Patagonie
A m’y rendre je fuis
Toutes les gravitations
Les atonales Silves
Tournoient en feu follet
N’ayant que de lucarne
Ce petit point de lumière
Qui s’ouvre et se referme
Pareil au colibri
J’implore ton couteau
O été détrempé
Condamné à la route
Etre de cécité
Cataleptique malaise
M’apprend le soufre cruel
J’ai le cœur planté
De mille pieux acides
Vivant comme une plainte
Ma plume s’est glacée
Je traîne ma poésie
Comme on traînerait un âne
Alors que la fureur
Se déchaîne à mon âme
J’instille du savoir
A peine incontrôlable
Ab irato j’exulte
Trop tard falot
Crois-tu que la poussière
Qui se glisse à tes yeux
Ne fait que picoter
Elle démange et dérange
Finit par s’incruster
Et te voilà étrange
Contraint à accepter
La révolte s’éparpille
Orphéon ridicule
L’ornement béat
Tu bruis tes pieds pour rien
Pas même la chaise ne bouge
Assise sur le carrelage
Patagonie compagne
Crève cœur du héron
Sur des échasses perchés
Fini par se briser
Au ras du sol anché
Il se relève en vol
S’élevant à nouveau
Recommençant sa ronde.
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