Jeudi 12 octobre 2006

Les glaces de l’enfer
 

-        Alors c’est bon ! Te voilà à la retraite maintenant ?

-        Ouais que je réponds, mais suis encore jeune pour ça et se voir mis à la retraite pour invalidité c’est plutôt dur…

-        Mais tu touches ta pension non ? Comme à l’armée ?

-        Sans doute ! Mais aussi fine que les fils que coupent le Parques.

Nous étions Garlan et moi assis à la terrasse d’un café. C ‘était une de ces belles journées comme il y en a encore en automne et la ville, Colmar, était encore tout en fleur, ce que ne gâchait pas les colombages pittoresques qui s’alignaient face à nous…

Eh oui ! La retraite du fonctionnariat, c’est plus sûr que dans le privé mais qu’elle est ridicule quand comme moi on a à peine travaillé une quinzaine d’année ; et pour cause, j’avais repris des études à vingt cinq ans, après avoir glandé un peu ça et là, de petits boulots en petits boulots…

Ce jour là j’étais bien morose ; les calmants que j’avalais parfois en démesure n’assurant pas leur effet ; mais heureusement il y avait Garlan un ami de longue date, qui lui aussi était à la retraite mais de l’armée lui. Là aussi c’était pas terrible mais il s’était dégoté un petit job en plus de sa pension, chose que je ne pouvais faire, étant reconnu comme inapte total par la Cotorep. Enfin cessons là ces quelques généralités parce que de toute façon, pour ceux qui travaillent, nous ne sommes que des fainéant !

Cette terrasse était vraiment agréable et Garlan un ami extraordinaire. Nous avions décidé de nous y installer avant de nous rendre au rendez-vous que nous avait fixé un ancien camarade de faculté, croisé une semaine auparavant, tout à fait par hasard, sur un passage clouté. Nous avions eu le temps de boire un café et nous étions séparés, nous promettant de nous revoir au plus vite. Il enseignait aussi lui mais à la faculté de Lettres de Strasbourg comme maître assistant en philologie romane… Ce rendez-vous c’était aujourd’hui et j’avais convié Garlan à m’accompagner lui qui était tant intéressé par l’époque romane… Mon ex-camarade, Péruvier, m’ayant contacté, je lui avais demandé s’il n’était pas contre cette présence ce qu’il ne refusa pas…

-        A quelle heure ont doit y être ? Que me demande Gerlan.

-        Oh d’ici un bon quart d’heure ! Que je réponds. Nous avons un peu de temps…

Je recommandai un café et Gerlan une bière. Le matin un peu hard mais enfin c’était son habitude…

-Gerlan ! Que je dis ; tu n’as pas peur de t’ennuyer ? Péruvier et moi qui allons parler sans doute du bon vieux temps et enseignement ?

 

-        Non absolument pas ! Qu’il répondit en essuyant la mousse de sa bière qui s’était déposée sur son imposante moustache. Tu sais moi et l’enseignement, même si je trouve que c’est un métier de fainéant, je suis tout de même fasciné par l’intellect du genre humain et l’absurdité de tout savoir de toute chose…

-        Voilà qu Gerlan me ressassait son éternel couplet sur l’enseignement et l’absurdité depuis que je lui avais fait découvrir Camus ! Enfin ! j ‘étais habitué et n’étais pas du tout vexatile…

-        Bon mon gars ! Me dit gerlan en finissant son verre, faut-y aller ! C’est l’heure !

Je consultai ma montre et il avait raison le bougre, fallait y aller. Le rendez-vous était fixé dans un autre troquet à cinq minutes de là… Nous ne fûmes pas long pour y arriver mais Pérurier n’était pas là. Alors que nous allions nous installer pour patienter, un des serveurs, nous accoste et me demande :

-        Monsieur Gautier ?

-        Oui que je réponds avec assurance

-         

-        - Tenez c’est un certain Monsieur Péruvier qui m’a dit que quand je verrai deux clients d’on l’un porte un chapeau arriver, vous lui donnerez, à l’homme au chapeau, ce mot.

-        Il me tendit la missive et quand il se fut éloigné, je déchirai l’enveloppe et lu la missive :

-        «  Mon cher G…, Une chose terrible m’est arrivée… C’est fâcheux… Rejoignons-nous avec ton ami au stade municipal… Je te raconterai

 
II.
 

Gautier est parfois bizarre que je pense- en le regardant marcher à mes côtés. Moi ancien militaire ! Si j’avais su que je me lierais d’amitié avec un ancien prof, même ancien ! Je me serais marré à m’en étouffer. Enfin ! Il était sympa ce Gautier ; c’est lui qui m’avait fait trouver mon petit job de veilleur de nuit. Je ne me rappelle même plus comment je l’avais rencontré. A une soirée chez un ami commun je crois. Enfin nous arrivons au stadium où nous voyons comme d’entendu ce fameux Péruvier faisant les cents pas le long du trottoir parallèle au stadium. Dès qu’il nous vit il s’avança vers nous, en sueur et quelque peu nerveux et affolé. Gautier vient même n’a même pas le temps de me présenter que son ami commence.

