Agitation
Qu’ont-ils touts ces gens
A s’agiter ainsi
Dans le sens opposé du mien
Que cherchent-ils furieux
Dans leur précipitation
Là où ne se trouve que le néant
J’ai perçu l’infatigable
Qui m’astreint à l’éveil
Qui m’oblige à l’attente
Sans relâche à combattre
Il me faudra tôt ou tard
Avouer mon impuissance
A t’approcher sans périr
Mes madrigaux absurdes
Ne te feront qu’inspirer
Mes souffles épars
A te fuir je vis
Pour détruire ta conjonction
De lucre millénaire
Qu’ont-ils à s’agiter
Alors qu’elle les emportera
Sans qu’il n’ait su
Détacher leurs yeux
D’insondables bullaires
Qui font miroiter
Ce qu’on nomme bonheur
Y croire plus tard
A présent la nature m’inspire
Comme un amant explétif
De phatiques propos
Je n’évite pas l’usage
Mais le fuis par humeur
Nulle accalmie n’existe
Ni filin salvateur
Ni baudrier tangible
Pas un philosophe
Pas même Schopenhauer
N’émargeront la douleur
De la scabreuse orthodoxie
Périr pas plus qu’un autre
L’espace d’un temps
D’une fraction infime
Qui n’aboutit à rien
Si ce n’est vers Sartre
Où le néant de l’Etre
N’est que furieuse conscience
De la propre saison
Pourquoi s’agitent-ils
A découvrir des joies
Qui essaiment le parler
D’une naissance mortelle
Conduisant à l’oubli
Du stercoral dogme.
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