Vendredi 29 septembre 2006
Passage
Sois vigilant au lustre
Opuscule séducteur
Il te prendra un jour
Pareil aux sentes d’or
Qui serpentent sémillantes
Aux flancs des monts arides
De Crête ou des Açores
Pareils aux innocents
Les regrets caillouteux
De l’avenir fébrile
Aiguisent les jalousies
De l’avenir fébrile
Les attritions passées
O Du Bellay défait
A Rome n’étant plus Rome
Qu’allons-nous devenir
Le regard d’une passante
Prend les vers Baudelaire
Et l’absente funeste
Fuit elle ne le sait pas
Ni lui où elle va
Un regard destructeur
Et le voilà revivre
La portée de ma main
A le ton ré bémol
Taillé dans le rocher
D’une Vénus obscurcie
Recherchant dans les pas
L’aridité des peurs
A contempler la plaine
Morne de Waterloo
Hugo dithyrambise
Un Bonaparte esprit
Je peine dans ces jours
A arpenter mes nuits
D’un portail constellé
De lunules sculptées
Dans le sombre firmament
Qui bourdonne incessant
Les cheveux en fardeau
Retombent sur la nuque
En foulant les opales
Qui jonchent la poitrine
Me voilà schizophrène
Ange puis musicien
Que ne suis-je Cocteau
Jacques ou bien Prévert
A Vinteuil Marcel
S’en est allé
A gravir l ‘esprit
Entre mes nuits blanches
S’accordant étonné
Les colonnes du passé
Cagliari sommeille
Aux maquis dénudés
Je conseille à ta tante
Les lavandins fleuris
Une forêt de cèdres
Aux parfums électriques
Quand Didon à Carthage
Rêve de Syracuse
O vous voilà jardins
Suspendus à mes lèvres
Aux granitiques fièvres
Qui creusent la vallée
Les mots sont des liqueurs
Qui glissent onctueuses
Dans ma gorge asséchée
Par le soleil carmin
Des îles éoliennes
Les ocres de Rustrel
Tapissent ma mémoire
Où verdissent anonymes
Les doux instants charmés
Je ne t’oublierai pas
Langueur monotone
Qui me conduisit là
Où personne n’allait
A dormir furtif
Les reflets verdoyants
J’ai perdu la raison
De mes émoluments
Tous ces jours merveilleux
Suintent de tes diamants
Que l’illusion fervente
Traverse de part en part
Le sacré me déchaîne
Pour ne plus s’obscurcir
Que d’un séjour hargneux
Au passage démasqué.