Apatride baladin

Les pentes adipeuses ont de ces vallonnements
De chairs enfantines aux saveurs sucrées
Les parfums pubescents d’édits incandescents
Te foulent sans regrets ma mémoire esquichée
Je joue à tes côtés les badins aurifères
Sans cesser de penser qu’un jour je vais périr
Et qu’il faudra creuser un trou dans le plancher
En arrachant des lames ensemble les clouer
En espace confiné d’un couvercle pesant
A trois je lancerai sur les pans de ta jupe
Les dés damasquinés qui rouleront aux vitres
D’un temple monacale pour terminer leur course
Sur le socle marbré d’un quadrige sinople
Je suis faux fou l’Hamlet l’Othello opiacé
L’apatride baladin de châteaux espagnols
Sur l’esquif étendu je remonte l’étier
En quête de Lesbos et de sa poétesse
De Tibulle l’élégiaque halieutique Bacchus
Dont le thyrse picrique gouverne ma raison
La Lydie de Crésus détrôné par Cyre
A l’ombre de tes feux galant tamarinier
J’appesantis la barre sur le cresson doré
Pour enfin poser pied au Parnasse gradué
La moiteur assaisonne les vapeurs exhalées
D’un hallali confus à l’extase sublime
Qu’une brise mutine a secrètement mimée
Ondulant les feuillages d’un bruissement altier
En laissant les fontaines de miel se déverser.