Mardi 26 septembre 2006
Multiplication
 
Pour trois fois rien au monde
Six fois cinq élégance
Le chat de cire bondit
Tout ruisselant de nacre
Sur la bibliothèque
Il se lèche la patte
Les moustaches aux aguets
Les oreilles tendues
Il me tourne le dos
 
Quatre à quatre montées
Les escaliers usés
Les quarts d’heure s’effacent
D’un clin d’œil écarlate
Le chat graisse la patte
D’un porcelet fendu
Où trébuchent des pièces
En multiplication
 
Sept et trois corridor
Personne n’est entré
Le chat sur les genoux
Ronronne facétieux
Qu’aurais-je d’intérêt
A regarder le ciel
Qui derrière l’horizon
Se repaît des sanglots
De cryptiques amoureux
Platon de la caverne
En mythifia le sens
Les ombres cryogènes
Ne sont que d’illusion
 
Dans la vallée se couchent
Les langoureux soupirs
Du linceul hivernal
Maculé de sommeils
Qui enflent la misaine
D’un trois mâts vigoureux
Sillonnant les névés
De l’éphémère passé
 
Un nunatak captieux
Laboure la frêle coque
Infligeant au vaisseau
Une cruentée blessure
Il sombre dans l’écrin
De l’albâtre suaire
Un lugubre bucrane
Trône sur l’étagère
 
Un miaulement pathétique
Tranche acerbé le fil
Qu’avait tendu les Parques
Avant de le couper
Ignominieuses vieilles
Le félin de ses râles
Dépouille vos élans
De nymphe décrépies
 
Du trois mâts disparu
Elles chantent les alcools
Qui moites bleuités
Se mêlent aux fumerolles
D’entretiens très étranges
D’immaculés souillés
Pas de deux redoublé
Quatre et un en silence
Vieilles folles enivrées
Piétinent les sépales
De fleurs céphalées
 
Piège d’égout à rat
Où s’engouffre la mort
Les caniveaux fangeux
Drainent ton esclavage
De cet asservissement
Tout être en est frappé
Le chat en se lovant
Effleure l’étroite abîme
 
La cruauté d’acier
De son œil glacé
Pénètre sous les draps
Où la canule fleurie
Porte son estocade
 
La sève calorifère
A ranimé l’effort
Le limier apaisé
L’estramaçon s’abaisse
Dans le fond du panier
Le fourreau saturé
Du brasero ardent
Gît privé de son essence
 
Bouquets de ses adresses
Le chat s’envole à terre
Ronronnement d’agrément
Ses émeraudes s’occultent
Son souffle suit le mien
Et un de deux et trois
Toi aussi tu t’endors.
par cafre publié dans : cafre
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