Une Tristesse

La tristesse me console
De n’être qu’un homme
De l’incompréhension
J’en règle l’addition
Je suis né dans ce monde
J’ai failli le quitter
Par deux fois dans la nuit
Je me suis enfoncé
Le mal qui me ronge
Est celui de la vie
Que je voudrais connaître
Mais qui m’est différente
A tout prix dans ce monde
On veut me faire entrer
J’y accède un moment
Mais il m’enserre trop
Pourquoi n’accepte-t-on
Que je puisse m’éloigner
Du trottoir fourmillant
Où se presse la foule
Je voudrais tant aimer
Mais on ne me croit pas
Je voudrais tant aimer
Ce qu’on aime en moi
Tous me le refusent
Car je suis effrayant
Je ne suis pas d’inconstance
Tout juste un peu perdu
Je tends mes mains ouvertes
Et on me dit regarde
Mais je ne vois qu’une masse
Dans laquelle je ne suis pas
Némésis jalouse
N’a cesse de brimer
L’écriture sacrée
Qui est ma liberté
Je subis ces affronts
Ces moqueries et ces fouilles
Pour vivre parmi nous
Je voudrais partager
Des moments de tendresse
D’affection et d’amour
Mais on me les refuse
Parce que j’ai décrié
De la ligne morale
D’un monde organisé
Pour moi le vent ne souffle
Que dans le sens contraire
Et ce n’est pas vau vent
Qu’il gonfle mes voiles
Il me fait reculer
Aux abîmes du silence
Mes écrits terrifient
Car ils sont le reflet
D’inconsciences refoulées
Que je reflète en moi
Je suis une vérité
Et celle que l’on ignore
J’ai le regard vrai
De tout être étonné.
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