J’ai
J’ai le cœur mille poisons
Fil de fer barbelé
Derrière une moustiquaire
Le visage embrumé
Une traîne misère
Tant de fois débordée
Par un sombre hallali
De cailloux dégrossis
Il faut avoir aimé
Pour souffrir tant de fois
Et pourtant ma misère
Ne se désemplit pas
Tes prouesses de l’orient
Je les ai chevauchées
Et l’image d’Euclide
Sans cesse me harcèle
Promets-moi rêverie
La verdeur des prairies
Où le morcellement
N’est pas constellation
Je le sais mon Eros
Ma divine bellâtre
Que le mioséisme
D’aucune volonté
Est d’extraire la confiance
De l’abasie inique
Qui frappe pusillanime
La créativité
Tes paroles apaisantes
Tes gestes répétés*les caresses enivrantes
La tendresse échangée
Eveillent mon ego
A se réaliser
C’était un de ces soirs
Banalement blafard
Et tu m’as pris la main
Mon cœur était de noir
Et l’ablégat en deuil
Et pourtant je le sais
Il ne faudrait que peu
Pour traduire ces émois
Des douleurs qu’on supporte
Leur trouver un seul terme
Et tout serait sauvé
L’inconscient me réveille
En d’horribles tourments
Mais ne peut y ouvrir
Le seuil de ma poche
Si tel était le cas
Pourriez-vous le comprendre
Et surtout l’accepter
Le choix impose silence
Au monde refermé
Entendre son appétence
J’ai le cœur mille poisons
Fil de fer barbelé
Et l’éviction facile
De l’églogue agité
Il faut savoir choisir
La poussière du cuir
Qui laissera brunir
Les paupières embuées.