Mercredi 13 septembre 2006
Immortelle renommée
 
Songe donc à cet oubli
Qui voudrait retenir
Ton âme gorgée de vie
Plonger dans le fleuve d’or
Où les passions armées
S’infiltrent en flocons
Dans les bâillements légers
De ton corsage défait
 
J’aurais voulu encore
Te dire mon aptitude
Qui capturera ton souffle
Entre tes bras ailés
Mais la vie en tumulte
Reprend en vive course
Les captives passions
 
Je sais qu’un jour viendra
Où le repos serein
Pourra mes pas stopper
Et à tes pieds poser
Mon cœur et ma raison
Mais jusque là ma douce
Il me faut avancer
Sans oublier furieuses
Les parcelles vivaces
D’accrocheuses démentes
 
Jamais dans mon sommeil
Ni dans ma double instance
Ne s’effacent les gestes
Qui m’ont donnés à toi
 
La fatigue et l’ardeur
Apprennent à s’aimer
A tisser minutieuses
Les toiles incurvées
Qui forment insolubles
Les serments unifiés
 
A force de tomber
Sur mes genoux blessés
Le sang coule néant
D’écarlate effarement
Jamais je n’oublierai
Ni les vastes horizons
Ni la baie de Rio
Pas plus que le triangle
Du delta du Nil
Qui se sont découverts
A mes rêves fragiles
 
L’exil de la tendresse
Et de l’impossibilité
Me conduira inique
A déterminer les heures
Qu’il me reste à compter
Sans pouvoir m’asseoir
Plusieurs fois à ta place
Et vivre sans défendre
L’impossible choix fixé
 
L’haquenée harnaché
Jamais ne me mènera
En détroits des torpeurs
Du quotidien haï
Cabotin vagabond
Au noir tableau scolaire
Mon aquilon frileux
Détruira ma cervelle
Qu’engloutira le temps
 
A prôner les couleurs
Les odeurs impalpables
J’ai confirmé mes sens
D’une douleur infecte
Qui dévore mon esprit
Comme un rongeur cyclique
 
Si je n’ai plus qu’un songe
Ce sera ton image
Si je n’ai plus qu’un souffle
Ce sera de ta bouche
Si je n’ai plus de vie
Ce sera pour la tienne
Car ma mémoire féconde
Ecarte les poisons
Qui conduisent à l’enfer
Perversifier mon âme
Pour enfermer mon âme
Pour enfermer l’écume
De mes brèves impressions
Nymphes de Nysa
Prenez soin de Bacchus
Dionysos enfant
Aux cheveux abondants
 
Donnez-moi la boisson
Le breuvage de l’humeur
Qui emplira ma vie
A l’heure de l’affection
Loin de toutes les ombres
 
 
A quoi sert d’exprimer
La lumière mortuaire
Quand l’abandon déteste
Sa compagne et geint
De sa trace impuissante
A manquer le destin
 
Jamais je n’ai aimé
Aussi fort que toi
Et d’écrire élogieux
Aux dieux des immortels
Pour qu’un sourire bleu
De faïence japonaise
M’accordât bien enfin
Ton amour d’ébène.
par cafre publié dans : cafre
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