentiment mis à l’hôpital psychiatrique de Rouffach : état confusionnel, sevrage radical des benzo., manque et désarroi dépressif…Seul face à moi-même… Et puis l’écriture enfin
Toutes ces années à fuir par n’importe quel moyen et sentiments de culpabilité ; cette douleur intense d’avoir causé à l’être qui m’était cher et qui aujourd’hui refuse de me parler… La réalité est obséquieuse et je ne songe qu’à disparaître pour fuir ce supplice. Cette obsession de se sentir fautif est prégnante, coercitive, insupportable. J’ai mal dans tout le corps autant qu’à l’esprit et ce au quotidien sans relâche. Rien n’y fait, je n’arrive pas à trouver la quiétude…
La tempête est éclatante, et ne s’arrête pas. Seule l’amertume est omniprésente ; le regard dans le vague, toujours les mêmes souvenirs. Je me sens si seul et c’est insupportable malgré le monde qui m’entoure. J’arrive à écrire, à parler quelques fois mais ça ne suffit pas ; je voudrais que mon esprit ne soit plus, que la pensée disparaisse. Pourquoi ne me laisse-t-on pas partir ? Je pense à mes enfants qui m’aiment mais même cela est insuffisant ; j’ai trop lutté, je n’en peux plus : sed ultima necat.
Qu’elle ne rompe pas Sous mon poids ? Tant de gâchis pour faire souffrir
Si tu savais à quel point tu me manques aujourd’hui dans ce froid terrible. L’oubli et la désolation règnent dans mon cœur ; et pourtant une petite lueur veille : c’est toi. Me voilà alors réchauffé. Le temps s’égrène et à peine je pourrai écrire. L’âme est intacte mais le corps en désolation et au final je suis abasourdi. J’aurai voulu que le monde tremblât sous mes invectives, mais je suis capable de rien. Aujourd’hui c’est trop ardu, je me force à écrire car je suis en manque. C’est terrible ce sevrage mais je dois le faire…Passer par-là pour quelque part me rejoindre…
Les yeux derrière ; l’haleine courte : tu n’es pas là. Mais qui es- tu ? Rien ne me fait plus peur que le vide et pourtant j’y suis en pleine face et ma tête explose. Hier je ne t’ai pas entendu, sachant que tu ne viendrais pas. Je suis en mendicité d’écriture, pouvoir te toucher, espérerapprendre. Pourtant je sais que jamais je ne serai avec toi. Mon plus grand amour est perdu et je dois l’accepter ; il ne me reste que trois figures. Je les chéris mais ne suis pas suffisamment clair pour les aimer. Aujourd’hui c’est terrible ; peut-être moins qu’hier. Qu’accepterai-je de la réalité ? Si ce n’est l’inexistence. En ce jour point de rémission.
Un peu plus de calme ! La tempête a jailli tel un feu d’artifice, sans cohésion, et me voilà un peu apaisé sans ma colère intérieure. D’où vient cet ire si ce n’est qu’envers moi-même. Je pense à moi : égoïste. Je ne veux pas sortir. Ecrire un peu, surtout du silence pour étancher ma soif.
Ne plus rien réclamer pour l’esprit et pour le corps ; passer à l’hécatombe ; Choisir sa fonction et l’entité de la méconnaissance. Je me croyais parvenu à la sagesse, je suis retourné vers l’ignorance, seul jusqu’au bout : heureux ceux qui pensent en tristesse.
Hier je n’ai rien pu écrire, trop de tourments. Mon fils est venu me voir et le plaisir j’en ai eu, indicible ! Moi qui me traque dans le désespoir j’ail mal partout. Culpabilité oblige ! Et je pense à toi ; ô ma muse dont le visage et la voix font échos à mon cœur… Je ne songeais pas que tout fut si dur…Je t’aime toi qui me donne la force de poursuivre, mais… Tu ne seras jamais à moi.
Plongé dans des effrois, je veux en sortir vainqueur mais sans oublier que ce ne sera qu’étape et non-finition. L’amour que tu me portes est important, imposant. Je n’ai pas assez là pour mes enfants…
Pourquoi dois-je attendre toi dont les mains me caressent le front en sueur ? Je voudrais, toujours je voudrais mourir en vis à vis de cette affliction qui me terrasse. Et je pense aux enfants à A… et à N…qui de sa voix me donne, de l’amour tant recherché et perdu.
Toute la journée je voudrais mourir face à la douleur qui m’harasse
. Et pourtant je pense aux enfants et à vous deux a… et N… qui de ta voix me donne la douceur tant recherchée. Toi N… loin de moi pose ses regards lénifiants sur ma piètre vie. Je n’ai confiance que dans la noirceur, elle seule génère ma vie. Pardonnez-moi d’être aussi cruel mais je ne m’adapte pas. N… ma douce, aime-moi bien, caresse –moi de tes mots réconfortants : antalgie.
