Oracles

La tristesse est sauvage
Qu’on ne peut capturer
S’imiscant en cépages
Dans les vignes condamnées
Les fenaisons soupirent
En évitant l’orage
Et mon cœur sibérien
N’a plus raison d’aimer
Au nom d’aréopage
A l’exil condamné
Un poète présage
A l’Agora s’enflamme
Les lourds battants ouverts
Calamités font rage
Les passants se dispersent
Le poète est cloué
Des sibylles antiques
S’exaltent les oracles
Du fou de vers perlés
L’abandon s’accomplit
A la douleur des âges
S’étrillent les apanages
Il suffit de quitter
Et sans se retourner
Je n’irais pas Hadès
A ton trône pleurer
Pour retrouver une ombre
Qui pour moi s’est glissée
J’arpenterai le monde
Sans y poser un pied
Parcourant les pénombres
Pour mieux m’y protéger
J’éclipserai le soleil
De mon âme Phébé
Qui plus jamais mes yeux
Ne pourront éclairer
Je dois trouver le chant
Des oiseaux merveilleux
Alors que le corbeau
S’ébat sur ma carcasse
Je dois trouver mon sort
Enviable à celui de Tantale
Qui ne fauta pas plus
Que si j’étais sensé
Je préfère ma route
Tout de symboles bordés
Plutôt que d’avancer
Sur la droite tracée
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