
Les instances bardamusiennnes me parvenaient jusqu’à l’hypothalamus en provoquant des relents d’effarement. Comment pouvais-je créer ce personnage pantalonesque et grave qui devait hanter mes écris. J’optais alors pour cette circonstance Baudelairienne et ce qui s’appellerait Cafre conduit tant à la mort qu’à la résurrection, voire à l’éternité gravée sous le nom de regrets.
Combien d’âges me faudrait-il pour écrire tout ce que j’ai au tréfonds de mon être à dire : « j’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. » (Baudelaire). Mais cette adhésion au différents épigones possibles ne devait pas m’empêcher, non plus, d’avancer vers cette nouvelle quête, celle de la réminiscence incommensurable de la maladie mentale qui un jour m’a insidieusement prise, tout en m’ayant, depuis de fort nombreuses années, commencée principiellement dans des époques antérieures. Loin de vouloir soliloquer, ce qui est de surcroît parfois nécessaire, je ne tends pas vers le solipsisme existentiel. Je l’ai déjà dit et redit, je ne suis pas qu’Un ; d’infini constitution car chez mon Moi il n’y a pas d’introversion mais juste de l’existentiel cosmopolite et averti.
Rien dans aucune religion ne m’a paru répondre à mes interrogations ; et bien loin de les méconnaître si je les conçois, je n’y adhère pas. Aucun Dieu ou dieu ne pourra me convaincre d’une éternelle rémission. Le néant gouverne ma vie c’est une notion et non un dogme… Je tends non pas vers l’Absolu mais vers l’Irrésolu. Cafre dans ces cas là n’est que la dénomination potentielle qu’il me faut m’imposer comme pluri existentielle.
Ne cherchez pas dans Cafre la simple « synonimation » de taedium vitae ou spleen mais l’impossibilité et « l’insolvable » existence immanente et conflictuelle de deux pôles, comme dans la maladie, l’un maniaque à savoir déictique et l’autre dépressif à savoir inextinguible douleur de l’enfoncement vital. Cafre n’est pas un héros ; mais un pluri héros dysfonctionnel capable d’endosser sans hésiter tous les vécus potentiels de l’adversité. Il ne saurait y avoir de stabilité dans Cafre, pas plus que dans cet autre personnage, multipluridimentionnel qu’est Vierleux, et qui a déjà fait l’objet d’une nouvelle : Nadège… Cafre est autant Cafre qu’un quidam qui voudra bien de lui, face à l’absurdité et la déstabilisante société. Ce n’est pas refuser le réel que d’être Cafre, c’est au contraire le vivre comme acmé à sa douleur. Je ne cherche pas, comme Cafre, comme celui que j’ai choisi comme porteur de mes inconcidérations plurielles et actantielles ; tout être ne rentre pas dans une classification, même critique, au sens littéraire du terme, s’il ne peut se coller d’étiquette l’y adjoignant. Cafre est Cafre mais vous de même ; il ne vit pas des aventures mais les subit.
Aucun commentaire pour cet article
| Août 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | ||||||||
| 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | ||||
| 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | ||||
| 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | ||||
| 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | ||||
|
||||||||||