Ineffaçables
J’ai passé des journées
A contempler tes yeux
A chercher le Néant
Dans des gouffres suspendus
De jardins exotiques
Mon âme a admiré
La saison des enfers
Illuminée des dieux
Aux arcanes plénières
De faux temples de marbre
J’ai foulé ton chemin
Aux traces enfoncées
De fers et de crottins
A monter puis descendre
Des pentes enneigées
A peu dire, les Anges
Déploieraient de leurs peines
Comme je déployais les miennes
A peu de lettres près
N’as-tu de mon image
Que la frêle épitoge
Qui tombe de la légende
Comme une plate dulie
O fatigues vénielles
Qui m’emportez vaillant
A quitter le réel
J’ai l’affres et le tourment
La quiétude est trop sage
Pour corrompre l’élément
Seul le spectacle compte
Pour qu’il puisse amuser
Ars longa vita brevis
A vérité naïve
S’ajoute le calomel
Vendangé en secret
Absorbé sans retenu
Inhaler somnambule
De singuliers frissons
Pleurant les yeux crevés
De peines artificielles
J’ai le songe insondable
Qui m’aspire incessant
O vois-tu mort certaine
J’assure sûre venue
Ta providence factieuse
De cactus respecté
Tu pique et me déchire
Sans m’offrir de repos
Jamais n’aurai de cesse
De t’attendre au passage
Ton galop effréné
M’enlèvera dans l’âge
Et d’un homme ignoré
Je passerai posthume
Sans être regretté
A ne connaître rien
De ses propres passions
J’ignore ma détresse
En de simples émotions
J’ai l’infini repos
Qui me ronge d’horreur
D’un bouquet composé
En azalées sauvages
Sur les pentes neigeuses
Où l’herbe transparente
Se hérisse de l’absence
D’hypostase contre sens
Le poison se consomme
Comme Jasons la toison
Conquérant s’enveloppa
Crois-moi farce misère
J’ai jonché mon cratère
De mille et cent facettes
Protégeant mon affect
Des cribles répétés
De l’infidèle réel
Pestilent et absurde
Qui retient de l’image
Les contours vaporeux
Elimants et despotes
Qui retient de l’image
Les contours vaporeux
Elimants et despotes
De marges délirantes
Voilà qui me tourmente bien
De nourrir en mon sein
Les peurs pathologiques
De perdre ton repère
De n’en trouver aucun
Une forêt de symboles
M’éloigne du concret
Et mon libidineux
Espoir se retourne
Scorpion suicidaire
Mélancolique refuge
Aux astreintes du temps
Qui dans le quotidien
M’arrache l’imaginaire
Comme une dent malsaine
Qui pourrait provoquer
L’infection douloureuse
Où es-tu égérie
Préférence de mon âme
Dans l’état de torpeur
Toi seul me rassures
Affecté de l’errance
J’ai parole promise
A mon comble d’ego
L’autrui me contrevient
Ses détestables marques
Blêmissent mes adresses
Dans mes nuits Paraboles
L’inconscient cécité
S’octroie toutes mes folies
Persona détournée
Totalement détruite
Erasmus de Folie
Elogieuse et glorieuse
Attaque ma poésie
D’où jaillissent des mots
En traces ineffaçables
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