Mort
C’est une couverture
Sombre d’étoiles noires
Un paréo funeste
Qui s’enroule à la taille
On a beau l’habitude
De l’enfiler toujours
Il nous broie chaque fois
Le ventre défoncé
Les heures glissent en vain
Sur ces toiles cireuses
Toute la peau des hommes
A l’astre monotone
Craquelle se désagrège
A son nom prononcé
Faucheuse sans vergogne
Que le cœur est mortel
Entraîne et nous somnole
Fantôme d’éternité
Charogne et pourriture
Se dégagent de l’immonde
Couvrant tous les baisers
D’un ange qui se réveille
La vie est à ce prix
Profondeur de l’enfer
Sans stupeur de l’aurore
Au ciel couleur de miel
Le soleil devient mur
Sans sauveur de la Mort.