Encore une journée d’idées noires qui s’imposent à moi insidieusement. Mourir toujours mourir tant la culpabilité et douleurs sont fortes. Elle, A… me dit qu’elle n’est pas là pour supporter ma pathologie et que tout est de MA FAUTE. Toi tu m’as téléphoné deux fois ; deux instants, deux raies de quiétude. Je voudrais être corps et âme à toi, mais tout nous sépare : quelle désolation ! Toi mon refuge, toi mon havre de tranquillité… Je vais aller m’allonger, écouter de la musique, du punk, seule intérêt aujourd’hui.
Je n’arrive pas à prendre la plume tous les jours ! Et je pleure. J’ai mal de ne pouvoir vivre, j’ai mal. Certes je t’ai fait du tord toi A… et en ai assez d’être un fardeau pour tous…
Tu ne m’appelles pas, tu refuses de me voir et j’en souffre. Je n’ai pas voulu ça… Pour rien au monde ces larmes qui ruisselaient sur tes tâches de rousseur je ne les aurai voulues. Je ne peux te contraindre en rien ; mais tu es là seule qui puisse me sauver… Tu éclaire encore ma vie ; même si N… me sourit. Mais je ne sais plus toi, je ne t’aurai plus et elle je ne l’aurai pas : Contraste déictique.. Tu refais sûrement ta vie et tu m’oublies et souvent tu me renies. Mais laisse quand même dans ton cœur ces treize ans de bonheur ! C’est insupportable… C’est même bien plus c’est inhumain…Esprit malade.
J’étouffe sous cette culpabilité instable qui m’agite sans cesse comme une oriflamme. Je voudrais ne plus être, ne plus subir…on me reproche, on me culpabilise de tout, même de fumer : ne suis-je déjà pas assez coupable lol ? Je pense à toi qui me téléphone chaque jour et qui illumine l’assombrissement quotidien
Parfois j’aimerais m’engloutir dans le Léthé et sentir mon corps se refroidir peu à peu…. Mais je pense encore à toi mon adorée qui ne sera jamais moi. La bourrasque se calme, un peu, hormis le matin où tout est éruption. Je t’écris, je t’écris tant que je voudrais aussi te serrer dans mes bras et goutter à tes paupières. Tout m’indiffère sauf toi et mes enfants. J’ai du mal à oublier A… et tous les bons moments d’un passé si proche et si lointain… Elle me dédaigne brûlant ce qu’elle a adoré. Crois - moi toi N… un jour sur mon destrier je parviendrai à t’enlever…
La nuit m’apaise un peu ; mais au matin c’est l’enfer et en journée alternance : chaud / froid. Bain, douche pour me réchauffer et je n’arrive toujours pas à manger si ce n’est un peu de soupe et toujours ces nausées. Je sens la culpabilité et l’angoisse en latence derrière les médicaments mais elle est toujours présente. Et puis, je pense à N… à l’amour que je lui porte et qu’elle refoule ; toujours des femmes mariées !
J’ai froid, chaud, les angoisses ne me quittent pas, je me sens si las et cette obsession culpabilisante. Le matin je ne cesse de penser à A… de ne plus la voir… Je pense aussi à N… j’ai envie de cette ambivalence de périr…
L’astre est souvent à l’ubac et je ruisselle et je suis glacé. Elle me téléphone tous les jours N… calorifère le long de l’échine ; mais jamais à ses côtés je ne serai. J’essaie de reprendre le jazz mais je me sens faible partout. Combien de temps encore le sommeil ne m’écrasera-t-il pas ?
Cette image intempestive de mon ancienne compagne. Mea culpa me répété-je. On me dit : « Il faut aller de l’avant. » Mais je stagne ou je recule ; pour moi rien de présent que la douleur. La tour chancelle prête à s’écrouler.
Qu’ont-ils tous à venir pour me faire la morale »: il faut te prendre en main. » Agacement de faire mon linge car il sent la cigarette, alors qu’elle habite à quatre kilomètres et travaille à Rouffach même. J’en ai assez et ça me démoralise qu’on me dise que si ça continue, on prendra ses distances. Le téléphone parfois m’exaspère aussi, si c’était si facile de remonter la pente ! La seule qui comprenne c’est N… ma tendre amie des V… Je m’enflamme, je me passionne pour elle et finalement pour la féminité, mais je suis timide et cette peur de l’échec qui me plonge parfois dans l’incontinent… Alors j’écris.
Tant de chagrins, tant de peines pour parvenir à distinguer une lueur d’espoir. Encore une longue route à parcourir pour découvrir quelques savoirs. Qu’on me laisse tranquille avec la cigarette, qu’on cesse de m’importuner pour la maladie Je suis emporté par le mouvement qui tantôt tourbillonne, tantôt s’assagit. Comment redémarrer après la tourmente ?
Comment retrouver une compagne à la fois tendre et fougueuse ?
N… Je pense fort à toi ; mais ce n’est qu’impossibilité…
Mon humeur fluctue sans vraiment se stabiliser : chaud, froid, sueur, frissons…
Les cauchemars reprennent de plus belle, avec, cette fois-ci, pour toile de fond, un groupe musical dans lequel j’ai joué, il y a plus de vingt ans. A… Me quitte toujours, cette fois –ci un ami de la formation qui a réussi une carrière dans la guitare…
Le matin récurrentes ces angoisses, vers quatre heures : La tourmente ; je ne veux pas me lever et alors elles s’insinuent, même au travers des draps. A force de la journée elles s’espacent, sont toujours présentes mais moins fortes.
