Vendredi 15 septembre 2006
Mixtion
 
A trop se retenir
Jeune fille devient vieille
Et l’homme vigoureux
Se dessèche au soleil
Que diantre le mépris
D’angéliques échelles
Qui conduiront au ciel
Existes-tu vraiment
Toi Jardin de l’Eden
La farce est teinte oblique
D’une cruauté navrante
Faire croire toute une vie
Qu’on vivra mieux après
Mon cœur ne se console
D’aucune pieuse parole
Mais d’Amours impossibles
Comme un nez de travers
 
Les heures ont beau gagner
Leur dernière demeure
Les hallucinations
Se courbent en échine
Le délice de la chair
Au toucher se consume
S’évapore en nuées
D’un delirium athée
 
Ma lanterne n’éclaire
Pas même un vrai talent
Mon falot est inique
Torturé à l’horreur
L’Enfer de la fraîcheur
Enflamme le paradis
Qu’est-ce dire délétère
De mon ancienne race
Celle qui au fer rougi
A estampé sa marque
Sous ma torture courbée
A vous porter fantasmes
Je déclare le droit
D’éclater son carcan
De rendre aphone la voix
Qui vous dis toujours NON
 
La houri infernale
Haleine en souffle court
La houri infernale
Haleine en souffle court
Elle indure les caresses
Concert de confidences
En feignant l’apparence
De la délicatesse
 
Ne te laisse pas duper
O vigoureux mortel
Ta vie est savoureuse
Et non difformité
A croire leur propos
La cruauté du monde
Empoisonne ta vie
D’une morsure cruelle
 
Ignore l’impondérable
Idolâtrie du lit
Surtout de la luxure
Du vice à la paresse
Dieu sait pourtant que j’aime ça
Les draps moitiés baissés
Conservent la trace chaude
De ton corps assouvi
Soulageons nos transports
En reprenant la pose
 
L’infernal seigneur
L’épousé compagnon
L’ébène de grimaces
Détenteur de l’aimée
Mon exaltante passion
A rendu dérisoire
Mon amour figé
En pleine possession
A écrire la nuit
L’inexprimable envie
Le fantôme conjoint
Me délivre en maudit
Qu’as-tu donc à attendre
Assis les bras croisés
Les jambes recroquevillées
Comme une âme épleurée
Devant ma porte fermée
La place est occupée
Tu n’as qu’à retourner
Je ne suis plus parole
Sinon qu’avec les yeux
Et l’impuissance me fond
Dans le sol pavé
Mon compagnon d’enfer
Mon double de misère
Voudrait briser la porte
La herse contre Amour
Il n’a de ses vingt ans
Que la témérité
D’un diamant enchâssé
Sur un métal
Sur un métal meurtri
 
A fourbir le mal
D’une possession morale
A guetter le matin
A veiller dans la nuit
Le gardien du trésor
Finira par dormir
Je pleure mendiant poète
Les odeurs de l’attente
Du désespoir dépit
Subtiliser sa place
Me glisser dans ton lit
 
Cesse donc tes auspices
Demeure affecté
Ton Eden fallacieux
Ton attente irréelle
Elle ne sera pour toi
Voyageur aux pieds lune
D’un rayon blanc nacré
Blottis donc tes frayeurs
Contre à son sein argenté
 
Que d’éphémères instants
Pas plus gros qu’une prunelle
A l’ombre rousse dormante
Les cascades de sanglots
Se contentent en saccades
O aimante brûlante
Tu parsèmes d’étoiles
Mes rêves en bohème
 
Tu conquérir un jour
T’enlever au suprême
T’enlacer philosophe
Souviens-toi d’autrefois
De mon cœur en effroi
De mes yeux dévorés
Des espérances fièvres
Chaque instant accordé
Est une manne suprême
 
Je te prendrai la main
Nous ferons quelques pas
Nous gravirons la pente
Qui conduit au rocher
Où de l’onde impétrante
Nos amours sont d’honneur
Mais un écho de rire
Me transperce le flanc
« Jamais tu ne l’auras »
 
Nous baignons tout nos sens
De silences liquides
Les bulles s’entremêlent
Nos doigts fébriles s’étreignent
Nos langues notre salive
Intimement composent
En mille fleurs rares
Un Nectar d’Ambroisie
 
Ma folie est latente
Ma misère d’absence
Jamais plus je n’aurai
La Mort à mes côtés
La mixtion de l’intime
M’insufflera la vie.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
par cafre publié dans : cafre
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