L’estran
Que ne suis-je parfum
Pour être volatile
Folie désespérée
Pour m’accouder au bord
De mon âme évidée
J’inspire de mes mots
Les paroles limpides
D’une seconde naissance
Choisie entre les maux
Epuisés du galop
Vers l’infini tonnerre
La facétieuse scène
Ne sera plus jouée
A rompre de l’ennui
J’ai coupé les amarres
Trompé l’ai-je voulu
Sciemment inconscient
Dans son sein la nature
Porte des odeurs frêles
De feuilles mortes tombantes
D’une saison passée
De la joie à l’enfer
Le silence du miroir
Les contours lumineux
S’avancent fatigués
La pièce résonne encore
De bruits de pas anciens
Qui s’éloignent dans la nuit
A perdre mon envie
Par des tourbillons blancs
Siccative dérision
Ne plus aimer quelqu’un
D’un amour profond
Lui assurer l’avenir
Lui donner en confiance
La main vers l’horizon
Ce soir je suis tout seul
Cinéraire passée
Sursauts brefs indolent
Défilant vivement
A mon esprit lassé
Le cautère à mon cœur
Ab irato repousse
Tous moralisateurs
En iridiées saupoudrent
De rudes résolutions
Qui peinent à s’extraire
Que fais-tu du devoir
Pour vivre importe peu
Les battements de l’âme
L’arôme du respect
Les closes du contrat
Tout être lévogyre
Dextrogyre à la règle
Ne peut être qu’exempt
Des peines infligées
L’estran porte les traces
Encore fraîches des pas
Mais le battant poussé
Par la force du vent
Efface à tout jamais
Avec la marée
Les illusions perdues
Eloignées inconnues.