Scoliastes

Il est facile
De dire tout de droit
Votre poème est maladroit
Et ces plaisants scoliastes
Ne se gênent pas
Je leur réponds sans effroi
Si j’use de mythologie
C’est pour dissimuler l’hermétisme
De mes profonds secrets
Je me refuse en plein
De chanter les belles fleurs
Alors qu’autour de moi
Des gens crèvent de faim…
L’élégance de la nuit
Enveloppe son tissu
Ma maladresse enfantine
Je suis un purotin d’âmes
Attablé au repas
Des dernières envergures
Quelques diables se démènent
Et me reproche encore
D’écrire et de faire lire
Ce que j’ai mal à écrire
Mes détracteurs plaisants critiques
On les yeux bouffis de haine
Quand aux agacements nouveaux
Tout ce qui les intéresse
Ce sont des vers classiques et beaux
Pas de souffrance surtout
Ça ferait mauvais genre
Car la vie selon eux
N’est pas une galère
Dont le ciel opaque de nuage
Ne laisse que de misère
La beauté arc-en ciel
D’un indigo rêveur
Qui s’enracine dans mon cœur
Qui n’est qu’amertume
Certes écrire des roses
Les cueillir c’est plus simple
Les miennes elles sont noires
Comme celle de mon âme
Comme celle des jeunes âmes
Que leur donnez-vous critiques
A lire de la béatitude
Qu’en est-il à faire de cette pilule
La gaîté n’est pas de mise
La gaîté laisse à mourir
Quant elle est avachie
Derrière des tas de pognons
Que d’une pantenne serrée
Je ne vais plus leur faire plaisir
Ni m’appesantir encore
J’écris pour tous mais pour ceux
Que la souffrance de la vie
Rend plus que cruel
Et ceux qui n’aiment pas
N’ont cas dans leur yole
Pourfendre des écritures
Comme la mienne
Qui voudraient ressentir
Même très hermétique
Révolter l’oriflamme sec
D’une écriture mièvre
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