-        Gautier ! Bonjour qu’il me dit vaguement en me regardant furtivement ; il faut que tu m’aides, je suis dans une situation délicate.

-        Calme toi d’abord dit Gautier et je te présente mon ami Gerlach ancien…

-        Ecoute Gautier ! Interrompit précipitamment Péruvier, pas le temps ça presse…

-        Ok ! Vas-y que répond Gautier, qu’est-ce qui se passe ?

-        Et bien je suis recherché par la police pour attouchements sur une de mes élèves…

Gautier resta un moment sans voix… Il me regarda et j’osai :

-        Mais, je dis, qu’est-ce qu’il s’est passée ?

-        Justement rien ! Et c’est là le problème ! Une jeune élève de vingt ans, amoureuse de moi qui par dépit m’enfonce …

-        Ne nous affolons pas ! que je dis en regardant Gautier toujours muet…

-        C’est incroyable balbutia Gautier, incroyable tout simplement. Sale boulot ! Sale vacherie…

C’était bien une des première fois que j’entendais Gautier jurer si virulemment ! Sale histoire que je pensais quant à moi : les curés, les profs, toutes ces personnes chargées de la jeunesse.

-        Gautier je dis, faut aller voir les flics, ça ne sert à rien de rester ici à se faire rechercher et aggraver notre cas je dis à Péruvier.

-        Mais je n’ai rien fait ; bredouilla presque en larmes Péruvier…

-        Je vous crois ; enfin nous vous croyons que je répondis…

Au bout de quelques instants, non sans mal, je parviens à convaincre les deux hommes de nous rendre au premier poste. Aussitôt nous nous mimes en route et atteindre le poste de la rue Sendhers…

 
III .
 

Sans chercher à comprendre, les flics m’ont coffré malgré mes explications, celles de mon ami Gautier et celles de son camarade Gerlan…

Je me retrouve maintenant en cellule, prêt pour l’interrogatoire… Ils m’ont dit que c’était juste une garde à vue…Ca ne passe pas très vite et j’ai tout le loisir de penser à la jeune Irène…

Pendant de longues semaines elles n’a pas arrêté ; tout d’abord regards furtifs et enjôleurs, puis des petits mots anonymes dans mon casier et après, et je ne sais pas comment elle avait pu se les procurer, mon adresse email, mon domicile jusqu’à mes fixe et mobile. J’ai eu beau au départ la repousser puis la véhémente, rien affaire… Et puis un jour plus rien plus d’Irène. Je me sentais quelque peu soulagé… Pas de hâtive réjouissance car me voilà une semaine après alpaguée par deux policiers en civils, à la fin d’un cours pour m’embarquer. Quand je sus ce qui les amenait je me dépêchais de prétexter d’aller poser mes affaires, pour filer à l’anglaise...

Maintenant me voilà en cabane pour un délit que je n’ai pas commis… Le temps c’est amenui et enfila porte de la cellule s’ouvre :

-Venez monsieur Péruvier ! Vous êtes libre !

-Libre je demandais mais pourquoi donc ? Le policier en uniforme me regarda bizarrement et me sourit en disant :

On vous libère, vous êtes pas heureux ?

-        Si…Mais…Enfin ! Je veux dire pourquoi on m’enferme et après sans motif on me rend ma liberté !

-        Des motifs il y en a que réplique le policier… Nous avons retrouvé la jeune fille et de surcroît… Elle est connue dans nos services pour ce genre d’exploits… Cependant il nous fallait vérifier.

-        C’est une mythomane ? Que je demande ?

-        Oui en quelque sorte. Dans notre grande famille qu’est la police elle est surnommée : les glaces de l’enfer. »

-        « Les  glaces de l’enfer » ? Que je questionne hébété.

-        Oui elle a fait condamné une fois un type à 5 ans et il s’est pendu avant que son avocat n’ai pu prouver que cette gamine était cinglée.

-        Mais pourquoi on ne l’a pas enfermé. Je demande.

-        Tout simplement une amende ! Mais aujourd’hui je crois qu’elle va terminer en psychiatrie…

 
Epilogue
 

-… Alors c’est pour ça qu’on t’appelle ainsi ? Que je demandais à Irène qui était assise en face de moi au fumoir.

- Oui et aujourd’hui je peux sortir de l’hosto. Le psy. A dit au bout de quelques années -de H.O (Hospitalisation d’Office) que j’étais apte à reprendre une vie sociale. Le préfet a signé aussi.

Et je la questionnais moi qui venait d’arrivé à l’hosto :

-        Tu vas faire quoi en sortant ?

-        Reprendre des études dit elle avec conviction…

par cafre publié dans : cafre
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