N… Ma correspondante adorée m’a téléphoné hier, quel plaisir, quel bonheur ! Elle ne m’appellera pas aujourd’hui : tristesse…
Je m’embrasse toujours autant pour les femmes ! La jeune stagiaire est là aujourd’hui, plaisir des yeux plaisir de l’âme.
Journée épuisante sur les flancs enneigés des Vosges, chaussé de raquettes, sur ces pentes immaculées : plaisir.
Aujourd’hui premiers comprimés de Tégrétol, j’attends le bénéfice. Je songe énormément à N…, je songe aussi à J…, et voudrais trouver des mots encore plus forts pour le plaisir du désir. Je ne suis qu’un sensible romantiques ; et ces cauchemars qui me reprennent la nuit, toujours les mêmes, Ils me réveillent en sursaut. Je reprends conscience très tôt et me tourne, me retourne entre les draps moites de sueur.
Les idées sombres présentent le matin s’évaporent mieux l’après midi, quand le soleil reparaît. Comme souvent j’aimerais ne pas savoir penser ce qui m’éviterait cette foison de déconvenues et de soucis absurdes !
Timidité inconsidérée, impossibilité d’aborder la féminité de pleine face ; J’en ai assez ! Voilà pourquoi je suis seul certainement ! Toujours des rêves délirants mais moins accentués ; ils me réveillent cependant et m’empêchent de trouver le sommeil.
Les rêves sombres m’assaillent et depuis deux jours je songe que je mets fin à mes jours de toutes les façons possible.
Les matins sont atroces, obscur comme le ciel d’orage et puis, un peu d’accalmie, mais ce n’est pas la sérénité parfaite. J’attends ton coup de fil N… Je lui écris souvent, elle est ma muse.
Qu’avons-nous d’autres ? Que nos humbles caresses ! Pour fêter nature enchantée ?
Le spectre de la mort plane dans mon onirisme nocturne. Je me réveille aux mâtines, en sudation, plus qu’à me doucher. Le lever est difficile et le noir cerne mes yeux. L’angoisse se resserre dans l’étau et le marteau frappe le désespoir blanc de fermeté. Avec la journée le calme se fait en des relents de culpabilité.
Je ne sais toujours pas les dates et ne cherche pas à le savoir. Les nuits sont encore bien courtes, parsemées de rêves glaçants… Aujourd’hui N… M’a téléphoné et je suis quelque peu renfrogné. Je me suis, et ce depuis bien longtemps que je ne l’avais fait, promené une heure, fatiguant : j’ai dû m’allonger. J’aime à m’étendre sur le lit, passer les écouteurs sur mes oreilles et écouter de nombreuses et diverses musiques.
Le chemin que l’on me fait emprunter est cahoteux, rocailleux et âpre. Parviendrai-je au bout pour y trouver un Eden ? Ma vie est comme un château de carte prêt à s’effondrer aux fruits de l’incertitude. Tantôt solide comme le roc tantôt branlant comme l’échafaudage. Ma passion s’enflamme promptement mais s’opacite trop vite. Parfois une bise d’hiver laisse place à la brise légère du printemps : ce qu’Eole est changeant ! On me dit que je suis à la quête de l’échec et proche du masochisme ; ce qu’il en soit n’est peut-être pas totalement faux. Ma plus grande souffrance est le manque de confiance en moi, ce qui a souvent fait avorter bien de mes projets, des engagements : je baisse vite les bras et quand je ne le fais pas, après la chute est vertigineuse. J’aimerais trouver tout le vocabulaire que je possède en ma mémoire pour dire l’indicible mais celle-ci faillit…
Ma douce N… m’a une nouvelle fois téléphoné, j’aime sa voix, sa grâce, son visage, son parfum, tout ce que je ne peux que pressentir. De mes bras je voudrais l’entourer, me réfugier au près d’elle comme pour m’échapper à moi-même…
Que la vie est souvent lourde à porter ! Je suis un éternel amoureux de cette féminité
Même si Mes Nuits Difficiles m’arrachent au sommeille par l’entremise cauchemardesque, je sais que dans l’après l’humeur sera huileuse comme une mer tropicale sans vent de garde.
Aptitude à écrire voilà ce qu’on me dit ; mais ce n’est pas seulement un don, c’est une juste valeur pour ajuster ensemble les termes en figures de styles si savamment nommées et qui associés donnent formes et vivacité…
Comme tout séjour à l’hôpital il devait se terminer, ce qui ne se fit pas attendre. Mais au bout de longues semaines d’épreuve le psychiatre me convoqua pour me dire : « Mon cher Monsieur, vous êtes inguérissable et je me vois dans l’obligation de vous donner votre congé, en d’autres termes vous congédier de la psychiatrie qui ne sait quoi faire de vous…
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